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5 questions à
Ligne azur c'est quoi?Les écoutants, c'est qui?Mémo pour nous appelerUne question?
Cécile Robin professeur de SVT
13 mai 2004

Quel est votre parcours professionnel ?
Je suis professeur de SVT (Sciences et Vie de la Terre). J’ai passé le concours à Nancy et suis arrivée dans l’Académie de Créteil, après une année passée dans deux collèges assez difficiles. J’avais alors organisé pour mes élèves de 4ème une rencontre avec des personnes du planning familial. J’enseigne dans le même lycée depuis 4 ans.

Vous avez participé au groupe de réflexion sur l’élaboration de la brochure « L’homophobie : savoir et réagir ». D’où vient votre intérêt pour les problèmes liés aux comportements homophobes ?
Beaucoup de mes élèves sont dans les classes littéraires ou économiques et sociales, dont le programme comprend le thème : « la procréation ». Les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) et la dimension psycho-affective de la sexualité ne sont pas au programme alors qu’il y a beaucoup à faire. La sexualité ne se limite pas à la procréation. Il est plus facile pour les élèves que ce soit un intervenant extérieur qui aborde ces questions. J’avais invité une personne du Mouvement français pour le planning familial et nous avions élaboré une intervention en plusieurs volets : l’aspect médical, la contraception et les IST, puis la dimension psycho-affective qui porte sur le respect de la diversité, l’homosexualité... l’égalité des sexes et des sexualités (l’acceptation de soi-même et l’acceptation par l’autre). Un membre de la Ligue des droits de l’Homme était venu parler de l’égalité des sexes, des droits des femmes et du sexisme. Je tiens à préciser que les élèves doivent bénéficier de 2 séances par an et par niveau d’éducation sur la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées. Plusieurs circulaires (la dernière, je crois, date du 17/02/2003) mentionnent cette thématique. Alors qu’en est-il de la mise en place de ces fameuses séances et d’éventuels budgets alloués à cette fin ? D’autre part, j’ai milité à une époque dans une association féministe mixte, et j’ai entendu parler de groupes de réflexion sur l’homosexualité et l’homophobie. Le SNES s’est aussi penché sur ces questions. J’ai eu l’occasion de rencontrer René-Paul Leraton (coordinateur de Ligne Azur, voir aussi « Cela reste encore très difficile de découvrir sa différence ») et Hervé Baudoin (chargé des actions gays à Sida Info Service). J’étais intéressée par le projet d’une brochure, de pouvoir contribuer à son élaboration, apporter des idées, échanger avec des gens.

Comment percevez-vous le rapport à la norme et les discriminations dans le milieu scolaire ?
D’une manière générale, lorsque la question est posée, les gens ne se sentent pas concernés par l’homophobie. Il n’existe pas de cadre légal et légitime pour les personnes qui en sont victimes. Certaines discriminations sont perçues comme inacceptables, celles qui portent sur la couleur de la peau ou la religion. La société condamne en général ce type de situation et la loi les sanctionne. Laisser passer une insulte raciste est impossible, alors que face à une insulte homophobe, indifférence ou gêne prévalent. Pourtant, une insulte homophobe est une insulte comme une autre. Les réactions viennent de personnes sensibilisées au problème par leur vécu, leurs expériences ou leur entourage propre. Bien qu’elles se sentent démunies la plupart du temps. Au lycée, il s’agit le plus souvent d’insultes entre les élèves dans les couloirs, et non pas dans le cadre de la classe. Rien n’est frontal. Je vois bien que certains se cherchent même s’ils ne m’en parlent pas. Parfois ce sont les jeunes concernés qui se mettent à l’écart.

Comment réagit le corps enseignant face à cette question ?
De la même façon que le reste de la population. C’est difficile de généraliser mais je pense qu’une insulte homophobe passe complètement « à la trappe » ! Si on ne parle pas du problème de l’homophobie aux enseignants, rares sont ceux qui y sont sensibles. Je dirais même que cela n’existe pas ! Encore une fois, quand les personnes sont sensibilisées à cette question, ce n’est pas anodin. Si les médias parlent plus de l’homosexualité aujourd’hui, elle n’est pas encore bien acceptée. Il y a une grande différence entre Paris où certains arrondissements acceptent une forte population homosexuelle, et les villes de province qui n’ont pas forcément connu une évolution identique des moeurs. J’ai quand même l’impression que les gens s’affichent plus qu’avant en province.

Selon vous, quels sont les moyens nécessaires à mettre en œuvre pour lutter contre l’homophobie ?
La brochure « L’homophobie : savoir et réagir » est une bonne idée, mais il est prévu d’en diffuser seulement quelques exemplaires par établissement. Selon la sensibilité du chef d’établissement qui le recevra, ce document sera pris en compte ou mis de côté, ou encore donné à l’infirmière dans le cas où elle est confrontée à un élève en détresse, mais l’homosexualité n’est pas une maladie. Eventuellement le conseiller principal d’éducation. Je regrette que nous n’ayons pas eu davantage de moyens pour diffuser la brochure largement, au moins à l’ensemble des enseignants. Il est nécessaire qu’une loi sanctionne les comportements homophobes, et que la Déclaration universelle des droits de l’Homme soit également élargie à la condamnation de l’homophobie. Tant qu’il n’existera pas de cadre légal, la situation ne pourra pas s’arranger.

Autres portraits



Louis-Georges Tin
Jean-Marie Périer
auteur de "Casse-toi !"
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rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine


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Louis-Georges Tin,
fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie.
Jean-Paul Cluzel
, P.-D.G. de Radio France
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,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu
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Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais
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29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon
Thomas-Xavier Durnerin,
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coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris
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coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT
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porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe
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référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie
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de l’association Ni Putes Ni Soumises
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médecin, référent médical CRIPS*
Louis-Georges Tin
Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie
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Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens
Jean-Paul Cluzel
P.-D. G. de Radio France
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directeur littéraire aux éditions H&O
Olivier Nostry
Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims
Hélène
Secrétaire de la commission politique du Mag*
Christophe Botti
Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans...
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Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens
Michel Dorais
Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes*
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Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie"
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Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris
Philippe Castel
Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies
Natacha TAURISSON
Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB)
Olivier NOSTRI
Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims
René-Paul Leraton
Coordinateur de Ligne Azur