| Louis-Georges TIN Auteur du "Dictionnaire de l’homophobie" |
| 6 juin 2005 |
Ligne Azur : Le 17 mai a eu lieu la première journée mondiale contre l’homophobie. Comment s’est déroulée la mobilisation ? L.G. Tin : Très bonne dans l’ensemble. La mobilisation a eu leu dans 40 pays de tous les continents. Ainsi, en Chine, s’est déroulée la première manifestation LGBT publique. Les organisateurs attendaient 150 personnes, 350 y ont participé. Cette marche a eu un effet de rupture symbolique. Elle représente en ce sens un évènement historique. En Belgique, le Parlement a reconnu officiellement la journée mondiale le 17 mai. Nous espérons qu’un maximum de pays suivra cette initiative. Le Parlement européen semble s’acheminer vers un vote similaire dans les mois à venir. Ligne Azur : Quel est l’état des lieux de l’homophobie dans le monde ? LG Tin : Il existe des avancées significatives en France mais des points noirs demeurent. Dans le reste du monde, l’homophobie progresse sur beaucoup de front. Dans beaucoup de pays, il ne s’agit pas de savoir comment améliorer les conditions des personnes LGBT, mais plutôt comment renforcer la pénalisation qui pèse déjà sur elles. Des offensives sur le plan international sont mises en place : ainsi, la Fédération d’associations Exodus se mobilise pour proposer aux Etats-Unis et aussi en Amérique latine, en Afrique et en Asie des séances de maquillage aux lesbiennes, des cours de mécanique aux gays, mais aussi prières et thérapies diverses pour les aider à rentrer dans "le droit chemin". Les situations revêtent parfois une grande gravité : certains Etats, dont l’Arabie Saoudite, appliquent la charia ; dans une dizaine de pays, l’homosexualité est passible de la peine de mort. Le Brésil détient le triste record du nombre de meurtres homophobes répertoriés comme tel par la police : plus de 2000 meurtres en vingt ans, sans compter ceux qui ne sont pas pris en compte. Cette grande démocratie connaît pourtant la plus importante marche des fiertés gay et lesbienne au monde à Sao Paolo, plus de 2 millions de manifestants chaque année. L’homophobie, y compris sous sa forme la plus violente, ne se limite pas à quelques pays présentés comme "arriérés" sur le plan des droits de l’Homme. Ligne Azur : En France, avez-vous observé une évolution positive dans ce domaine ? LG Tin : En France, nous sommes victimes de l’illusion consistant à prendre une partie pour le tout : le Marais pour Paris, Paris pour la France, la France pour l’Europe et l’Europe pour le monde ! De nombreuses avancées sont apparues depuis 20 ans : la dépénalisation de l’homosexualité, les avancées liées au Pacs et à la Halde. Mais l’homophobie se maintient à un niveau assez élevé suer le plan des discriminations, et, de manière plus générale, des stigmatisations. La plupart des personnes vivent encore aujourd’hui la découverte de l’homosexualité d’un proche, notamment d’un enfant, comme une catastrophe. Par ailleurs, les avancées n’ont pas forcément atteint un stade permettant d’alléger le poids des stigmatisations qui pèse sur les jeunes. Angoisse, honte, haine de soi sont fréquentes lorsqu’ils découvrent leur attirance "non-normée" pour des personnes du même sexe. L’hétérosexisme demeure très puissant. Ligne Azur : Quelles sont les réponses les plus adaptées face à des comportements stigmatisants ? LG Tin : Le levier politique le plus important en France réside dans une éducation à la diversité dans l’enseignement. Depuis certaines circulaires édictées par Jack Lang, cet aspect a été officiellement accepté par l’Education nationale mais l’institution ne s’est jamais donnée les moyens de contribuer à cette lutte, donc la volonté est restée lettre morte. Les principaux syndicats de l’Education nationale, de parents d’élèves et de chefs d’établissement ont depuis pris position en faveur de cette démarche à l’occasion de la journée mondiale. Le message sera mieux relayé à l’avenir. Ligne Azur : Comment permettre une meilleure acceptation de l’homosexualité dans nos sociétés ? LG Tin : La multiplication des actions oeuvrent dans ce sens, tant au niveau scolaire, professionnel, universitaire, associatif, syndical et politique. Le but est de ne pas limiter ces initiatives aux associations LGBT. Ce combat relève des droits de l’Homme et concerne tout le monde. Nous sommes tous nés dans une société homophobe, donc nous sommes tous homophobes à l’origine. Il s’agit de se débarrasser de ces idées reçues. Si certains hésitent à participer aux marches LGBT parce que non homosexuels, ils peuvent être présent en tant que citoyen luttant contre l’homophobie. Un enseignant peut aborder la question pour sensibiliser ses élèves lors de la journée mondiale contre l’homophobie par exemple. |
| Entretien réalisé par Delphine Dorier pour Ligne Azur |
Louis-Georges Tin |
| Jean-Marie Périer auteur de "Casse-toi !" |
| Anne-Marie Guimbretière, rédactrice en chef d’Essentiel Santé Magazine |
| Philippe Castel, porte-parole de l’Inter-LGBT, pour les 10 ans du Pacte civil de solidarité (Pacs)* |
| René-Paul Leraton, fondateur de Ligne Azur |
| Louis-Georges Tin, fondateur et président de la Journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie. |
| Jean-Paul Cluzel , P.-D.G. de Radio France |
| Solange, présidente du MAG*, pour une enquête sur les jeunes trans. |
| Nicolas Noguier, président du Refuge |
| Didier Roth-Bettoni, programmateur du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marylène Courivaud, directrice de la communication à la Halde |
| David Auerbach Chiffrin, président de Tjenbé Rèd !* - Association LGBT rassemblant les personnes noires et métisses et leurs amiEs |
| Revendiquer pour mieux vivre La Marche des Fiertés parisienne a réuni lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels |
| Véronique Soulié, présidente de l’association Estim’ |
| Bernard Scholl, membre de la commission LGBT d’Amnesty International |
| Lucie Landuré-Zouane, en charge du programme Le Fers, destiné aux jeunes hommes en questionnement sur leur orientation sexuelle. |
| Béatrice Guéret, auteur de "Dirty Slapping", court-métrage réalisé par Edouard Molinaro (Scénarios contre les discriminations)* |
| Lionel Labosse ,écrivain, enseignant, rédacteur en chef de la rubrique Littérature jeunesse du Collectif HomoEdu |
| Pierre Verdrager sociologue, auteur de "L’Homosexualité dans tous ses états"* |
| Hugues Barthe auteur de "Dans la peau d’un jeune homo"* |
| Fernanda Como Infirmière scolaire au lycée agricole de Radinghem, Pas-de-Calais |
| Bruno Jaeger, coordinateur pour la France de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Stéphane Morel, 27 ans, de l’association LGBT Dégel, Universités de Paris 6 et 7 |
| Olivier Borel, 29 ans, président de Moove, association LGBT de Lyon |
| Thomas-Xavier Durnerin, 21 ans, trésorier de In Pride l’association LGBT des Grandes Ecoles toulousaines |
| Thomas Guiraud 29 ans, webmaster de l’association étudiante LGBT Wake Up de Bordeaux |
| Florence Fradelizi coprogrammatrice du Festival de Films Gays et Lesbiens de Paris |
| Marie-Pierre Iturrioz coanimatrice du Collectif de lutte contre l’homophobie de la CGT |
| Vincent Guillot porte-parole de l’Organisation internationale des intersexes pour l’Europe |
| Philippe Castel référent FSU plate-forme lutte contre l’homophobie |
| Agathe Solins de l’association Ni Putes Ni Soumises |
| Nicole Athéa médecin, référent médical CRIPS* |
| Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie |
| Alain Parmentier Président de FLAG !, l’association des policiers gays et lesbiens |
| Jean-Paul Cluzel P.-D. G. de Radio France |
| Henri Dhellemmes directeur littéraire aux éditions H&O |
| Olivier Nostry Président d’Ex Aequo, association LGBT responsable d’une émission gay et lesbienne sur Radio Primitive à Reims |
| Hélène Secrétaire de la commission politique du Mag* |
| Christophe Botti Auteur d’"Un cœur sauvage"*, pièce sur la découverte de l’homosexualité par Mathan, un jeune garçon de 17 ans... |
| Frank Tanguy Porte-parole de l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens |
| Michel Dorais Auteur avec Eric Verdier du Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes* |
| David DIBILIO Directeur/programmateur du Festival de Films Gays & Lesbiens de Paris |
| Philippe Castel Conseiller principal d’éducation, coordinateur des groupes FSU et SNES de lutte contre les LGBT phobies |
| Natacha TAURISSON Porte-parole et vice-présidente de l’Association du Syndrome de Benjamin (ASB) |
| Olivier NOSTRI Porte parole de l’association Ex Aequo à Reims |
| Cécile Robin professeur de SVT |
| René-Paul Leraton Coordinateur de Ligne Azur |