| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| 11 septembre 2007 |
Lionel Labosse (LL) : Ce Collectif a été lancé par Philippe Clauzard après une première expérience associative dénommée AGLAE (Amicale gay et lesbienne autonome des enseignants). Cette association a été dissoute au bout de quelques années et Philippe a créé un site Internet baptisé HomoEdu. Il ne s’agit pas d’une association, juste un collectif informel. HomoEdu recense tout ce qui se fait dans le domaine de l’éducation et des homosexualités, ce que nous appelons Philippe Clauzard et moi l’altersexualité. J’écrivais ponctuellement des articles pour le site depuis environ un an et j’ai fini par rejoindre HomoEdu en octobre 2005 pour créer la rubrique Littérature jeunesse. Ligne Azur : HomoEdu a-t-il un lien étroit avec l’école ? LL : HomoEdu est un site de ressources que tout le monde peut utiliser à son gré. Les enseignants ne sont pas les seuls à s’y retrouver. Beaucoup de jeunes se connectent sur le site lorsqu’ils veulent par exemple faire une fiche de lecture. Le site est la somme assez spontanée de contributions provenant de France et plus généralement du monde francophone. Si de plus en plus d’enseignants abordent l’altersexualité, on sent qu’il y a toujours parfois une grande réticence à le faire. Plus l’âge des élèves est bas, plus c’est difficile car les enseignants sont taxés de prosélytisme ou de vouloir faire du détournement pédagogique. Les critiques sont le fait de parents et de collègues dont certains - pourtant homosexuels, sont assez coincés par rapport au sujet. Heureusement, nous recevons beaucoup plus de remarques d’encouragement et encourageantes que de critiques. Ligne Azur : Comment la littérature jeunesse aborde-t-elle aujourd’hui les questions d’altersexualité ? LL : Le PaCS a constitué un véritable tournant. Avant 1999 / 2000, la production littéraire était quasi nulle avec une dizaine de livres paraissant de temps en temps, abordant le sujet de loin, souvent avec des personnages assez morbides ou avec des thèmes liés à la mort comme le sida. Depuis 1999 / 2000, un plus grand nombre de livres abordent des thèmes plus positifs et plus variés : l’homoparentalité, ce que j’appelle l’alterparentalité, ou les transgenre, un thème qui n’était pas du tout traité auparavant. Dans la bande dessinée aussi, depuis 3 ou 4 ans, on commence à voir quelques ouvrages grand public alors que ce secteur de l’édition était encore plus bloqué que la littérature jeunesse. Ligne Azur : Qui écrit sur ces questions altersexuelles ? Des auteurs homos ou des hétéros intéressés par un thème à la mode ? LL : Beaucoup de stars de la littérature jeunesse ont abordé ce sujet parce qu’il leur tenait à cœur. Je pense à Gudule et Marie-Aude Murail, deux mères de famille tout à fait honorables et a priori hétérosexuelles... (Rires) Maintenant il est vrai que ces dernières années, des auteurs ayant à leur actif des dizaines de romans, ont parlé d’homosexualité. On peut se demander pourquoi et suspecter un effet de mode. D’autre part, des auteurs revendiquent aujourd’hui leur homosexualité, ce qui est assez nouveau. Les éditeurs n’ont pas peur de l’écrire dans le dossier de presse, sur le site Internet ou sur le livre lui-même. Il n’y a pas si longtemps encore, un éditeur - plus particulièrement en littérature jeunesse - se refusait à une telle éventualité par conservatisme historique. A ce propos, il faut parler de la loi de juillet 1949, une loi que je n’hésite pas à qualifier de pétainiste, qui soumettait la littérature jeunesse au contrôle des associations familiales et à une espèce de morale catho qui n’a plus lieu d’être. Ligne Azur : Pourquoi avoir créé les Isidors en 2006 ? LL : Les Isidors ne sont pas un prix mais un label attribué par le Collectif aux livres jugés les plus intéressants pour valoriser l’image de l’altersexualité auprès des jeunes. Les Isidors ne sont pas décernés si le thème de l’altersexualité est secondaire ou s’il s’agit d’un classique. Nous pensons qu’ils n’ont pas besoin de ce coup de pouce. Dernièrement, un Isidor à été attribué à la bande dessinée de Hugues Barthes Dans la peau d’un jeune homo*, à Automates** de Nathalie Legendre, le seul livre de science-fiction abordant une thématique lesbienne, et à La Face cachée de Luna de Julie Anne Peters***, un très bel ouvrage sur les transgenre. A chaque fois, j’indique la thématique mais je ne veux absolument pas faire des rubriques gays ou lesbiennes. Les rubriques sont par niveaux scolaires 3ème, 4ème, etc. afin de proposer ces livres non pas à des jeunes gays ou des jeunes lesbiennes, mais à tous les jeunes. Il est tout aussi intéressant de lire un livre mettant à l’honneur un personnage gay, lesbien ou transgenre que de lire un ouvrage dont le héros est différent de la culture de référence de l’élève. Lorsque je conseille un livre, c’est parce qu’il est intéressant pour l’élève. Un point c’est tout. Entretien réalisé par Alain Miguet pour Ligne Azur *Lire l’interview accordée par Hugues Barthe à Ligne Azur **Automates, Mango, Autres Mondes, 2005 *** La Face cachée de Luna, de Julie Anne Peters, Milan, coll. Macadam, 2004 Le site d’HomoEdu Lionel Labosse est aussi responsable du site altersexualite.com |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |