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5 questions à
Ligne azur c'est quoi?Les écoutants, c'est qui?Mémo pour nous appelerUne question?
René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur
19 janvier 2004

Quelle est l’origine de Ligne Azur ?
Ligne Azur est née dans un contexte sida assez différent d’aujourd’hui puisque c’était avant l’arrivée des multi-thérapies. On se préoccupait beaucoup plus de la prévention ces années-là. La ligne se proposait d’apporter des informations et une écoute aux garçons qui avaient des pratiques homos sans s’identifier en tant que tel. Ce que nous avons entendu au téléphone nous a entraîné dans une autre direction puisque plutôt que de sida, les appelants nous parlait surtout de l’ensemble des difficultés (doute, silence, honte, culpabilité) que représentait le sentiment de se sentir différent. C’est ce qui nous a amené à nous investir dans la prévention du suicide. A partir de ce constat, nous avons aussi souhaité ouvrir la ligne aux filles puisqu’on n’était plus uniquement dans de la prévention sida. La terrible ironie de tout cela c’est, qu’aujourd’hui, les jeunes gays font partie des groupes les plus exposés aux prises de risque VIH et à la contamination.

Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai été enseignant pendant trente ans et je travaille à l’association Sida Info Service depuis 1991. Avant de m’occuper de Ligne Azur, j’ai été écoutant sur le numéro vert (« sida info service ») pendant 6 ans. Je continue d’ailleurs à faire ponctuellement de l’écoute car c’est la partie la plus intéressante du travail. J’ai également passé un diplôme de sexologie et j’exerce maintenant. Sans me spécialiser vraiment, il est évident que je me consacre en particulier à tout ce qui touche les questions liées aux IST (Infections Sexuellement Transmissibles, dont le VIH), à l’orientation et à l’identité sexuelle. On parle beaucoup de sexualité aujourd’hui et on en montre à tort et à travers. Cependant beaucoup de gens restent avec leurs questions et leur difficultés. Il est important de leur proposer des espaces d’écoute soit au téléphone soit en consultation.

Pesronnellement, comment avez-vous évolué ?
Je fais partie d’une génération qui a vécu de gros changements dans la manière de vivre et de parler d’homosexualité. Quand j’étais ado c’était la quasi invisibilité. Soit c’était des caricatures ridicules auxquelles on n’avait pas vraiment envie de ressembler. Soit c’était tellement allusif que je ne voyais rien. J’ai eu la chance de faire mon « coming-out » dans le contexte de l’après 68. On remettait beaucoup de choses en question et en particulier tout ce qui touchait à la sexualité. Bien sûr, après cette impression de liberté de la fin des années 70, il y a eu le terrible retour de bâton de l’épidémie de sida. Donc c’est avec tout ça que je me suis investi dans le travail de Ligne Azur. Ayant enseigné l’histoire, je fais partie de ceux qui pensent qu’une minorité - qu’elle soit raciale, culturelle ou sexuelle doit se saisir de son histoire et la faire connaître. Beaucoup de jeunes ont encore l’impression d’être les seuls (ou les seules) au monde quand ils/elles prennent conscience de leur orientation. Il est important de témoigner, de leur montrer qu’ils/elles font partie d’une histoire, d’une culture.

5. Pour terminer, quels sont les projets de Ligne Azur ?
Il faut continuer et développer le travail de Ligne Azur. Nous pensons que mieux se passera le moment où on réalise sa différence plus on en trouvera les bénéfices au moment des premiers rapports sexuels. Le travail autour de l’estime de soi est capital pour tout acte de prévention, et les gays et les lesbiennes en manquent encore beaucoup. L’autre axe de notre travail est de proposer une écoute et une information à tous les professionnels travaillant avec des jeunes. Beaucoup d’entre eux ont souvent envie de « faire quelque chose » mais ils ne savent pas comment. Ils ont peur de dire des bêtises, d’être maladroit par manque d’informations ou n’ont que des visions très réductrices (notamment la fameuse « phase de l’adolescence qui doit passer »). Outre l’écoute, nous allons également envisager de proposer des formations sur les sujets sur lesquels nous travaillons.

Autres portraits



Louis-Georges Tin
Jean-Marie Périer
auteur de "Casse-toi !"
Anne-Marie Guimbretière,
rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine


Philippe Castel,
porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)*

René-Paul Leraton,
fondateur de Ligne Azur
Louis-Georges Tin,
fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
Jean-Paul Cluzel
, P.-D.G. de Radio France
Solange,
présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans.
Nicolas Noguier,
président du Refuge
Didier Roth-Bettoni,
programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marylène Courivaud,
directrice de la communication à la Halde
David Auerbach Chiffrin,
président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs
Revendiquer pour mieux vivre
La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels
Véronique Soulié,
présidente de l’association Estim’
Bernard Scholl,
membre de la commission LGBT d’Amnesty International
Lucie Landuré-Zouane,
en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle.
Béatrice Guéret,
auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)*
Lionel Labosse
,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu
Pierre Verdrager
sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"*
Hugues Barthe
auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"*
Fernanda Como
Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
Bruno Jaeger,
coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Stéphane Morel,
27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7
Olivier Borel,
29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon
Thomas-Xavier Durnerin,
21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines
Thomas Guiraud
29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux
Florence Fradelizi
coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
Marie-Pierre Iturrioz
coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT
Vincent Guillot
porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe
Philippe Castel
référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie
Agathe Solins
de l’association Ni Putes Ni Soumises
Nicole Athéa
médecin, référent médical CRIPS*
Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
Alain Parmentier
Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens
Jean-Paul Cluzel
P.-D. G. de Radio France
Henri Dhellemmes
directeur littéraire aux éditions H&O
Olivier Nostry
Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims
Hélène
Secrétaire de la commission politique du Mag*
Christophe Botti
Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
Frank Tanguy
Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens
Michel Dorais
Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes*
Louis-Georges TIN
Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
David DIBILIO
Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
Natacha TAURISSON
Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB)
Olivier NOSTRI
Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
Cécile Robin
professeur de SVT