Homophobie dans l’entreprise - 7 mars 2008
La Halde* fait des propositions pour lutter contre l’homophobie au travail.
Une enquête réalisée par la Halde en 2006 montre que 40 % des 1 413 salarié(e)s homosexuel(le)s interrogé(e)s ont essuyé des remarques désobligeantes au moins une fois dans leur entreprise sur leur tenue vestimentaire, 32 % sur leur coiffure/accessoires, 26 % sur leurs gestes et attitudes corporelles et 18 % sur leur voix.
Dans l’ensemble de leur parcours professionnel, 88 % d’entre eux ont au moins une fois ressenti et/ou été victimes et/ou été témoins d’homophobie.
85 % ont au moins une fois ressenti une homophobie implicite (indifférence, rejet, rumeur, dénigrement, harcèlement sans mentionner explicitement l’orientation sexuelle). 40 % ont été au moins une fois victimes (blagues, insultes, dégradation, violence physique, menaces d’outing, chantage au licenciement mentionnant explicitement l’orientation sexuelle). Enfin, 56 % ont été témoins d’homophobie. Cette homophobie venant principalement des collègues.
Les registres homophobes les plus souvent utilisés sont celui du genre (« efféminé » pour un homme, « masculine » pour une femme), puis celui de la sexualité (« enculé/sodomite » pour un gay, « mal baisée » pour une lesbienne). Ces deux dimensions recouvrent 58 % des registres pour les lesbiennes et 49 % pour les gays. Un troisième registre apparaît spécifiquement pour les gays, qui seraient « incapables de diriger les autres ».
Pour lutter contre l’homophobie dans l’entreprise, la Halde évoque trois pistes :
Les entreprises devraient mettre en place une politique écrite garantissant l’égalité entre les couples pacsés, mariés et concubins, quels que soient les sexes des membres.
L’engagement de la direction des entreprises dans la lutte contre l’homophobie est jugé déterminant, notamment en sanctionnant fermement les actes et propos homophobes. Des formations mettant en scène des situations types pourraient aussi contribuer à déconstruire les stéréotypes et les préjugés. Ces formations s’adresseraient en priorité aux cadres supérieurs, compte tenu de l’impact de leur comportement sur les perceptions des salariés homosexuel(le)s.
Une attention particulière devrait être portée aux microdiscriminations, particulièrement visibles dans le langage, et renvoyant souvent à une représentation hétéronormée. La Halde propose de remplacer les termes « marié, pacsé, concubin » par « partenaire ». Il s’agirait aussi d’équilibrer les représentations véhiculées par l’ensemble des visuels de communication des entreprises, en insérant par exemple un couple de femmes parmi plusieurs photos de couples sur une plaquette. Tous ces aspects permettraient de produire une culture moins hétérocentrée au sein des entreprises, ce qui supposerait aussi « d’oser » déconstruire les préjugés sur le caractère soi-disant féminin ou masculin de tel métier, tel poste, telle responsabilité ou compétence.
Lire l’étude de la Halde
*Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité
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