| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France | ||
| 3 avril 2006 | ||
Jean-Paul Cluzel (JPC) : Jusqu’à 14 ans, j’ai vécu au Kremlin-Bicêtre où mes parents étaient quincailliers. C’était un milieu très simple dans lequel on ne parlait pas d’homosexualité. Au lycée, j’entendais des blagues sur les pédés sans vraiment savoir ce que cela signifiait. A Sciences Pô, ce sujet n’était pas non plus abordé. Je ne me souviens pas d’un camarade dont on m’aurait dit qu’il était homosexuel. J’ai commencé à réfléchir à cette question après mai 1968 quand il est devenu plus facile dans la société française de parler de toutes les sexualités et donc de l’homosexualité. Ligne Azur : A qui avez-vous dit en premier : « Je suis homosexuel. » ? JPC : Je n’ai rien dit tant que je n’étais pas sûr d’accepter mon homosexualité ni avant d’avoir eu des relations sexuelles avec un homme. A ce moment-là, j’avais 26 ans. J’en ai d’abord parlé à d’autres homosexuels, des personnes rencontrées par hasard, puis à des amis hétéros proches. Je m’en faisais toute une histoire mais contrairement à mon inquiétude, mes amis ont considéré cette information comme une affaire mineure. Ma famille a beaucoup moins bien réagi. Ma mère l’a appris par hasard et a fait une dépression nerveuse. C’est cette difficulté avec ma famille qui m’a conduit, quand j’ai eu une certaine visibilité sociale, à en parler ouvertement dans les médias. Je me suis dit que si ma mère avait su que le président de Radio France de l’époque, de France Télévisions ou d’une autre grande société était homosexuel, elle n’aurait pas eu la même attitude à mon égard. Ligne Azur : Vous n’avez jamais pu en parler avec vos parents ? JPC : Avec mes parents, nous parlions de ma vie professionnelle, de politique, de tout sauf de ma vie privée. Certes, je ne voulais pas leur parler des détails de ma vie sexuelle. Les hétérosexuels non plus ne parlent pas de leur vie sexuelle avec leurs parents. En revanche ils parlent de leur vie affective, de leur rencontre avec un petit ami ou une petite amie. J’ai trouvé complètement anormal de ne pas pouvoir aborder cette partie de ma vie avec mes parents, être dans le non dit permanent. Ligne Azur : Votre homosexualité a-t-il été un handicap pour votre carrière ? JPC : Après mes études, j’ai intégré la Haute Fonction publique. Au ministère des Finances et en particulier à l’inspection générale des finances, tous mes camarades savaient que j’étais gay. Nous étions dans les années 1970 et cela n’a jamais posé de problème car ce sont des milieux ouvert et libéraux. Sous le septennat de Valéry Giscard d’Estaing, le ministre des Affaires étrangères Jean-François Poncet m’a proposé d’intégrer son cabinet. Quand je lui ai dit que j’étais homosexuel, il m’a répondu : « Je m’en fiche dés lors que vous ne me créez pas de scandale. ». Ma vie privée a toujours été libre et ouverte. Ligne Azur : Pourquoi, après votre nomination à la présidence de Radio France, avez-vous déclaré vouloir « contribuer à ce que les relations entre enfants gays et parents soient normales » ? JPC : Aujourd’hui, je crois beaucoup en ce que les Anglo-Saxons appellent des Roles Models, des personnes de référence. Quand on est Français d’origine maghrébine, il est important qu’il y ait des artistes, des sportifs ou des chefs d’entreprise maghrébins. Si on est africain, c’est la même chose. Tous ces modèles aident les gens à être présents dans la société et à se réaliser. Le fait qu’il y ait des gays qui, en dehors des milieux de la culture ou de la mode affirment qu’ils sont informaticiens gays, banquiers gays ou chefs d’entreprise gays, c’est très positif. Quand on a entre 15 et 25 ans, ces Roles Models peuvent aider à améliorer l’image de soi. Je regrette qu’en France ce mouvement soit si peu développé. Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |