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Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
11 mai 2007

Ligne Azur : Pourquoi avoir choisi le mot d’ordre « Non à l’homophobie, oui à l’éducation ! » pour l’édition 2007 de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie ?

Bruno Jaeger (BJ) : L’éducation est le meilleur moyen pour éradiquer l’homophobie. Si elle concerne les jeunes et l’institution scolaire en particulier, l’éducation est aussi l’affaire de la société tout entière. Nous avons tous jeunes ou moins jeunes besoin d’être sensibilisés à cette question qui relève des droits humains.

Ligne Azur : Comment nos voisins européens abordent-ils la question de la lutte contre l’homophobie ?

BJ : Des disparités importantes existent. Sur le plan institutionnel, la situation est assez avancée en Belgique et en Espagne. En Belgique, les pouvoirs publics font preuve d’une volonté très ferme en incitant le milieu scolaire à mettre des choses en place. Toutefois beaucoup d’enseignants protestent en disant que les recommandations vont trop loin et qu’elles incitent à la débauche. Un travail auprès des enseignants est donc nécessaire pour prouver le bien-fondé de la lutte contre l’homophobie en milieu scolaire. On sait que le taux de suicide chez les jeunes gays et lesbiennes est plus élevé que dans la population générale. Ces faits doivent être mis en avant pour essayer de lutter contre l’homophobie en particulier et les discriminations en général.

Ligne Azur : Quelle actions menées en Belgique trouveriez-vous pertinent de transposer en France ?

BJ : La Belgique a élaboré un document très intéressant destiné aux personnels enseignants et aux éducateurs. Téléchargeable sur Internet, ce document mérite d’être très largement diffusé. De plus, la Belgique a reconnu officiellement la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie dès sa première manifestation en 2005. Si plusieurs pays reconnaissent officiellement cette Journée, il sera plus facile de la faire référencer par les Nations Unies. Dans les pays où la situation des homosexuels est difficile, les ONG et les associations de défense de droits humains ou de lutte contre le sida pourront se saisir plus facilement du thème de cette Journée sans risquer des affrontements directs et graves avec les autorités locales.

Ligne Azur : Avez-vous le sentiment que la société française évolue sur la question de l’homosexualité ?

BJ : C’est difficile à dire. Des listes de diffusions comme la Lettre de Têtu répertorient énormément de violence homophobe dont on n’entend pas ou peu parler dans les médias grand public. Le rapport annuel de SOS Homophobie est accablant. Malgré tout, on a envie de croire que la société est beaucoup plus tolérante. En lisant les Paroles d’ados contre l’homophobie, dans le cadre de l’exposition qui sera présentée à la Gare Montparnasse les 15, 16 et 17 mai de 14 h à 19 h, on s’aperçoit que la très grande majorité des jeunes ne rejette pas l’homosexualité. Pour eux, l’homosexualité c’est de l’amour, à respecter comme tel ! Donc oui, je pense que la société évolue même si des homosexuels continuent à se faire agresser et qu’il est nécessaire de tout faire pour y mettre un terme.

Ligne Azur : Que repprochez-vous aux pouvoirs publics en France ?

BJ : Ils ne font rien ou pas grand chose. Je renvoie simplement à la décision de Dominique de Villepin de ne pas reconnaître la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie en France, alors qu’il avait indiqué en mai 2006 qu’il était favorable à cette reconnaissance officielle. Quelques mois plus tard, le Premier ministre a fait savoir que l’agenda ne s’y prêtait pas. On en est là. La France est en retard et ne tient pas compte de l’importance qu’une telle reconnaissance aurait dans certains pays. On dit toujours que la France est le pays des droits de l’homme et qu’elle montre l’exemple partout dans le monde. Mais là elle passe à côté du rôle essentiel qu’elle s’attribue, peut-être de façon indue et trop systématique aujourd’hui.

Ligne Azur : Quelles sont vos autres revendications ?

BJ : Une campagne en cours sous la forme d’une pétition réclame la dépénalisation universelle de l’homosexualité. Cette pétition a été signée par plusieurs prix Nobel, des artistes et des intellectuels du monde entier. Le but de cette initiative est de faire voter une résolution aux Nations Unies, car plus de 70 pays condamnent encore l’homosexualité. Dans 9 d’entre eux, les homosexuels encourent la peine de mort. Une telle résolution pourrait faire évoluer les choses.

Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur

Ligne Azur est partenaire du Colloque contre l’homophobie et pour la diversité par l’éducation, qui se déroulera mercredi 16 mai 2007 à Paris

Agenda des actions en France

Télécharger la brochure « Homophobie : savoir et réagir »

Autres portraits



Louis-Georges Tin
Jean-Marie Périer
auteur de "Casse-toi !"
Anne-Marie Guimbretière,
rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine


Philippe Castel,
porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)*

René-Paul Leraton,
fondateur de Ligne Azur
Louis-Georges Tin,
fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
Jean-Paul Cluzel
, P.-D.G. de Radio France
Solange,
présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans.
Nicolas Noguier,
président du Refuge
Didier Roth-Bettoni,
programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marylène Courivaud,
directrice de la communication à la Halde
David Auerbach Chiffrin,
président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs
Revendiquer pour mieux vivre
La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels
Véronique Soulié,
présidente de l’association Estim’
Bernard Scholl,
membre de la commission LGBT d’Amnesty International
Lucie Landuré-Zouane,
en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle.
Béatrice Guéret,
auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)*
Lionel Labosse
,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu
Pierre Verdrager
sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"*
Hugues Barthe
auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"*
Fernanda Como
Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
Stéphane Morel,
27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7
Olivier Borel,
29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon
Thomas-Xavier Durnerin,
21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines
Thomas Guiraud
29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux
Florence Fradelizi
coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marie-Pierre Iturrioz
coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT
Vincent Guillot
porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe
Philippe Castel
référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie
Agathe Solins
de l’association Ni Putes Ni Soumises
Nicole Athéa
médecin, référent médical CRIPS*
Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Alain Parmentier
Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens
Jean-Paul Cluzel
P.-D. G. de Radio France
Henri Dhellemmes
directeur littéraire aux éditions H&O
Olivier Nostry
Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims
Hélène
Secrétaire de la commission politique du Mag*
Christophe Botti
Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
Frank Tanguy
Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens
Michel Dorais
Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes*
Louis-Georges TIN
Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
David DIBILIO
Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
Natacha TAURISSON
Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB)
Olivier NOSTRI
Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
Cécile Robin
professeur de SVT
René-Paul Leraton
Coordinateur de Ligne Azur