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Droits LGBT en Europe - 6 avril 2009
“Nous nous tournons vers l’UE”
Quelle est la situation des droits des personnes lesbiennes, gays, bi et trans en Europe à l’heure où se profilent les élections européennes, en juin prochain ? C’est à cette question posée par l’Inter-LGBT, dans le cadre du 10-ème Printemps des Assoces lesbiennes gaies, bi et trans, qui s’est déroulé les 4 et 5 avril 2009 à Paris, que deux militants, l’une italienne, l’autre polonais, ont répondu.
En Italie, le cadre juridique se résume aujourd’hui à deux lois, a déclaré Rebecca Zini de l’association Arcigay. Une loi sur la non discrimination dans le monde du travail au titre de l’orientation sexuelle et du genre et une loi permettant aux gays et lesbiennes étrangers persécutés dans leur pays de demander un statut de réfugié. A l’exception de ces deux lois, rien ! Le débat visant à faire adopter une loi contre l’homophie a contribué à la chute du gouvernement de gauche précédent et la majorité actuelle, dominée par la droite, ôte tout espoir à ses partisans de faire adopter une loi sur le mariage gay. Si officiellement, a poursuivi Rebecca Zini, la discrimination n’existe pas en droit en Italie, elle existe au quotidien par le fait de violences, verbales la plupart du temps, mais aussi physiques. Cette violence existe dans de nombreux secteurs de la société comme l’école ou le système de santé.
Tomasz Szypula, vice-président de l’association polonaise KPH (Campagne contre l’Homophobie) a ensuite expliqué que son pays avait adhéré à l’Union européenne en 2004 et qu’il avait dû à ce titre adopter des lois antidiscriminatoires à l’égard des personnes LGBT. En fait une seule loi contre la discrimination dans le monde du travail a été adoptée, loi par ailleurs peu appliquée puisque rares sont les employé(e)s LGBT à interpeller les tribunaux. KPH oeuvre actuellement à l’adoption d’une loi sur l’égalité des personnes LGBT dans la vie quotidienne, mais l’association se heurte à un gouvernement et à une église conservateurs. Tomasz Szypula rappelle que le président actuel, Lech Kaczynski, du temps où il était maire de Varsovie, avait interdit l’organisation de la Marche des Fiertés, ce qui lui a valu une condamnation par l’Union européenne. Pour KPH, l’objectif à terme est d’accroître la visibilté des gays, des lesbiennes et des trans afin de susciter des débats dans la société polonaise. Une tâche difficile alors que les Polonais éprouvent de grandes difficultés pour débattre de leurs problèmes quels qu’ils soient, conclut Tomasz Szypula, l’idée de société civile étant totalement absente du paysage politique et social du pays.
Dirk de Meirleir, directeur de l’ILGA-Europe, rappelle que l’un des objectifs de son organisation est de répertorier les atteintes aux droits des personnes LGBT en Europe et de faire remonter ce catalogue des discriminations au niveau du Conseil de l’Europe. Celui-ci exerce ensuite des pressions sur les pays concernés. Le parlement européen, poursuit Dirk de Meirleir, joue un rôle particulièrement important pour la défense des droits de l’homme, n’hésitant pas à se dresser contre la Commission, dont le rôle est de proposer et de mettre en oeuvre les politiques communautaires. Le rôle de l’Union européenne a également été salué par Rebecca Zini pour qui tous les progrès enregistrés en matière de droits LGBT ont été le fait de l’Europe. L’Europe permet de mettre sur la table la question des droits des personnes LGBT. Quand nous voulons défendre nos droits, nous nous tournons vers l’UE, a-t-elle conclu.
Alain Miguet
Le site d’Arcigay
Le site de ILGA-Europe
Crédit photo : © Alain Miguet
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