| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| 15 février 2007 |
Olivier Borel (OB) : Il est différent parce que l’époque a changé. L’homosexualité est beaucoup mieux acceptée dans la société et des références positives existent comme le maire de Paris Bertrand Delanoë. Lui et d’autres personnalités tout aussi médiatiques ont fait leur coming out et n’en ont pas souffert dans leur carrière. A la télévision, des téléfilms ont montré des personnages homos avec une vraie dimension. Oubliés les personnages alibis ou les caricatures telles que Zaza incarné par Michel Serrault dans La Cage aux folles ! Ligne Azur : Quelles sont les conséquences de cette évolution pour les jeunes ? OB : La prise de conscience de leur différence intervient beaucoup plus tôt. Je le constate à l’association. Des jeunes m’en parlent vers 14, 15, 16 ans alors qu’autrefois c’était plutôt vers 18, 20 ans. Comme on parle plus d’homosexualité dans les médias, les jeunes s’identifient beaucoup plus vite en tant qu’homos. En même temps le poids de l’homophobie reste très important, en particulier dans les cours d’écoles. Si les jeunes y pensent plus tôt, ils ont toujours autant de difficulté à le verbaliser. Autrefois les jeunes ne se posaient même pas la question parce que l’homosexualité n’existait pas sur le plan médiatique. Elle ne faisait pas partie de l’univers visible. Ligne Azur : Comment les jeunes prennent-ils contact avec vous : par le site Internet de Moove ou en venant directement au local de l’association ? OB : Ils font les deux. Ceux qui s’assument le moins préfèrent envoyer un courriel pour demander des renseignements sur l’association. En fait, ils sont allés sur le site et ont eu toute l’information possible ! Cette démarche montre une difficulté à franchir la porte d’une association. Pour eux, c’est intimidant. Je leur réponds que s’ils veulent d’abord me rencontrer autour d’un verre, c’est possible. Ensuite, s’ils se sentent prêts, nous allons ensemble au local. D’autres jeunes franchissent la porte de Moove assez naturellement. Ligne Azur : Pourquoi Moove n’a-t-il pas créé de forum ? OB : Modérer un forum demande beaucoup de temps. Voilà pourquoi nous ne l’avons pas fait. Par ailleurs des forums -notamment des forums régionaux - existent déjà et sont de très bon niveau. Cependant les internautes de Moove ont la possibilité de commenter nos articles. Les commentaires sont modérés avant d’être publiés sur le site, ce qui permet d’écarter les spams et les propos franchement hostiles tels les appels aux meurtres d’homosexuels. D’autres propos, beaucoup moins virulents, sont publiés afin de montrer la persistence de l’homophobie. Ligne Azur : Internet a-t-il changé la façon de faire des rencontres ? Les jeunes gays vont-ils moins dans les lieux habituels comme les bars ou les boites ? OB : Je ne sais pas si les jeunes gays draguent moins dans les boites. Les sites de rencontres, petites annonces et chats permettent de faire des rencontres assez facilement avec l’avantage du virtuel sur le réel : le sentiment d’une protection vis-à-vis de son interlocuteur. L’anonymat constitue aussi un autre avantage jusqu’à la future - éventuelle ! - rencontre en vrai. Pour des jeunes un peu timides ou introvertis, il est plus facile de commencer par le Net pour aller ensuite vers des rencontres réelles. Je l’ai vérifié pour moi-même ! Ligne Azur : Voyez-vous un autre avantage à Internet ? OB : Le blog est un aspect intéressant. Beaucoup de jeunes en créent ou/et en lisent. Le blog permet de s’exprimer sur des sujets qui ne seraient pas forcément évoqués en face-à-face. Le jeune est protégé par son anonymat et par l’anonymat du réseau. Comme les gens racontent leur parcours, leur histoire, la lecture de blogs permet de trouver des modèles d’identification positifs qui manquent assez cruellement aux personnes LGBT. Par ce biais, le blog les aide à se construire. Ligne Azur : Quels peuvent être les dangers ? OB : Sur les chats, l’aspect sexuel intervient souvent. Si vous ne répondez pas aux critères physiques recherchés, un chatteur peut renvoyer des remarques assez cruelles et blessantes. Ces remarques peuvent faire très mal chez une personne un petit peu fragile, pas bien dans sa peau. Ca peut être assez déconstructif. Sur les sites ou les forums, une modération permet d’écarter ce type de propos. Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur Le site de Moove Lire l’interview de Thomas Guiraud, de l’association Wake up de Bordeaux Lire l’interview de Thomas-Xavier Durnerin, de l’association In Pride à Toulouse Lire l’interview de Stéphane Morel, de l’association Dégel à Paris |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |