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Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims
1er février 2006

Ligne Azur : Ex Aequo anime depuis peu une émission de radio gay et lesbienne sur Radio Primitive. Comment ce projet a-t-il abouti ?

Olivier Nostry (O.N.) : Nous réfléchissions à ce projet depuis plusieurs années, notamment parce que Rémy, l’animateur de l’émission, a fait beaucoup de radio associative. Il avait à la fois des compétences au micro et des compétences techniques. Depuis 2002, nous cherchions une radio pour nous accueillir mais nous nous heurtions à chaque fois à des difficultés pour trouver un créneau horaire satisfaisant. Comme nous souhaitions toucher un auditoire le plus large possible, nous n’étions pas prêts à accepter n’importe quoi. Il fallait aussi qu’une émission s’arrête pour que nous puissions la remplacer sur son créneau. Toutes ces raisons expliquent pourquoi les choses ont mis un peu de temps pour se mettre en place. Depuis la rentrée de septembre 2005, Ex Echos est diffusée sur Radio Primitive à Reims, une radio que nous connaissions depuis longtemps car son équipe reprenait toujours les communiqués de presse de l’association.

Ligne Azur : A quel moment de la semaine cette émission est-elle diffusée ?

O.N. : Ex Echos est diffusée en direct tous les dimanches à 19 h sur Radio Primitive (92.4 FM) à Reims et en différé tous les mardis à 22 h et les samedis à 17 h sur Radio Mau Nau (94.2 FM) à Châlons-en-Champagne. Nous émettons jusqu’à vingt kilomètres autour de Reims, donc ceux qui habitent la campagne et qui n’ont pas forcément la possibilité de venir au local d’Ex Aequo se tiennent au courant par les ondes de ce qui se passe.

Ligne Azur : De quoi parle l’émission ?

O.N. : Le vécu des gays et des lesbiennes est abordé à travers différentes rubriques. Des chronique « infos » racontent ce qui se passe à Reims et dans sa région ainsi qu’en France et dans le monde pour tout ce qui touche aux questions LGBT. Nous avons aussi des chroniques sur la musique, la santé avec le VIH ou les IST, et bien sûr la sexualité au sens large : éducation à la sexualité, qu’est-ce qu’être gay ou lesbienne, le coming out... Les filles font une chronique spéciale pour évoquer la place des lesbiennes et la spécificité des filles. Le contenu évolue sans cesse selon les personnes qui participent à l’émission. Rémy coordonne toutes ces interventions un peu à la Laurent Ruquier.

Ligne Azur : Qui sont les chroniqueurs ?

O.N. : Ce sont tous des bénévoles d’Ex Aequo, certains étant étudiants, d’autres ayant une activité professionnelle.

Ligne Azur : Y a t’il des invités ?

O.N. : C’est un peu compliqué car nous ne maîtrisons pas encore toutes les contraintes techniques pour pouvoir recevoir des invités dans de bonnes conditions. Nous avons déjà accueilli quelques personnes sans que cela devienne la règle. Nous préférons prendre le temps pour être au point.

Ligne Azur : Comment qualifieriez-vous Ex Echos ? Emission conviviale, militante, revendicative ?

O.N. : Elle est militante car c’est une façon pour nous d’être visible, de faire passer un message en faisant entendre notre voix sur les ondes. Elle est aussi conviviale parce que nous nous marrons bien en faisant l’émission. Je pense « qu’on peut être sérieux sans se prendre au sérieux », et que les auditeurs le ressentent.

Ligne Azur : Connaissez-vous votre public ? Y a t’il des retours des auditeurs ?

O.N. : Pour l’instant, les auditeurs ne peuvent pas téléphoner en direct pendant l’émission. Nous avons seulement des retours par Internet puisque nous disposons d’une adresse électronique : radio@exaequo.fr.st. Chaque semaine, une rubrique permet de rendre compte des messages des auditeurs qui, la plupart du temps, sont des messages d’encouragement. Certains trouvent aussi que la voix d’un tel ou d’une telle est très agréable. C’est assez rigolo !

Ligne Azur : Y a t-il parfois des messages un peu plus « lourds », comme des jeunes homosexuel(le)s désemparé(e)s par la découverte de leur homosexualité ?

O.N. : Nous n’avons rien eu de ce genre dans le cadre de l’émission de radio. Je me souviens seulement du message d’un jeune homme souhaitant connaître les lieux dans la Marne où les garçons et les filles peuvent se retrouver. Les appels « lourds », nous les avons surtout sur la ligne d’écoute téléphonique qu’Ex Aequo a mise en place*.

Ligne Azur : Avez-vous rencontré des difficultés avec les autorités politiques ou des associations familiales locales lorsque vous avez mis en place votre émission ?

O.N. : Avec la mairie de Reims, oui, puisque Ex Aequo a porté plainte à propos de la cérémonie du souvenir en mémoire des Déportés, d’où les associations homosexuelles étaient exclues. Comme nous avons gagné le procès, forcément, l’entente n’était pas cordiale au début. Maintenant les relations se sont améliorées aussi bien avec la Mairie qu’avec la Préfecture ou le commissariat.

Ligne Azur : Là, vous parlez surtout de l’association Ex Aequo ?

O.N. : Oui, mais l’émission de radio fait partie intégrante de la vie d’ex Aequo. C’est une des multiples activités de l’association.

Ligne Azur : Avez-vous des contacts avec d’autres radios diffusant des programmes gays ?

O.N. : Nous avions des relations avec l’émission Gay Graffiti à Troyes. Hélas ! Elle n’existe plus depuis l’année dernière. Nous suivons seulement l’actualité pour rendre compte par exemple des difficultés rencontrées par l’émission Homofesty pour être diffusée par une radio de la banlieue parisienne. Mais nous n’avons pas de contacts directs avec les responsables.

Ligne Azur : Comment va évoluer l’émission ?

O.N. : Petit à petit, elle va s’étoffer grâce à des micro-trottoirs et des invités. Nous voulons aussi sortir du studio et aller à la rencontre des gens. Je pense que ce sont des objectifs réalistes pour 2006.

Ligne Azur : Que diriez-vous à ceux et à celles qui souhaiteraient monter une émission gay et lesbienne dans leur région ?

O.N. : J’encourage les jeunes homosexuel(le)s - et aussi les moins jeunes, à se faire entendre, car je crois que c’est important de pouvoir témoigner, de pouvoir faire entendre sa voix. Il me semble qu’il est assez facile de mettre en place une émission de radio. Bien sûr, Ex Aequo a été beaucoup aidé par Rémy, qui connaissait bien le monde de la radio, et par Radio Primitive, qui nous a vraiment filé un bon coup de main pour construire le projet et pour nous former techniquement. Mais il ne faut pas hésiter à se lancer !

Ligne Azur : Les personnes intéressées peuvent-elles prendre contact avec vous ?

O.N. : Ah oui ! Il n’y a pas de souci. Nous sommes tout à fait ouverts pour aider les gens. Dans le passé, nous avons aidé à créer d’autres associations ; alors participer à la création d’émissions gays et lesbiennes, ce sera avec grand plaisir !

Ligne Azur : Quels sont les grands projets d’Ex Aequo pour 2006 ?

O.N. : Déjà, nous avons fêté les dix ans de l’association le 21 janvier. Ensuite, nous travaillerons sur le Sidaction (31 mars, 1 et 2 avril 2006) avec un très gros projet sur la ville de Reims qui réunira les associations de lutte contre le sida, les associations gays et lesbiennes et d’autres institutions comme la ville et la DRASS (Direction régionale des affaires sanitaires et sociales). Puis ce sera la Journée mondiale contre l’homophobie le 17 mai. Enfin, nous allons tout faire pour obtenir l’agrément du rectorat afin de multiplier les interventions sur l’homophobie dans les classes et les instituts de formation. Pour l’instant, le rectorat refuse cet agrément. Trois demandes se sont soldées par trois refus ! Mais je garde espoir pour cette année. En février, nous interviendrons pour la première fois à l’Ecole nationale de police de Reims pour former les futurs gardiens de la paix à la question : qu’est-ce que l’homophobie ? Il s’agit de l’aboutissement d’un projet de plusieurs années. J’espère que nous pourrons bientôt mener ces actions dans les écoles.

Site d’Ex Aequo : http://www.exaequoreims.com


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur

* Pour toute personne désirant trouver une écoute sur les questions liées à l’homosexualité ou s’informer sur l’association Ex Aequo : 03 26 04 88 69, le lundi et le vendredi de 19 h à 23 h.
Autres portraits



Louis-Georges Tin
Jean-Marie Périer
auteur de "Casse-toi !"
Anne-Marie Guimbretière,
rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine


Philippe Castel,
porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)*

René-Paul Leraton,
fondateur de Ligne Azur
Louis-Georges Tin,
fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
Jean-Paul Cluzel
, P.-D.G. de Radio France
Solange,
présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans.
Nicolas Noguier,
président du Refuge
Didier Roth-Bettoni,
programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marylène Courivaud,
directrice de la communication à la Halde
David Auerbach Chiffrin,
président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs
Revendiquer pour mieux vivre
La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels
Véronique Soulié,
présidente de l’association Estim’
Bernard Scholl,
membre de la commission LGBT d’Amnesty International
Lucie Landuré-Zouane,
en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle.
Béatrice Guéret,
auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)*
Lionel Labosse
,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu
Pierre Verdrager
sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"*
Hugues Barthe
auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"*
Fernanda Como
Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
Bruno Jaeger,
coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Stéphane Morel,
27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7
Olivier Borel,
29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon
Thomas-Xavier Durnerin,
21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines
Thomas Guiraud
29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux
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coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marie-Pierre Iturrioz
coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT
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de l’association Ni Putes Ni Soumises
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Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
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Secrétaire de la commission politique du Mag*
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Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
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Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens
Michel Dorais
Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes*
Louis-Georges TIN
Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
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Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
Natacha TAURISSON
Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB)
Olivier NOSTRI
Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
Cécile Robin
professeur de SVT
René-Paul Leraton
Coordinateur de Ligne Azur