| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| 3 mai 2006 |
Ligne Azur : Flag ! a obtenu la mise en place d’un module de sensibilisation à l’homophobie dans les écoles de formation de la Police et de la Gendarmerie. Pouvez-vous raconter l’origine du projet ? Alain Parmentier (AP) : L’origine de ce module remonte à la création de Flag ! en 2001. A l’époque, SOS Homophobie avait sollicité le ministre de l’Intérieur Daniel Vaillant pour mettre en place un cours de sensibilisation sur l’homosexualité dans les écoles de Police. Sur proposition du ministère, SOS Homophobie avait donné son accord de principe pour que Flag ! reprenne le projet, et l’adapte à des futurs policiers et gendarmes en prenant des exemples internes à la profession. Ligne Azur : Le changement de majorité en 2002, et l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Intérieur, a-t-il entravé la réussite de ce projet ? AP : Quand notre projet a été prêt, nous l’avons proposé à Nicolas Sarkosy et à la direction de la formation de la Police à Lognes. Tous les deux ont donné un avis favorable en l’espace de deux mois. Le module correspondait vraiment à leurs attentes et s’inscrivait dans une période où la refonte des programmes de formation des gardiens de la paix était en cours. Le module a finalement été mis en place avec la promotion de février 2006. Ligne Azur : Le module est-il animé par les bénévoles de Flag ! ? AP : Non, tout simplement pour des raisons logistiques. La France compte 28 écoles de gardiens de la paix, et plusieurs promotions arrivent en cours d’année. La rotation est très importante. Ce sont les formateurs habituels qui font ce travail de sensibilisation aux discriminations vis-à-vis des minorités, et notamment des personnes homosexuelles. Le rappel de la législation en vigueur, le rôle de la HALDE, etc. font partie des cours obligatoires. Les élèves ont tout intérêt à être attentifs, à bien être sensibilisés car ils peuvent être amenés à être interrogés dessus à tout moment en cours d’année.
AP : Chaque formateur a sa sensibilité propre, est plus ou moins ouvert à la question de l’homosexualité. Cependant les personnes qui n’ont pas trop envie d’approfondir le sujet sont tout de même obligés de donner une mémo-fiche récapitulative à l’issue de leur cours. Sur cette fiche obligatoire figure la thématique de l’homosexualité. Quoi qu’il arrive, chaque élève aura le même cours avec les points essentiels, les rappels à la loi. C’est un point très important auquel nous tenions beaucoup. Ligne Azur : Comptez-vous vous rendre dans telle ou telle école pour voir comment se passe la formation ? AP : Chaque école étant indépendante, chaque directeur peut nous solliciter pour dresser un bilan ou un faire un petit débriefing avec les formateurs ou avec les élèves. Nous aurons sans doute l’occasion de nous rendre à Reims l’année prochaine. En dehors de ces rencontres informelles, il n’est pas prévu de faire de retour sur l’ensemble des écoles puisqu’il s’agit de quelque chose d’acté. Il ne s’agit pas d’une action transitoire ou provisoire, elle est définitive. Ligne Azur : Comment évolue le sentiment de la Police sur l’homosexualité ? AP : En France, la Police est républicaine. Son rôle est de faire appliquer la loi. Etre homosexuel n’étant pas illégal, si les policiers s’écartent de la règle, ils sont en faute. Les débordements n’ont donc pas lieu d’être. Par ailleurs beaucoup de politiques disent qu’ils veulent une police à l’image de la société, à l’image des citoyens. Eh bien ! Voilà. La Police est à l’image des citoyens puisqu’elle est composée d’homosexuels. Ligne Azur : A sa création, comment Flag ! a-t-il été perçu ? AP : Se rendre compte qu’il y avait des policiers homosexuels a quand même été au départ une énorme surprise pour beaucoup de monde. Au début on se demandait si ce n’était pas une sorte de lobby, il y a eu beaucoup d’a priori. Rencontrer les directeurs de la Police nous a permis de mettre les points sur les i en leur démontrant que nous voulions seulement être traités à l’égal de tout le monde. Le fait d’être homosexuel relève de la vie privée et ne doit interférer en aucun cas sur une évolution de carrière ou sur des tâches ingrates. Toutes ces choses ont été vécues pendant des années par certains policiers homosexuels. C’est vraiment pour cela que Flag ! a été créé. Après c’est une question de personnalité. Certains sont un peu bêtes, restent sur leurs opinions, ne veulent rien entendre. Heureusement d’autres sont plus ouverts, plus constructifs et favorisent certaines avancées. La preuve, c’est ce module de sensibilisation à l’homosexualité qui répondait à une attente vraiment importante. Ligne Azur : Flag ! a-t-il d’autres projets ? AP : Dans le code de déontologie mis en place il y a environ quinze ans, un article stipule que le policier doit avoir le respect absolu de toute personne quelle que soit sa race, ses idées philosophiques, religieuses, etc. L’orientation sexuelle, elle, n’apparaît pas. Nous voulons rajouter noir sur blanc que le policier doit avoir le respect de toute personne quelle que soit son orientation sexuelle. Dans le même ordre d’idée, nous voulons aussi modifier le règlement intérieur de la Police nationale. Nous espérons bien y parvenir avant l’été. Enfin, nous demandons qu’une note de rappel sur le comportement du policier envers les homosexuels soit envoyée à tous les services de Police. Cela permettrait d’informer les personnes trop âgées pour avoir pu profiter du nouveau module de sensibilisation. Ainsi tout le monde sera informé. Site de Flag ! : http://www.flagasso.com/ |
| Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |