Mutuelle santé à la retraite : ce qui change le jour où l’employeur ne cotise plus
Sommaire
Le départ à la retraite fait apparaître une ligne que le bulletin de paie masquait. Jusque-là, l’employeur finançait au moins la moitié de la cotisation santé. Le jour du départ, la totalité bascule sur le budget du foyer, au moment précis où la pension remplace le salaire et où les besoins de soins augmentent.
Deux chemins s’ouvrent alors : garder le contrat collectif de l’ancienne entreprise, ou souscrire un contrat individuel. Le choix se joue sur des règles précises, et sur des postes de dépense qui changent avec l’âge.
En bref
- Le maintien du contrat d’entreprise se demande dans les six mois qui suivent la fin du contrat de travail. L’assureur ne peut pas le refuser.
- Son tarif n’est encadré que trois ans : 100 % du tarif des actifs la première année, +25 % la deuxième, +50 % la troisième. Ensuite, plus de plafond.
- Le forfait journalier hospitalier est passé à 23 euros par jour le 1er mars 2026. La Sécurité sociale ne le rembourse jamais.
- La complémentaire santé solidaire est ouverte jusqu’à 1 172 euros de ressources mensuelles pour une personne seule, avec une participation de 25 à 30 euros par mois selon l’âge.
Peut-on garder la mutuelle de son entreprise à la retraite ?
Oui. La loi du 31 décembre 1989, dite loi Évin, permet à un salarié qui part à la retraite de conserver la couverture collective de son ancienne entreprise. La demande doit être faite dans les six mois qui suivent la fin du contrat de travail, et l’assureur ne peut pas la refuser. Reste à savoir si ce maintien vaut mieux qu’un contrat individuel : sur ce point, les retours d’assurés du même âge sur leur mutuelle santé éclairent mieux qu’un tableau de garanties, parce qu’ils portent sur ce qui se passe au moment du remboursement. Pour un budget serré, les offres adaptées aux petits budgets constituent un point de départ utile.
Ce qui change, c’est le prix. L’employeur ne participe plus, donc la totalité de la cotisation revient à l’assuré.
Pendant combien de temps le tarif est-il encadré ?
Trois ans. Le décret du 21 mars 2017 fixe une progression stricte : la première année, la cotisation ne peut pas dépasser le tarif global appliqué aux salariés en activité ; la deuxième année, elle est plafonnée à ce tarif majoré de 25 % ; la troisième année, à ce même tarif majoré de 50 %.
Au-delà, ce plafond tombe. L’assureur retrouve sa liberté tarifaire, sous la seule réserve de l’article 6 de la loi de 1989, qui lui interdit d’augmenter un tarif en fonction de l’état de santé de l’assuré. La vraie question n’est donc pas de savoir si le maintien est intéressant au départ, mais jusqu’à quand il le reste.
Où le reste à charge se creuse-t-il après 60 ans ?
D’abord à l’hôpital. Le forfait journalier, qui correspond aux frais d’hébergement, n’est jamais remboursé par la Sécurité sociale. Il est passé à 23 euros par jour depuis le 1er mars 2026, et à 17 euros en service psychiatrique, en application de l’arrêté du 27 février 2026. Sur un séjour de deux semaines, cela fait plus de 300 euros qui ne dépendent que du contrat de complémentaire.
Viennent ensuite les dépassements d’honoraires des spécialistes, qui pèsent d’autant plus que le suivi devient régulier, puis le dentaire, l’optique et l’audition. Le dispositif 100 % Santé y supprime le reste à charge, mais uniquement sur les équipements du panier concerné. Dès qu’on en sort, l’écart est couvert par la complémentaire dans la limite de ses plafonds annuels, et par personne au-delà.
Qui a droit à la complémentaire santé solidaire à la retraite ?
Beaucoup de retraités remplissent les conditions sans le savoir, parce qu’ils raisonnent sur le montant brut de leur pension au lieu de leurs ressources réelles des douze derniers mois.
Pour une personne seule, la complémentaire santé solidaire est gratuite jusqu’à 868 euros de ressources mensuelles, et accessible avec une participation entre 869 et 1 172 euros. Pour un couple, ces seuils sont de 1 303 et 1 759 euros.
Lorsqu’une participation est due, son montant dépend de l’âge : 25 euros par mois entre 60 et 69 ans, 30 euros par mois à partir de 70 ans. À ce prix, la couverture prend en charge le ticket modérateur, le forfait journalier hospitalier sans limitation de durée et les paniers 100 % Santé, ce qu’aucun contrat individuel n’égale à cotisation comparable.
Sur quoi comparer une fois l’entreprise quittée ?
Un tableau de garanties se lit par les postes réellement utilisés, pas par le nombre de lignes. Trois points méritent d’être vérifiés avant de signer : les délais de carence, qui repoussent la prise en charge de plusieurs mois sur le dentaire et l’optique ; les plafonds annuels par poste et par bénéficiaire ; et l’existence du tiers payant, qui évite d’avancer les frais.
Questions fréquentes
L’assureur peut-il refuser le maintien du contrat collectif ?
Non. Dès lors que la demande est faite dans les six mois suivant la fin du contrat de travail, le maintien est de droit et sans questionnaire de santé.
Le forfait journalier hospitalier est-il remboursé par la Sécurité sociale ?
Non, jamais. Il est de 23 euros par jour depuis le 1er mars 2026 et reste à la charge du patient ou de sa complémentaire.
Peut-on cumuler la complémentaire santé solidaire et un contrat individuel ?
Non. L’attribution de la complémentaire santé solidaire met fin au contrat individuel en cours, qui peut être résilié à cette occasion.
Faut-il attendre le départ à la retraite pour changer de complémentaire ?
Non. Depuis la résiliation infra-annuelle, un contrat individuel peut être résilié à tout moment après un an d’ancienneté.
Sources : loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, décret n° 2017-372 du 21 mars 2017, arrêté du 27 février 2026 relatif au forfait journalier hospitalier, barèmes 2026 de la complémentaire santé solidaire. Ces informations sont fournies à titre indicatif et vérifiées à la date de publication. Les plafonds sont revalorisés chaque année : il reste utile de les confirmer auprès de sa caisse d’Assurance Maladie avant toute démarche.
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