| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| 13 octobre 2006 |
Marie-Pierre Iturrioz (MPI) : La CGT est une organisation très décentralisée. La direction ne décide pas de tout ce qui doit se passer sur le terrain, c’est même plutôt l’inverse. Ainsi des espaces de travail se créent sur des sujets divers. Dans l’espace consacré à la lutte contre les discriminations, des collectifs locaux se sont mis en place tel celui sur femmes et mixité ou celui sur le racisme. Le Collectif de lutte contre l’homophobie existe depuis 7 ou 8 ans. Au début, il organisait presque uniquement la participation du syndicat à la Marche des Fiertés. Il avait toutefois le défaut d’être englobé dans une structure trop vaste, qui le dépassait un peu, les discriminations en général. Ligne Azur : C’est vous qui l’avez fait évoluer ? MPI : Je m’occupe du Collectif depuis environ un an et demi en coanimation avec Frédérique Bartlett. Nous avons décidé d’engager des actions plus revendicatives à la suite du congrès CGT de Lille en avril dernier. Au cours des débats, la question spécifique de la discrimination homophobe est revenue fréquemment. A tel point que dans le document fixant les grandes orientations de la CGT pour les trois ans à venir, des militants ont demandé que figure clairement la lutte contre les discriminations homophobes. S’il y avait auparavant une volonté évidente de la confédération de lutter contre cette forme de discrimination, elle a été très clairement affirmée à cette occasion. Ligne Azur : Quelles actions avez-vous déjà menées ? MPI : Nous avons commencé par une Journée d’études sur l’homoparentalité le 4 octobre 2006. Organisée en priorité pour nos militants, elle a rencontré un grand succès puisque toutes les personnes inscrites sont venues. Je ne vous cache pas que nous avions d’abord une préoccupation interne puisque vous imaginez bien qu’un tel sujet ne fait pas l’unanimité. Ligne Azur : C’est-à-dire ? MPI : Maryse Dumas, notre secrétaire confédérale, a été la première à parler officiellement de la nécessité de la CGT de participer à des événements comme la Marche des Fiertés. Ses propos ont suscité en interne des retours favorables et des réponses très désobligeantes. En 10 ans, les mentalités ont évolué, mais pas chez tout le monde. Une des ambitions du Collectif est de convaincre nos militants que la lutte contre les discriminations homophobes est un domaine dans lequel la CGT doit s’investir. Ca passe par des opérations de sensibilisation et d’information auprès des représentants CGT dans les entreprises (délégués syndicaux et représentants du personnel). Les salariés hésiteront moins à se tourner vers eux s’ils se retrouvent en face d’interlocuteurs sensibilisés et bien formés. Ligne Azur : Quels sont vos moyens ? MPI : Notre action ne s’inscrit que dans le cadre du travail. N’attendez pas de la CGT des prises de position sociétales comme sur la question du mariage homosexuel. Concrètement nous mettons une adresse mail à disposition : discrim-homo@cgt.fr, pour que les gens s’expriment, intègrent le réseau d’information que nous avons mis en place ou signalent des comportements homophobes dans une entreprise. Dans ce cas, nous ne traiterons pas le problème directement, nous ferons en sorte que la personne se tourne vers les représentants des salariés de son entreprise. Ligne Azur : Ces moyens ne sont-ils pas insuffisants ? MPI : J’étais en juillet aux Universités d’été euroméditerranéennes des homosexualités. Nous avons pris contact avec SOS homophobie. La démarche du collectif se construit peu à peu ! Nous sommes conscients qu’un salarié victime d’homophobie ne se tournera pas spontanément vers un délégué syndical ou un représentant du personnel mais contactera plutôt une association. Un salarié doit cependant savoir que les pouvoirs d’une association sont limités. Contrairement aux syndicats, elle ne peut pas le représenter en justice pour des questions de conflits liés à des problèmes d’homophobie. Une complémentarité existe entre associations et syndicats, chacun avec sa spécificité au niveau de ses actions et de ses pouvoirs. Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur Le Comité de lutte contre l’homophobie sur le site de la CGT Télécharger la brochure Vivre ensemble avec nos différences |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |