Ostéodensitométrie : à quelles conditions le remboursement est-il accordé ?
Sommaire
L’ostéodensitométrie est un examen d’imagerie qui mesure la densité minérale des os, mais son remboursement dépend de critères bien plus précis qu’une simple ordonnance. C’est là que l’on hésite souvent : faut-il être ménopausée, avoir déjà une fracture, suivre un traitement particulier, ou seulement demander un contrôle ? La réponse tient moins à l’âge qu’au risque médical reconnu. Reste à savoir quelles situations ouvrent vraiment la prise en charge, ce que couvre l’Assurance Maladie et ce qu’il reste à payer.
Ce qu’il faut retenir :
- L’ostéodensitométrie est remboursée à 70 % sur une base de 39,96 €, soit 27,97 €, uniquement sur prescription médicale et si l’examen correspond à une indication reconnue.
- Un premier examen est pris en charge en cas de fracture sans traumatisme majeur, de maladie ou traitement fragilisant l’os, et chez certaines femmes ménopausées avec facteurs de risque comme un IMC inférieur à 19 kg/m², une ménopause avant 40 ans ou un antécédent parental de fracture du col du fémur.
- La corticothérapie n’ouvre pas le remboursement parce qu’elle dure « longtemps » : il faut une corticothérapie systémique d’au moins 3 mois consécutifs à une dose ≥ 7,5 mg/jour d’équivalent prednisone.
- Un deuxième examen peut être remboursé à l’arrêt d’un traitement anti-ostéoporotique, ou 3 à 5 ans après un premier examen normal ou montrant une ostéopénie, si de nouveaux facteurs de risque apparaissent.
- Le reste théorique à charge sur la base remboursable est de 11,99 €, auquel peuvent s’ajouter d’éventuels dépassements d’honoraires ; une mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de cette somme.
Quand l’ostéodensitométrie est-elle remboursée ?
L’examen est pris en charge quand deux conditions sont réunies en même temps : une prescription médicale et une situation de risque reconnue. Ameli indique un remboursement à 70 % sur la base d’un tarif fixé à 39,96 €, pour les patients à risque. Sans ce cadre, il ne s’agit pas d’un examen remboursé au titre courant de l’Assurance Maladie.
Il faut donc sortir d’une idée très répandue : l’âge, même après la ménopause, ne suffit pas à lui seul. Le médecin doit prescrire l’examen parce qu’il existe un motif médical précis. Et ce motif doit être assez solide pour que le résultat puisse changer la conduite à tenir, par exemple surveiller, traiter, ou au contraire éviter un traitement inutile.
Quels cas ouvrent le premier remboursement ?
Pour un premier examen, les indications reconnues valent quel que soit l’âge et le sexe dans plusieurs situations nettes. Il y a d’abord les signes d’ostéoporose : découverte ou confirmation radiologique d’une fracture vertébrale sans contexte traumatique ni tumoral évident, ou antécédent personnel de fracture périphérique survenue sans traumatisme majeur. Certaines fractures sont exclues de ce cadre, comme celles du crâne, des orteils, des doigts et du rachis cervical.
Il y a aussi les maladies ou traitements pouvant fragiliser l’os. Ameli cite, entre autres, un hypogonadisme prolongé, une hyperthyroïdie évolutive non traitée, un hypercorticisme, une hyperparathyroïdie primitive ou une ostéogenèse imparfaite. Si vous cherchez le versant « complémentaire santé », vous pouvez aussi regarder ce que votre mutuelle rembourse en médecine douce et en compléments, car la logique de lecture du contrat y est proche : la base remboursable ne dit pas tout, le niveau de garantie compte aussi.
La corticothérapie, le vrai seuil
Le point le plus mal résumé sur le web est souvent celui-ci. Une corticothérapie ne suffit pas parce qu’elle dépasse vaguement quelques semaines. Le cadre retenu est une corticothérapie systémique prescrite pour une durée d’au moins 3 mois consécutifs, à une dose supérieure ou égale à 7,5 mg/jour d’équivalent prednisone.
Cette précision change tout dans la pratique. Une prise plus courte, ou à une dose inférieure, n’entre pas automatiquement dans le motif reconnu décrit par Ameli et la HAS. Et la HAS ajoute une limite utile : l’examen n’est indiqué que si son résultat peut, a priori, conduire à modifier la prise en charge thérapeutique. Autrement dit, on ne rembourse pas un contrôle « pour voir » si rien ne doit en découler.
Chez la femme ménopausée, quels facteurs comptent ?
Pour les femmes ménopausées, des indications supplémentaires existent en plus de celles valables pour tout le monde. Le premier examen peut être pris en charge en cas d’antécédent de fracture du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent du premier degré, d’indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m², de ménopause avant 40 ans, ou d’antécédent de prise de corticoïdes pendant au moins 3 mois consécutifs à une dose ≥ 7,5 mg/jour d’équivalent prednisone.
Ameli précise aussi que ces indications restent valables chez les femmes sous traitement hormonal de la ménopause lorsque les doses utilisées sont inférieures à celles recommandées pour la protection osseuse. Là encore, le remboursement ne repose pas sur le seul mot « ménopause », mais sur un risque objectivé.
Quand un deuxième examen est-il pris en charge ?
Le renouvellement n’est pas libre. Un second contrôle peut être remboursé à l’arrêt d’un traitement anti-ostéoporotique chez la femme ménopausée, sauf arrêt précoce pour effet indésirable. C’est un cas précis, distinct du simple suivi de confort.
Autre situation prévue : chez la femme ménopausée sans fracture, lorsqu’aucun traitement n’a été commencé après une première mesure normale ou montrant une ostéopénie. Dans ce cas, une nouvelle mesure peut être proposée 3 à 5 ans après la première, selon l’apparition de nouveaux facteurs de risque. Si vous avez déjà eu à vérifier une prescription conditionnant un remboursement, le mécanisme est proche de celui expliqué pour les bas de contention classe 2 et leur prescription : sans bon cadre médical au départ, la prise en charge ne suit pas.
Quel est le tarif remboursé et combien reste-t-il ?
Le tarif conventionnel de l’acte est fixé à 39,96 € depuis le 1er juillet 2006. La décision du 29 juin 2006 de l’UNCAM, publiée au Journal officiel du 30 juin 2006, fixe le tarif de l’acte PAQK007 à ce montant. Avec un remboursement à 70 %, l’Assurance Maladie prend donc en charge 27,97 €.
Le ticket modérateur théorique est de 11,99 €, calculé ainsi : 39,96 € − 27,97 €. Ce n’est pas forcément votre reste final. Si le centre pratique un tarif supérieur, le dépassement s’ajoute. Et si votre contrat de complémentaire prévoit la prise en charge de l’imagerie médicale ou des actes de radiologie, il peut couvrir le ticket modérateur, parfois aussi une partie du dépassement. Le bon réflexe est de lire la garantie exprimée en pourcentage de la base de remboursement, pas seulement la mention « radiologie ».
| Élément | Valeur | Condition |
|---|---|---|
| Tarif conventionnel de l’acte PAQK007 | 39,96 € | Base officielle de remboursement |
| Taux Assurance Maladie | 70 % | Prescription médicale et indication reconnue |
| Montant remboursé | 27,97 € | 70 % de 39,96 € |
| Ticket modérateur théorique | 11,99 € | Hors dépassement d’honoraires |
| Nouveau contrôle possible | 3 à 5 ans | Après premier examen normal ou ostéopénie sans traitement, si nouveaux facteurs de risque |
| Corticothérapie ouvrant le cadre reconnu | 3 mois et ≥ 7,5 mg/jour | Équivalent prednisone, corticothérapie systémique |
Ce que l’examen mesure vraiment
L’examen mesure la densité minérale osseuse par absorptiométrie biphotonique à rayons X, la méthode de référence pour apprécier la fragilité osseuse. En pratique, les mesures sont faites le plus souvent au niveau du fémur et des vertèbres lombaires. Santé.fr rappelle aussi que l’examen est indolore, rapide, et que l’irradiation est très faible.
Le résultat repose sur le T-score. Santé.fr précise que l’on parle d’ostéopénie lorsque la perte osseuse est comprise entre 10 et 25 %, et d’ostéoporose lorsqu’elle est égale ou supérieure à 25 %. Mais un point compte davantage pour le remboursement : un résultat bas ne déclenche pas automatiquement un traitement, ni une prise en charge à 100 %. L’examen sert d’abord à décider plus justement.
Questions fréquentes
Quel est le tarif d’une ostéodensitométrie ?
Le tarif conventionnel de l’acte remboursable est de 39,96 €. C’est la base retenue par l’Assurance Maladie pour calculer les 70 % de prise en charge. Le prix réellement facturé peut être plus élevé selon le centre, avec un éventuel dépassement.
Est-ce que l’ostéoporose est prise à 100 % ?
Non, l’ostéodensitométrie n’est pas remboursée à 100 % par l’Assurance Maladie dans le cadre ordinaire décrit ici. La prise en charge est de 70 % sur la base de 39,96 €. Une mutuelle peut compléter, mais ce n’est pas la même chose qu’un remboursement à 100 % par le régime obligatoire.
Est-ce qu’une simple ordonnance suffit ?
Non. Il faut une ordonnance, mais aussi une indication médicale reconnue : fracture sans traumatisme majeur, pathologie ou traitement inducteur d’ostéoporose, ou certains facteurs de risque chez la femme ménopausée. Sans ce motif, l’ordonnance seule ne transforme pas l’examen en acte remboursable.
Une femme enceinte peut-elle faire l’examen ?
Santé.fr indique que l’examen est contre-indiqué chez les femmes enceintes par précaution. L’irradiation est faible, mais elle existe. Si une grossesse est possible, il faut le signaler avant le rendez-vous.
Combien de temps dure l’examen ?
Ameli indique que l’examen dure moins de 15 minutes. Il faut rester immobile quelques minutes pendant la mesure. Les mesures portent le plus souvent sur le rachis et le col du fémur.
Ma mutuelle rembourse-t-elle les examens de radiologie ?
Souvent oui, mais tout dépend du contrat. Vérifiez la ligne « imagerie médicale », « radiologie » ou la prise en charge exprimée en pourcentage de la base de remboursement. Certaines complémentaires couvrent seulement les 30 % restants, d’autres vont au-delà si le professionnel facture plus que 39,96 €.
Peut-on refaire l’examen régulièrement pour surveiller ?
Pas librement dans tous les cas. Le cadre prévu retient surtout un nouvel examen à l’arrêt d’un traitement anti-ostéoporotique, ou un contrôle 3 à 5 ans après une première mesure normale ou montrant une ostéopénie sans traitement, si de nouveaux facteurs de risque apparaissent. Le suivi doit donc répondre à une situation précise.
Sources
Sources consultées le 5 octobre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- www.ameli.fr/medecin/sante-prevention/osteodensitometrie/osteodensitometrie
- www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2024-02/reco369_argumentaire_obesite_2e_3e_niveaux_ii_cd_2024_02_08_preparation_mel.pdf
- www.sante.fr/osteodensitometrie-0
- www.sante.fr/centre-hospitalier-regional-chr/lyon/hopital-edouard-herriothcl/uf-21304-osteodensitometrie