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Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie
16 août 2006

Ligne Azur : Vous avez participé en juillet 2006 au colloque des UEEH* sur les discriminations des LGBT dans le monde professionnel. Ces discriminations sont-elles importantes dans la fonction publique ?

Philippe Castel (PC) : Nous savons bien que les discriminations les plus répandues sont surtout de type ethnique ou social avec le problème des banlieues et la stigmatisation des jeunes issus de l’immigration. Cependant les discriminations des LGBT existent bien dans le monde du travail même si elles sont assez peu quantifiées. Elles se caractérisent lors d’un licenciement ou à l’embauche si le recruteur à une suspicion sur l’attitude efféminée du postulant. Il existe aussi tous les phénomènes de harcèlement avec la mise en place de dispositifs de type humiliant. Le salarié se trouve tout à coup défait d’un certain nombre de ses missions ou son ordinateur semble avoir été exploré.

Ligne Azur : Avez-vous reçu des témoignages de discriminations dans l’Education nationale ?

PC : Nous n’avons pas été saisis de beaucoup de cas car les syndicats n’apparaissent pas à première vue comme le premier interlocuteur pour les LGBT discriminés. Ils se tournent en priorité vers les associations, dont SOS Homophobie, qui disent que la discrimination dans le monde professionnel arrive en tête des appels qu’elles reçoivent. Les syndicats ne sont saisis que lorsqu’il y a quelque chose de grave. L’an dernier, un collègue d’un collège d’Aulnay nous a contacté pour un problème sérieux, et nous l’avons accompagné auprès de la direction des ressources humaines du rectorat de Créteil. Cette année, nous avons aidé quatre collègues seulement. Cela commence juste à se savoir que le SNES et la FSU se penchent sur ces questions.

Ligne Azur : Avez-vous vous-même été victime de discriminations ?

PC : Tous les membres du groupe contre les LGBTphobies que nous avons créé au SNES ont été discriminés à un moment ou à un autre. Mais nous n’en avons pas forcément fait état. Les problème ont été réglés dans l’établissement, avec les conseillers d’éducation, les collègues ou avec les chefs d’établissement. Ces faits n’ont pas été enregistrés et n’apparaissent pas dans les études. D’une façon plus générale, aucune évaluation n’a été faite sur les cas de saisine de la FSU sur ces questions.

Ligne Azur : Quand avez-vous créé ce groupe SNES contre les LGBTphobies ?

PC : Il a été créé en 2001 aux UEEH. L’année scolaire 2001-2002 a été consacrée à faire connaître à notre syndicat nos revendications. En mai 2002, une cinquantaine de personnes se sont réunies pendant deux jours pour poser les choses. Nous nous sommes rendu compte alors que nous avions presque plus envie de nous pencher sur ce qui se passe pour les élèves que pour nous-mêmes. Etre éducateur, c’est aussi avoir la responsabilité de faire changer les choses à l’école, la vision que l’école a de l’homosexualité. Nous avons travaillé sur les programmes, les manuels, la formation des personnels. Malgré tout, nous nous sommes aussi préoccupés des personnels comme les revendications par rapport au PaCS, le congé de paternité étendu à l’ensemble des formes de parentalité ou le dossier du fonctionnaire dans lequel ne doit pas être mentionnée l’orientation sexuelle du fonctionnaire. Depuis 2002, le syndicat, dans ses textes, incorpore totalement la question des LGBTphobies.

Ligne Azur : Si un personnel de l’Education nationale, par exemple du second degré, se trouve discriminé, que doit-il faire ?

PC : S’il existe dans son établissement scolaire une section d’établissement, il peut contacter le responsable pour lui faire part de ce qui se passe. Ce responsable évaluera la situation et verra si la question peut être réglée sur place. Par exemple, si un chef d’établissement discrimine un collègue, le responsable de la section accompagnera ce collègue auprès du chef d’établissement pour s’expliquer.

Ligne Azur : Et si la chose est beaucoup plus grave ?

PC : Si la chose s’aggrave, ou est plus grave dès l’origine, le responsable de la section d’établissement pourra se tourner vers le service juridique du SNES. Celui-ci évaluera la situation pour envisager éventuellement de porter plainte. Tout ceci se fait bien sûr en concertation avec la personne discriminée. Porter plainte peut parfois être un désavantage, et le remède être pire que le mal.

*Universités d’Eté Euroméditerranéennes des Homosexualités

Le site des UEEH

Le site de la FSU


Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur

Autres portraits



Louis-Georges Tin
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auteur de "Casse-toi !"
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Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
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Secrétaire de la commission politique du Mag*
Christophe Botti
Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
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Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
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Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
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Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
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professeur de SVT
René-Paul Leraton
Coordinateur de Ligne Azur