| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| 1er mars 2007 |
Stéphane Morel (SM) : La représentation de l’homosexualité dans les médias s’est beaucoup affirmée au cours des dernières années. Cette visibilité aide les jeunes en questionnement à ne pas se considérer comme des cas uniques, à ne plus vivre leur questionnement dans la solitude. Se sentir un parmi les autres aide à se construire. Ensuite, dans le cadre de la famille, ce n’est toujours pas simple. Ligne Azur : Comment les jeunes en questionnement ou les jeunes gays vous contactent-ils ? SM : Ils peuvent venir aux permanences de Dégel organisées tous les vendredis. L’envoi de courriels et notre numéro de téléphone sont deux autres moyens de nous contacter. Enfin l’émission de radio « Dégel Ton Frigo » diffusée tous les deuxièmes mardis de chaque mois sur Fréquence Paris Pluriel nous apporte de la visibilité. Ligne Azur : Que représente le site Internet pour Dégel ? SM : Il est très important car de nombreux internautes vont sur le site puis sur le forum pour discuter, ce qui permet de créer un premier contact. Certains s’inscrivent sur les listes de diffusion pout suivre la vie de l’association avant de se déplacer physiquement. Ligne Azur : Quand le forum a-t-il été créé ? SM : Il est né avec la nouvelle version du site il y a environ trois ans. Sa fréquentation pourrait être beaucoup plus importante si on y mettait un peu d’animation. Le manque d’investissement, c’est le problème des associations. A l’origine, le site a été créé par deux ou trois ingénieurs, un webmaster et un webdesigner, des étudiants très calés sur toutes ces questions techniques. Ils ont réalisé quelque chose de très bien. Hélas, leur départ n’a pas facilité la gestion du site. Ligne Azur : Le forum a-t-il apporté un plus ? SM : Il a apporté un plus en termes de convivialité car beaucoup de jeunes gays viennent discuter et échanger sur l’actualité de l’association ou l’actualité au sens large. Ligne Azur : Recevez-vous parfois des messages de jeunes en grande difficulté par rapport à leur homosexualité ? SM : Pas tellement sur le forum. Ces questions sont plutôt abordées sous la forme de courriels. En 2006, j’en ai reçu plusieurs. Des jeunes qui traversent des périodes intenses de questionnement : « Je pense que je suis bi mais je n’ai pas encore essayé avec un mec... Je n’ose pas faire le premier pas... Je ne sais pas quoi faire.. » D’autres sont en difficulté parce qu’ils se sont fait virer de chez eux. Ligne Azur : En fin de compte, qu’est-ce qu’Internet peut apporter à ces jeunes ? SM : Je suis persuadé qu’Internet peut apporter une aide certaine. Dégel propose un site accessible à tout le monde. Les plus jeunes peuvent voir qu’il existe des structures en mesure de les aider, les accueillir, les renseigner. Obtenir des renseignements à partir de chez soi sans se déplacer, c’est important. En plus ils restent relativement protégés dans leur anonymat par rapport à leurs parents. Ils peuvent croiser d’autres jeunes de leur âge pour discuter et relativiser leur situation. Auparavant il n’y avait pas grand chose. Des lignes téléphoniques ou alors l’obligation de se déplacer physiquement à Paris, ce qui n’est pas toujours facile pour les banlieusards. Ligne Azur : Quelle est la politique de Dégel vis-à-vis des mineurs ? SM : L’association peut recevoir des jeunes à partir de 16 ans. Pour des plus jeunes, nous les orientons en général vers le MAG. Sur Internet, la question des mineurs est problématique car ils se font souvent aborder par des majeurs dans des chats. J’ai des amis - mineurs - qui essaient de monter un chat homo réservé exclusivement aux mineurs. Ils se heurtent au problème de l’identification. Comment prouver qu’on est mineur ? C’est délicat. Ils essaient de mettre en place un système de validation par le sytème des webcams. Cette procédure permettrait de vérifier, au moins dans la plupart des cas, qu’un inernaute est jeune, qu’il n’a pas 40 ou 50 ans. Ligne Azur : Quel rôle spécifique Internet pourrait-il avoir en matière de lutte contre l’homophobie ? SM : Internet montre la diversité de l’homosexualité qui n’apparaît plus de façon réductrice et caricaturale. Ceci dit, la relation à Internet part toujours d’une démarche individuelle et volontaire. On va chercher l’information, ce n’est pas elle qui arrive à soi. Une personne est intéressée par l’homosexualité parce qu’elle est elle-même homosexuelle ou parce qu’elle a un enfant ou un ami homo. Je ne suis pas certain qu’Internet pourrait aider à changer d’avis ceux qui ne s’intéressent pas à ces questions ou qui ont des idées - disons - « arrêtées » sur la question. Ligne Azur : Quel changement majeur Internet a-t-il apporté ? SM : MSN Messenger a permis de créer des contacts qu’on garde en permanence et avec lesquels on peut discuter régulièrement. Plein de gamins ne se connaissent pas « en vrai » et discutent entre eux. Les parents ne s’inquiètent pas car ils pensent que leur enfant échange avec des potes de classe. En fait le garçon - ou la fille - parle de son homoxexualité avec un garçon de son âge, homo comme lui, confronté à des questionnements similaires. MSN, c’est gratuit, utile et contrairement au téléphone ou au Minitel d’autrefois, le jeune sait qui est en face ! Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur Le site de Dégel Lire l’interview de Thomas Guiraud, de l’association Wake up de Bordeaux Lire l’interview de Thomas-Xavier Durnerin, de l’association In Pride à Toulouse Lire l’interview d’Olivier Borel, de l’association Moove à Lyon |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |