Pourquoi ?

Le Rapport 2014 de l’association SOS Homophobie [1] fait état d’une nette augmentation des paroles et des actes homophobes en 2013. Les témoignages reçus sont au nombre de 3 157. Une majorité d’entre eux s’est concentrée sur les six premiers mois de l’année, soit une hausse de 78 % par rapport à l’année 2012. Le nombre d’agressions physiques rapportées a augmenté de 54 %, pour atteindre 188 cas, soit environ une agression tous les deux jours.

Internet constituerait le principal lieu d’expression de ces violences. Plus de la moitié des insultes et menaces recensées l’ont été, en 2013, sur les sites et les réseaux sociaux, où l’anonymat facilite les attitudes homophobes, lesbophobes et transphobes, soit trois fois plus qu’en 2012.

Publié en décembre 2014, le premier rapport de l’Observatoire national du suicide (ONS) [2] démontre le lien existant entre les LGBTphobies et le risque suicidaire (selon les études, les hommes et les femmes homo-/bisexuel-le-s ont un risque de tentative de suicide de 2 à 7 fois plus élevé que les hommes et les femmes exclusivement hétérosexuel-le-s [3]).

Parmi les 18-30 ans, les tentatives de suicide sont notablement plus fréquentes chez les hommes et les femmes homosexuels ou bisexuels. Un sentiment d’indignité ou de honte peut atteindre les adolescents qui découvrent leur attirance homosexuelle, pouvant être aggravé par des conflits familiaux ou par le comportement des pairs se livrant à des actes et des paroles humiliants ou dégradants. 

Les effets des discriminations sont aggravés par la faiblesse du soutien de la famille qui n’est pas toujours une source de réconfort et de réassurance. D’autre part,  les périodes de collège et de lycée sont particulièrement éprouvantes à cet égard.

Le risque encouru pour la santé et le mieux-être des jeunes homosexuel-le-s, bisexuel-le-s, transsexuel-le-s, ou identifié-e-s comme tel-le-s constitue donc un véritable enjeu de santé publique.


[1] Voir SOS Homophobie, Rapport sur l’homophobie 2014, publié le 13 mai 2014. Depuis sa première parution en 1997, le rapport de l’association SOS Homophobie cherche à mesurer l’évolution de l’homophobie en France, d’une année sur l’autre.
[2] Voir ONS, « Suicide Etat des lieux des connaissances et perspectives de recherches 1er rapport / Novembre 2014 » (p. 173 à 176)
[3] Sources « Les minorités sexuelles face au risque suicidaire » Inpes (p.35 à 47)



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