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Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"*
17 août 2007

Ligne Azur : L’homosexualité est désormais visible dans la rue, les médias, la politique... Cela aide-t-il les homos à s’assumer et à mieux vivre leur homosexualité ?

Pierre Verdrager (PV) : Les jeunes qui ressentent leurs premiers émois homosexuels éprouvent bien souvent un grand sentiment de solitude, lequel peut être particulièrement anxiogène, voire suicidogène. Le fait que l’homosexualité soit de moins en moins clandestine permet de donner à ceux-ci des repères leur permettant de construire leur personnalité de façon beaucoup moins dramatique qu’auparavant : on peut être homosexuel et, en même temps, « comme tout le monde » et parfaitement bien dans sa peau. Les homosexuels que j’ai rencontrés sont très regardants en matière de « visibilité » au sens où ils pensent que toute image n’est pas nécessairement bonne à prendre : La Cage aux folles fait ainsi souvent rire jaune.

Ligne Azur : Quels sont les lieux de vie les plus difficiles : l’école, la famille, le travail... ?

PV : L’expérience homosexuelle a ceci de spécial qu’elle se caractérise par un renversement de l’ordre des choses. Ainsi par exemple, le milieu familial, réputé le plus proche, peut devenir le plus lointain et le plus étranger, comme lorsqu’on se fait mettre à la porte après un coming out. Quant à l’école, c’est souvent le lieu d’apprentissage des premières insultes homophobes. De même, le travail peut être le lieu de tous les dangers, et notamment celui du licenciement, ce qui est bien entendu gravissime dans un pays qui connaît le chômage de masse depuis des dizaines d’années. Ceci explique que, à l’exception de certaines professions où l’homosexualité n’est pas disqualifiante, on soit particulièrement précautionneux. Plus généralement, c’est tout l’espace du dehors qui est potentiellement problématique et c’est pourquoi tant d’homosexuels ne peuvent toujours se résoudre à se tenir la main en plein jour, en pleine rue, comme si de rien n’était.

Ligne Azur : Quels points communs et quelles différences avez-vous identifiés entre vos témoins les plus jeunes et les plus âgés ?

PV : Toutes les enquêtes montrent des évolutions favorables en matière d’acceptation de l’homosexualité. Je m’attendais donc à d’importants contrastes générationnels dans mon groupe d’enquêtés. Il n’en est rien. J’ai retrouvé avec une remarquable constance les mêmes problèmes, les mêmes affrontements familiaux, les mêmes non-dits.

Ligne Azur : En tant que sociologue, qu’avez-vous découvert dans le vécu homosexuel que vous ignoriez ?

PV : Je pense que ma principale découverte est que, malgré les évolutions récentes, l’expérience homosexuelle est toujours souvent loin d’aller de soi. Les associations LGBT ont encore pas mal de pain sur la planche.

Ligne Azur : Avez-vous le sentiment que les homos que vous avez interviewés se reconnaissent dans les revendications des mouvements LGBT : le mariage homo, l’homoparentalité ?

PV : Cela dépend des gens, bien sûr, mais en gros, je dirais : oui. L’accès au mariage, qui fait très envie à certains, est traité comme un symbole d’égalité et ceux qui ne veulent pas se marier souhaitent pouvoir faire ce choix eux-mêmes, de même pour l’homoparentalité.

Propos recueillis par Alain Miguet pour Ligne Azur

*L’Homosexualité dans tous ses états, Les Empêcheurs de penser en rond, 2007, 342 p., 22 €

Le sociologue Pierre Verdrager a rencontré des gays et des lesbiennes de tous âges et de toutes conditions à Paris et en province. Pas de personnalités en vue dans ce panel, seulement des gens « ordinaires ». Il les a écoutés pour comprendre comment l’homosexualité avait fait son entrée dans leur vie, quelles avaient été les épreuves traversées, comment s’était construit leur identité...

Autres portraits



Louis-Georges Tin
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rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine


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fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
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Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
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Thomas-Xavier Durnerin,
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Thomas Guiraud
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coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
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coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT
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porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe
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référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie
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de l’association Ni Putes Ni Soumises
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médecin, référent médical CRIPS*
Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
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Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens
Jean-Paul Cluzel
P.-D. G. de Radio France
Henri Dhellemmes
directeur littéraire aux éditions H&O
Olivier Nostry
Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims
Hélène
Secrétaire de la commission politique du Mag*
Christophe Botti
Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
Frank Tanguy
Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens
Michel Dorais
Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes*
Louis-Georges TIN
Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
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Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
Natacha TAURISSON
Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB)
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Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
Cécile Robin
professeur de SVT
René-Paul Leraton
Coordinateur de Ligne Azur