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Repère SantéRemboursements et droits des assurés
Publié
15 octobre 2026
Lecture
8 min

Remboursement psychologue : combien de séances la Sécu prend-elle en charge ?

Remboursement psychologue : combien de séances la Sécu prend-elle en charge ?

Consulter un psychologue peut peser sur un budget, d’autant que tous les praticiens ne sont pas conventionnés. Un dispositif d’accompagnement psychologique existe, mais il s’accompagne de conditions strictes, côté patient comme côté praticien. Le remboursement psychologue ne vaut donc pas pour tous les professionnels ni pour toutes les situations, et la part de la mutuelle reste à comprendre. Voici ce que nous détaillons : les séances couvertes, les conditions d’accès, le rôle de la complémentaire, puis la comparaison avec le psychiatre.

En bref.

  • La Sécurité sociale prend en charge jusqu’à 12 séances par année civile chez un psychologue conventionné, soit un entretien d’évaluation et 11 séances de suivi, à 50 € la séance, remboursées à 60 % (30 €).
  • Aucune orientation du médecin traitant n’est nécessaire : le patient choisit librement son psychologue conventionné.
  • Le dispositif s’adresse aux souffrances psychiques légères à modérées, dès 3 ans ; les situations graves, comme un risque suicidaire, en sont exclues.
  • La complémentaire santé responsable finance généralement les 40 % restants ; un psychologue non conventionné n’est pas remboursé du tout.
  • Chez un psychiatre, le remboursement dépend de l’âge, du secteur et du parcours de soins : 36,50 € pour une consultation à 55 € en secteur 1 après 25 ans.

Remboursement psychologue : de quoi parle-t-on exactement ?

Le remboursement psychologue, c’est la prise en charge par l’Assurance maladie de séances menées par un psychologue conventionné, dans le cadre d’un dispositif d’accompagnement psychologique. Un psychologue est diplômé de l’université, mais n’est pas médecin : il ne peut ni poser un diagnostic médical ni prescrire de médicaments. Cette différence explique que le dispositif vise des difficultés d’intensité légère à modérée.

Le praticien doit remplir trois conditions, selon Service-Public : avoir signé une convention avec l’organisme local de l’Assurance maladie, exercer en libéral ou être salarié d’une structure coordonnée (maison de santé pluriprofessionnelle ou centre de santé), et justifier d’au moins 3 ans d’expérience clinique ainsi que d’une formation en psychologie clinique ou en psychopathologie.

Un psychologue qui ne remplit pas ces conditions garde le droit d’exercer, mais pratique des tarifs libres que l’Assurance maladie ne rembourse pas. Il en va de même des psychanalystes et des psychothérapeutes qui ne sont ni médecins ni psychologues. Vérifier la convention avant le premier rendez-vous évite donc une mauvaise surprise sur la facture.

Combien de séances de remboursement psychologue par an ?

Le plafond du remboursement psychologue est de 12 séances par année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Il n’y a qu’une séance par jour pour un même patient, et aucune limite pour un enfant en affection de longue durée (ALD). Le compteur repart à zéro chaque 1er janvier : un suivi commencé en novembre peut donc reprendre en janvier avec de nouvelles séances.

ÉlémentValeur
Entretien d’évaluation (1re séance)50 €
Séance de suivi50 €, 11 au maximum
Remboursement Assurance maladie60 %, soit 30 €
Part habituellement financée par la complémentaire40 %

Prenons le cas d’un suivi complet : une évaluation et 11 séances de suivi font 12 séances à 50 €, soit 600 €. À 30 € remboursés par séance, l’Assurance maladie verse 360 €. Il reste 240 € (20 € par séance) pour la complémentaire santé responsable, qui finance généralement ces 40 %. Sans mutuelle, ces 240 € restent à la charge du patient.

Le tiers payant est obligatoire, avec une prise en charge à 100 % et sans avance de frais, dans trois cas : une ALD pour un motif autre que psychiatrique lorsque le soutien psychologique figure au protocole de soins, une grossesse à partir du 6e mois, et un accident du travail ou une maladie professionnelle. Les séances en centre médico-psychologique relèvent d’une logique différente : elles sont prises en charge par la Sécurité sociale, comme le détaille notre page sur le CMP.

Qui peut en bénéficier, et faut-il une orientation ?

Aucune orientation du médecin traitant n’est requise. Le patient prend rendez-vous lui-même avec le psychologue conventionné de son choix, dont la liste est consultable sur service-public.gouv.fr. Le médecin traitant n’est pas écarté pour autant : avec l’accord du patient, le psychologue lui adresse un échange écrit à l’issue de l’entretien d’évaluation, puis après la dernière séance de suivi.

Chez l’adulte, la souffrance psychique doit rester dans une zone légère à modérée. La page de Service-Public cite notamment un trouble anxieux ou dépressif léger à modéré, un mésusage de tabac, d’alcool ou de cannabis hors dépendance, et un trouble du comportement alimentaire sans signe de gravité. Pour un patient sous psychotropes, l’accompagnement reste possible, mais un avis psychiatrique est nécessaire. Cet avis n’est pas exigé pour des antidépresseurs pris depuis moins de 6 mois, ni pour des hypnotiques ou des benzodiazépines pris depuis moins d’un mois.

Chez l’enfant et l’adolescent, de 3 à 17 ans inclus, le dispositif couvre un mal-être ou une souffrance psychique qui inquiète l’entourage. Les modalités propres aux mineurs sont détaillées dans notre article sur le psychologue pour un enfant et l’accord des parents. Les séances peuvent se tenir en visioconsultation, sauf l’entretien d’évaluation, qui a lieu en présence.

Dans quels cas le dispositif ne s’applique-t-il pas ?

Les exclusions pour un adulte sont nombreuses : risque suicidaire, formes sévères de troubles dépressifs ou anxieux, troubles du comportement alimentaire graves, troubles neurodéveloppementaux sévères, antécédents psychiatriques sévères dans les 3 ans, dépendance aux substances psychoactives. S’y ajoutent une ALD ou une invalidité pour motif psychiatrique et un arrêt de travail de plus de 6 mois pour motif psychiatrique, lorsque ces situations ont existé depuis moins de 2 ans.

Pour les enfants et adolescents, le dispositif ne convient pas aux situations qui exigent un avis psychiatrique : risque suicidaire, formes sévères, troubles externalisés sévères, retrait majeur, troubles neurodéveloppementaux, dépendance aux substances. Il ne convient pas non plus lorsque le suivi se fait déjà en pédopsychiatrie ou en psychiatrie, en cas d’ALD psychiatrique, ou si ces situations datent de moins de 2 ans. Sur ce dernier point, notre page sur l’ALD psychiatrique explique le fonctionnement de ce statut.

Si le psychologue estime en cours de suivi qu’un suivi psychiatrique est nécessaire, il en informe le patient et, avec son accord, le médecin. En situation de crise ou de pensées suicidaires, ne pas attendre un rendez-vous : le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ou le 15 répondent à tout moment.

Remboursement psychologue : quelle part pour la mutuelle ?

Pour une séance à 50 €, la mutuelle intervient sur les 20 € qui restent après les 30 € de l’Assurance maladie. Service-Public indique que la complémentaire santé responsable finance généralement ces 40 %, sans en faire une obligation légale pour cette prestation. La règle de base d’un contrat responsable, elle, est écrite : il prend obligatoirement en charge le ticket modérateur, c’est-à-dire la part restée à la charge de l’assuré après le remboursement de l’Assurance maladie.

Le niveau réel varie donc selon le contrat, et le plus sûr est de lire le tableau de garanties ou d’interroger l’organisme avant la première séance. Pour un psychologue non conventionné, l’Assurance maladie ne rembourse rien. Les personnes à faibles ressources peuvent, sous conditions, bénéficier de la complémentaire santé solidaire.

Remboursement d’un psychiatre : en quoi est-ce différent ?

Le psychiatre est un médecin spécialisé : il peut établir un diagnostic et prescrire des médicaments, dont les psychotropes. Son remboursement suit les règles d’une consultation médicale classique et dépend de l’âge du patient, du secteur d’exercice et du respect du parcours de soins. Pour les 16-25 ans, la consultation est possible sans passer par le médecin traitant, avec un remboursement normal. Après 25 ans, la consultation sans orientation reste possible, mais le remboursement baisse.

Plus de 25 ans (métropole)TarifRemboursement
Secteur 1, accès direct ou parcours de soins55 €36,50 €
Secteur 1, consultation complexe60 €40 €
Secteur 2 (honoraires libres)42,50 €27,75 €
Hors parcours de soins, secteur 161 € maximum (base 50 €)13 €
Hors parcours de soins, secteur 242,50 €10,75 €

Ces montants tiennent compte de la participation forfaitaire de 2 €, due à chaque consultation, dans la limite de 35 participations par année civile. Pour les moins de 25 ans en secteur 1, le tarif est de 75 €, remboursés 52,50 € pour les moins de 18 ans et 50,50 € à partir de 18 ans. Les tarifs peuvent varier selon le lieu de soins, et la page renvoie à ameli.fr pour les départements d’outre-mer.

La comparaison des deux professionnels tient donc en une phrase : le psychiatre soigne et prescrit avec un remboursement variable, le psychologue accompagne avec un plafond de séances et un tarif fixe. Une consultation à distance peut aussi se faire avec un psychiatre, comme l’explique notre page sur le psychiatre en ligne.

Questions fréquentes

Le remboursement psychologue s’applique-t-il à un praticien non conventionné ?

Non. Un psychologue non conventionné pratique des tarifs libres, que l’Assurance maladie ne rembourse pas. Il en va de même des psychanalystes et des psychothérapeutes qui ne sont ni médecins ni psychologues. Mieux vaut demander la convention avant de réserver.

Le médecin traitant doit-il donner son accord ?

Non, le patient choisit librement son psychologue conventionné, sans accord ni lettre d’orientation. Un échange écrit entre le psychologue et le médecin traitant a lieu à l’issue de l’entretien d’évaluation et de la dernière séance, avec l’accord du patient.

Peut-on faire deux séances le même jour ?

Non, le dispositif prévoit une seule séance par jour pour un même patient. Les 12 séances annuelles s’étalent donc sur au moins 12 jours différents.

Les séances restantes se reportent-elles d’une année sur l’autre ?

Non. Le plafond de 12 séances s’apprécie par année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Seul l’enfant en ALD n’est soumis à aucune limite.

Peut-on consulter en visioconsultation ?

Oui, les séances de suivi peuvent se faire par visioconsultation. L’entretien d’évaluation, lui, ne peut pas se faire à distance.

Faut-il avancer les frais ?

Le tiers payant, sans avance de frais et avec une prise en charge à 100 %, n’est obligatoire que dans trois cas : grossesse à partir du 6e mois, accident du travail ou maladie professionnelle, et ALD non psychiatrique si le soutien psychologique figure au protocole de soins.

Sources

  1. Service-Public.gouv.fr, « Accompagnement psychologique : psychiatre ou psychologue ? », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34917, consultée le 15 octobre 2026.
  2. Service-Public.gouv.fr, « Ticket modérateur, forfaits et franchises médicales », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F165, consultée le 15 octobre 2026.
  3. Service-Public.gouv.fr, « Complémentaire santé (mutuelle) », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20314, consultée le 15 octobre 2026.

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