| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| 15 mai 2006 |
Louis-Georges Tin (LGT) : En France, dans l’ensemble, oui. Cependant l’homophobie se maintient à un niveau élevé. Bien trop élevé. Ainsi, toutes les enquêtes montrent que les jeunes non-hétéros sont entre 7 à 15 fois plus exposés au risque de tentative de suicide que les autres. C’est une triste réalité, qui s’explique par l’hétérosexisme ambiant : tous les parents s’attendent « naturellement » à ce que fiston et fifille aient un jour des partenaires de l’autre sexe. La question d’une alternative n’est jamais envisagée, et cette pression sociale constante, comme l’air ambiant, tout à fait invisible mais tout à fait omniprésent, devient de plus en plus étouffante. Certains jeunes ne savent plus comment s’en sortir. J’ai connu cela aussi, autrefois... On parle d’homophobie : on pense aux insultes, aux discriminations, aux agressions physiques. Mais c’est aussi cela l’homophobie. Ligne Azur : A quoi sert une Journée mondiale contre l’homophobie ? LGT : Si l’homophobie recule un peu dans quelques pays, notamment en Europe de l’Ouest, elle se maintient voire progresse dans la plupart des régions du monde. L’homosexualité est pénalisée dans à peu près 80 pays. Dans certains Etats, comme le Nigeria, ou le Cameroun, il est même question de renforcer la législation existant. Dans une dizaine de nations, la peine de mort est appliquée. Même quand l’homosexualité n’est pas un délit, les homosexuels sont parfois sauvagement pourchassés. Au Brésil, la police recense en moyenne 100 meurtres homophobes chaque année. Malheureusement, il y a fort à faire... Ligne Azur : Quelles sont les actions organisées en France ? LGT : Il y en avait une bonne centaine l’an dernier. Cette année, il y en aura au moins autant, je l’espère. Tout sera indiqué début mai sur la page « France » du site www.idahomophobia.org. Mais je peux déjà indiquer quelques exemples : le colloque sur l’homophobie à l’Assemblée nationale, la remise des prix du concours de nouvelles contre l’homophobie en partenariat avec Têtu, le grand débat au CGL à Paris sur la lesbophobie, le spectacle de Madame H, au bénéfice de la Pride de Moscou, la cérémonie inter-religieuse contre l’homophobie (qui se fera également au Guyana, au Nigeria, en Angleterre, etc.), la minute de silence qui sera observée dans de nombreux bars, en mémoire des victimes de l’homophobie, la cérémonie en mémoire de la déportation sous l’Arc de Triomphe, le colloque à Strasbourg, au Parlement européen, en présence du Président du Parlement, l’exposition artistique organisée par Triangul’ère, l’inauguration du label Isidore pour les livres de jeunesse à la librairie Blue Book à Paris, de nombreuses actions de rue, des soirées, des animations, des interventions en milieu scolaire, etc. Ligne Azur : Quels sont les acquis de l’édition 2005, quelles sont les revendications pour l’année 2006 ? LGT : Le 17 mai 2005, le Président du Parlement européen a officiellement reconnu la Journée mondiale, décision confirmée par un vote de l’assemblée le 18 janvier 2006. C’était une belle victoire, et cela dès la première année. Mais ce dont je suis le plus heureux, ce sont les « premières » organisées à cette occasion le 17 mai 2005, que nous avons suscitées et fortement encouragées : premières manifestations publiques LGBT en Bulgarie, en Côte d’Ivoire, à Hong Kong et à Taïpei ! Cette année, nous coorganisons aussi la première Pride en Russie ! Comme vous pouvez l’imaginer, ce n’est pas simple. Le thème de cette année, c’est « Pour une abrogation universelle des lois homophobes », ces lois qui condamnent les personnes LGBT, leurs associations, les empêchent de se marier, d’avoir des familles reconnues par l’Etat. Bref, contre l’homophobie, et pour la liberté ! |
| Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |