- Rubrique
- Santé mentale
- Publié
- 4 novembre 2026
- Lecture
- 7 min
- Rédaction
- La rédaction de Repère Santé
Psychopraticien : quelle différence avec un psychologue, et est-ce remboursé ?

Sur un site de prise de rendez-vous comme sur une plaque de cabinet, trois intitulés se suivent et se ressemblent : psychologue, psychothérapeute, psychopraticien. Leurs sonorités voisines cachent des statuts très différents, et les confusions s’installent dès le choix du professionnel, puis au moment du remboursement. Un titre qui sonne officiel paraît d’emblée reconnu, alors que rien dans ces mots ne dit ce que la loi réserve et ce qu’elle laisse libre. Or le statut décide d’une éventuelle prise en charge par l’Assurance Maladie.
En bref.
- Le mot psychopraticien n’est pas un titre protégé : il est libre d’emploi et désigne une activité professionnelle, alors que le titre de psychothérapeute n’est accessible qu’après inscription au registre national.
- Le dispositif de remboursement géré par l’Assurance Maladie, Mon soutien psy, ne s’ouvre qu’aux psychologues sélectionnés ayant signé une convention : jusqu’à 12 séances, chacune remboursée à 60 %.
- Pour les personnes couvertes par la C2S, aucun reste à charge n’est prévu dans ce cadre, et les consultations des centres médico-psychologiques sont gratuites.
- En cas de détresse ou de pensées suicidaires, le 3114 répond gratuitement 24h/24 et 7j/7 ; le 15 reste le recours en urgence.
Qu’est-ce qu’un psychopraticien au regard de la loi ?
Psychopraticien, c’est un terme libre d’emploi qui désigne une activité professionnelle et non un titre. La précision vient d’une réponse ministérielle publiée à l’Assemblée nationale le 4 septembre 2018. Autrement dit, personne ne délivre « le titre » de psychopraticien : le mot décrit ce que fait un professionnel, il ne certifie ni un diplôme ni une inscription sur une liste officielle.
Cette nuance change la lecture d’une carte de visite. Quand un intitulé est un titre, la loi en fixe les conditions d’accès. Quand il s’agit d’une activité, rien dans les textes cités ici n’oblige un praticien à justifier d’un cursus précis pour employer le mot. Le même texte donne des ordres de grandeur : environ 7 000 professionnels se présentaient alors comme psychopraticiens, et plus de 150 000 personnes faisaient appel à eux chaque année. Ces chiffres datent de 2018 et ne disent rien de la situation actuelle.
Psychopraticien, psychothérapeute, psychologue : quels intitulés sont encadrés ?
L’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique encadre l’usage du titre de psychothérapeute et le réserve aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes. L’ARS Île-de-France rappelle que cette inscription est obligatoire avant toute utilisation du titre. Le décret du 20 mai 2010, modifié par le décret du 7 mai 2012, en précise les modalités.
Le tableau ci-dessous met en regard les trois situations.
| Intitulé | Statut | Ce que disent les sources |
|---|---|---|
| Psychopraticien | Terme libre d’emploi, activité professionnelle | Ne constitue pas un titre (réponse publiée le 4 septembre 2018) |
| Psychothérapeute | Titre réglementé | Inscription obligatoire au registre national avant toute utilisation |
| Psychologue partenaire de Mon soutien psy | Professionnel sélectionné, sous convention | Sélection par un comité d’experts sur critères de formation et d’expérience |
La ligne centrale est la plus précise : pour porter le titre de psychothérapeute, il faut remplir des conditions de formation. Elles sont détaillées dans la section suivante. Le tableau ne dit rien d’un titre légal de psychologue, et cet article n’en dit rien non plus.
Quelles conditions faut-il remplir pour s’inscrire comme psychothérapeute ?
L’inscription au registre est subordonnée à la validation d’une formation en psychopathologie clinique. Deux profils de départ sont prévus : un diplôme de niveau doctorat donnant le droit d’exercer la médecine en France, ou un diplôme de niveau master dont la spécialité ou la mention est la psychologie ou la psychanalyse.
La formation elle-même comporte deux volets chiffrés :
- une formation théorique en psychopathologie clinique de 400 heures minimum ;
- un stage pratique d’une durée minimale de 5 mois dans des services agréés.
La formation ne peut être délivrée que par des établissements préalablement agréés. L’ARS Bretagne décrit ce que traite le psychothérapeute : les troubles psychologiques, comportementaux et psychosomatiques dont souffrent les personnes. Un praticien qui se présente comme psychopraticien peut donc, selon son parcours, être aussi inscrit au registre, mais l’intitulé seul ne l’établit pas. Seule l’inscription ouvre droit au titre de psychothérapeute.
Pourquoi une certification de psychopraticien n’a-t-elle pas été enregistrée au RNCP ?
La même réponse ministérielle de 2018 traite d’une demande d’enregistrement au RNCP d’une certification de « psychopraticien certifié niveau II ». Elle a été refusée, pour une raison de fond : l’usage du terme « psychopraticien » est une dénomination présentant une ressemblance de nature à entraîner, dans l’esprit du public, une confusion avec le titre de psychothérapeute. La certification ne pouvait donc pas être enregistrée.
Le raisonnement éclaire la frontière : le public peut prendre un psychopraticien pour un psychothérapeute, et la loi protège précisément ce second titre. Pour le lecteur, la conséquence est pratique. Un intitulé qui sonne officiel ne prouve rien, et c’est l’inscription au registre, non la ressemblance des mots, qui fait foi pour le titre de psychothérapeute.
Le psychopraticien est-il remboursé ? Ce que prévoit Mon soutien psy
Selon l’Assurance Maladie, le dispositif Mon soutien psy propose jusqu’à 12 séances d’accompagnement par un psychologue partenaire. Chaque séance est remboursée à 60 % par l’Assurance Maladie. Le parcours se compose d’une première séance, qui consiste en un entretien d’évaluation, puis de jusqu’à 11 séances de suivi psychologique maximum. Le dispositif s’adresse aux personnes dès l’âge de 3 ans, et l’on y entre en prenant directement rendez-vous avec un psychologue.
Le point décisif pour la question du titre est la condition d’accès côté professionnel. Seuls les psychologues sélectionnés et ayant signé une convention avec l’Assurance Maladie peuvent participer, après sélection par un comité d’experts sur la base de critères de formation et d’expérience. La porte d’entrée du remboursement est donc la convention, non l’appellation d’une pratique. Chez un psychopraticien, rien de ce qui précède ne s’applique par le seul fait de l’intitulé.
Dans ce cadre, d’autres règles protègent le patient :
- le psychologue ne peut pas pratiquer de dépassement d’honoraires ;
- les tarifs sont opposables, fixés par convention entre les psychologues partenaires et l’Assurance Maladie ;
- les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) n’ont aucun reste à charge.
Pour une autre piste gratuite, les centres médico-psychologiques proposent des consultations au sein du service public de psychiatrie. Pour approfondir la prise en charge côté psychologue, voyez notre page sur le remboursement d’un psychologue, puis celle consacrée au psychologue conventionné. Les tarifs pratiqués hors dispositif sont abordés dans l’article sur le prix d’un psychologue.
Comment repérer le bon interlocuteur avant de prendre rendez-vous ?
Trois vérifications découlent des règles ci-dessus. Première question : le professionnel utilise-t-il le titre de psychothérapeute ? Si oui, son inscription au registre national doit exister, puisqu’elle est obligatoire avant tout usage du titre. Deuxième question : le but est-il d’obtenir un remboursement par l’Assurance Maladie ? Le dispositif Mon soutien psy, décrit plus haut, passe par un psychologue partenaire. Pour en trouver un, il est possible de filtrer la recherche par localisation géographique et de repérer un professionnel à proximité.
Troisième vérification : le mot choisi par le praticien pour se présenter. Psychopraticien est libre d’emploi, ce qui n’en fait pas un gage de qualité, ni un signe de manque de sérieux. Cela signifie seulement que la loi ne s’appuie pas sur ce mot. Demander au professionnel son parcours de formation, et s’il est inscrit au registre ou conventionné, permet de lever le doute.
Les situations d’urgence relèvent d’un autre registre. Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible 24h/24 et 7j/7, gratuitement, en France entière. Un professionnel du soin, spécifiquement formé à la prévention du suicide, y répond, et le numéro est piloté par le ministère en charge de la santé. En cas de danger immédiat, il faut appeler le 15.
Questions fréquentes sur le psychopraticien
Un psychopraticien peut-il se faire appeler psychothérapeute ?
Non, pas sans inscription préalable au registre national des psychothérapeutes. Cette démarche suppose une formation en psychopathologie clinique, dont 400 heures de théorie et un stage de 5 mois minimum dans des services agréés.
À partir de quel âge Mon soutien psy est-il accessible ?
Dès l’âge de 3 ans. On peut intégrer le dispositif en prenant directement rendez-vous avec un psychologue partenaire.
Un psychologue partenaire peut-il facturer un dépassement d’honoraires ?
Non, pas dans ce cadre. Les tarifs sont opposables et fixés par convention avec l’Assurance Maladie. La C2S supprime en outre tout reste à charge.
Qui n’est pas concerné par Mon soutien psy ?
Le dispositif ne convient pas notamment aux personnes en invalidité pour motif psychiatrique, à celles qui vivent avec une affection longue durée pour motif psychiatrique, ni à celles qui ont des antécédents psychiatriques sévères lors des 3 dernières années. Il est conçu pour des troubles tels qu’un trouble anxieux d’intensité légère à modérée.
Combien de personnes consultent un psychopraticien ?
La réponse publiée en 2018 à l’Assemblée nationale évoquait environ 7 000 professionnels, pour un recours annuel au-delà de 150 000 personnes. Ces données datent de 2018.
Le 3114 est-il payant ?
Non. Le 3114 est gratuit, accessible 24h/24 et 7j/7 dans toute la France, avec un professionnel du soin formé à la prévention du suicide à l’écoute.
Sources
- ARS Île-de-France, « Usage du titre de psychothérapeute », consultée le 15 octobre 2026, https://www.iledefrance.ars.sante.fr/usage-du-titre-de-psychotherapeute
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy », https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy (consultée le 15 octobre 2026)
- Assemblée nationale, « Question n° 10253 : Enregistrement au RNCP, Psycho-praticien », réponse publiée le 4 septembre 2018, consultée le 15 octobre 2026, https://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-10253QE.htm
- info.gouv.fr, « Mon soutien psy : 12 séances remboursées, conditions et accès », https://www.info.gouv.fr/actualite/mon-soutien-psy-12-seances-remboursees-par-an, page consultée le 15 octobre 2026
- 3114.fr, « Numéro national de prévention du suicide, 3114 », consultée le 15 octobre 2026, https://3114.fr/
- ARS Bretagne, « Psychothérapeute », https://www.bretagne.ars.sante.fr/psychotherapeute, consultée le 15 octobre 2026


