| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| 6 octobre 2008 |
Marylène Courivaud (MC) : Une étude est en cours pour répertorier les stéréotypes et les clichés présents dans les manuels scolaires dont on sait qu’ils sont à l’origine de pratiques discriminatoires. Ainsi, cette comptine que nous avons tous entendue enfant : « Maman fait des gâteaux, papa scie du bois ». Derrière cet air charmant se cache un stéréotype décrivant la femme cantonnée à une tâche et l’homme à une autre. Cela induit qu’une fille souhaitant faire des études de pilote de ligne sera moins facilement orientée vers cette filière. On lui expliquera que si elle s’orientait vers des carrières un peu plus féminines, ce serait tout de même mieux. Si les mentalités commencent à changer, les réticences restent nombreuses. Ligne Azur : Avez-vous des exemples de discriminations liées à l’orientation sexuelle ? MC : La Halde a été saisie par un enseignant dont le contrat n’a pas été renouvelé dans l’enseignement privé à la suite de la découverte de son orientation sexuelle par sa hiérarchie. La Halde a pris aussi une délibération après avoir été saisie par Couleurs Gaie, à Metz, qui s’était vu refuser l’agrément par le rectorat de Nancy-Metz. Cette association souhaitait faire de la sensibilisation à la lutte contre l’homophobie dans les établissements scolaires. A la suite de notre intervention, Couleurs Gaies a reçu son agrément. Nos prises de position ont été entendues par le ministre de l’Education nationale puisqu’il a annoncé un programme d’information sur cette question dans les établissements scolaires. Ligne Azur : Les jeunes sont-ils de plus en plus sensibles à la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ? MC : On le voit bien avec la campagne contre les discriminations que la Halde a lancée cet été. Sur le blog http://ouvertatous.skyrock.com, les jeunes laissent beaucoup de commentaires sur l’origine, l’apparence physique et l’homophobie. Cette question n’est pas anodine puisque, selon plusieurs études, le taux de suicide des adolescents homosexuels est plus élevé que chez leurs homologues hétérosexuels. L’homophobie est un sujet encore très tabou. Lors d’une récente étude menée par la Halde, nous nous sommes aperçus combien cette question était aussi douloureuse au sein de l’entreprise, et qu’elle n’émergeait pas dans le débat public comme cela s’est produit pour la discrimination des seniors. Ligne Azur : Un blog, un concours de lyrics, une campagne d’affichage dans les établissements scolaires, la campagne contre les discriminations que vous menez prend une forme bien différente de ce que la Halde faisait habituellement... MC : La Halde communique en effet de façon assez institutionnelle. Nous nous adressons à des publics cibles tantôt dans les entreprises, tantôt dans les collectivités territoriales. Cette fois, nous nous sommes dit qu’il fallait impérativement s’adresser aux jeunes. Or on sait qu’ils sont internautes à 89 % et qu’ils sont les leaders de la consultation des blogs. Pour les rencontrer, nous avons donc lancé le blog http://ouvertatous.skyrock.com pour leur permettre de prendre conscience des stéréotypes et des préjugés qui conduisent à agir d’une façon à exclure l’autre sans raison. Le concours de lyrics permet aux jeunes de poster les paroles d’une chanson. Le gagnant verra son oeuvre mise en musique par l’association « Melting Sons ». En fait cette campagne propose aux jeunes de s’engager. Le texte de l’affiche le dit clairement : Tu es contre la discrimination, é-cris le haut et fort. Ligne Azur : A ce jour, quel bilan dressez-vous de cette campagne ? MC : Depuis son lancement cet été, le blog a reçu plus de 200 000 visites. 5 000 commentaires ont été postés, plus de 6 000 personnes sont devenus des « amis » de la Halde, et notre vignette a été téléchargée plus de 17 000 fois. Actuellement, nous envoyons notre affiche dans les 11 400 collèges et lycées de France, ainsi que dans le réseau des Centres d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ). Cette campagne est menée en partenariat avec le CIDEM (Civisme et Démocratie) pour nous permettre d’être présent dans les espaces de convivialité des établissements scolaires et avoir ainsi la possibilité de toucher les enseignants. Plus tard, un module de formation e-learning sera proposé aux enseignants et aux parents d’élèves sur le site de la Halde. Ligne Azur : Une campagne radio démarre le 6 octobre. Dans ces messages diffusés sur des radios comme Skyrock ou Fun Radio, la Halde évoque le handicap et le racisme, mais pas l’orientation sexuelle. Pourquoi ? MC : On ne peut pas évoquer tous les thèmes. Pour ces spots, nous nous sommes référés au pourcentage des réclamations que nous recevons à la Halde. Enormément d’entre elles se rapportent à l’origine et au handicap. Cela ne veut pas dire que nous n’aurons pas à mener des campagnes spécifiques sur l’orientation sexuelle. Ligne Azur : S’agit-il d’un vœu pieux ou y aura-t-il véritablement ce type de campagne dans les médias audiovisuels ? MC : La Halde aborde déjà le sujet de différentes façons : nous avons pris une délibération pour soutenir Couleurs Gaies. Sur le blog, on en parle. Le lyrics gagnant mentionnera peut-être cette question. Notre campagne actuelle va nous amener à en parler plus encore. En tout cas, quand la Halde a présenté cette campagne, elle a beaucoup insisté sur cette question de l’orientation sexuelle. Propos recueillis par Alain Miguet pour Ligne Azur |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |