- Rubrique
- Santé mentale
- Publié
- 28 octobre 2026
- Lecture
- 7 min
- Rédaction
- La rédaction de Repère Santé
Psychologue pour un enfant : faut-il l’accord des deux parents ?

Emmener un enfant chez un psychologue paraît simple, jusqu’au jour où les parents ne sont pas d’accord, ou ne vivent plus ensemble. Dès lors, la démarche touche à la santé de l’enfant, donc à l’autorité parentale. Le psychologue exige-t-il l’accord des deux parents ? Le droit repose ici sur une distinction qui ne se devine pas. Faute de la connaître, beaucoup hésitent entre agir seul et attendre que l’autre parent se décide, sans savoir ce que la loi permet vraiment.
En bref.
- Pour consulter un psychologue pour un enfant, l’accord est exigé quand la démarche relève d’un acte « non usuel » ; pour un acte usuel, un seul parent peut agir et l’autre est présumé d’accord. La liste officielle d’exemples ne range pas la consultation d’un psychologue dans l’une ou l’autre catégorie.
- Une séparation ne modifie pas l’autorité parentale : les deux parents gardent les mêmes droits et devoirs.
- En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales se saisit sans avocat obligatoire, au tribunal judiciaire du lieu de résidence habituelle de l’enfant.
- Pour un enfant de 3 à 17 ans, un psychologue conventionné facture 50 € la séance, dont 30 € remboursés par l’Assurance maladie, dans la limite de 12 séances par année civile.
- Aucun passage par le médecin traitant n’est nécessaire pour consulter un psychologue.
Que veut dire « autorité parentale conjointe » pour la santé d’un enfant ?
L’autorité parentale regroupe les droits et devoirs des parents envers leur enfant mineur, à exercer dans son intérêt : sa sécurité, sa santé, sa vie privée, son éducation. En principe, les deux parents l’exercent en commun. Ce principe vaut qu’ils vivent ensemble ou séparément. Consulter un psychologue pour un enfant, c’est donc une décision qui découle de cet exercice en commun : une consultation psychologique pour un mineur touche à sa santé, et les décisions de santé relèvent de l’autorité parentale.
Pour les décisions qui concernent la personne de l’enfant, Service-public distingue deux familles d’actes. Les actes usuels peuvent être accomplis par un seul parent. Les actes non usuels « nécessitent l’accord des 2 parents ». Voici les exemples donnés :
| Catégorie | Exemples cités par Service-public |
|---|---|
| Acte usuel | soins courants, vaccinations obligatoires, inscription scolaire, papiers d’identité |
| Acte non usuel | traitement médical lourd, intervention chirurgicale prévue, changement d’orientation scolaire, sport dangereux |
Ces listes sont des exemples, pas un catalogue complet : elles servent de repère pour situer une démarche que le texte ne nomme pas.
Un suivi chez un psychologue est-il un acte usuel ou non usuel ?
Le recours à un psychologue pour un enfant ne figure ni parmi les actes usuels ni parmi les actes non usuels cités. Aucune qualification écrite ne permet donc d’affirmer qu’un seul parent suffit. Quand les deux parents sont joignables, rechercher l’accord de l’autre reste la voie la plus sûre pour éviter un conflit ultérieur.
La règle protège aussi le professionnel. Pour un acte usuel, le parent qui agit est présumé avoir l’accord de l’autre face à un tiers, par exemple un médecin ou une école. Le tiers n’a pas à s’assurer de cet accord. En revanche, un parent peut informer ce tiers de son désaccord, et celui-ci ne pourra alors plus agir. Le parent qui accomplit seul un acte usuel doit en informer l’autre, par tout moyen.
Cette présomption ne vaut que pour les actes usuels. Si la démarche est jugée non usuelle, l’accord des deux parents reste exigé.
Pour une situation de crise (idées suicidaires, mise en danger), la démarche ne se discute pas entre parents : le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ou le 15 répondent immédiatement.
Que change la séparation des parents pour un psychologue d’un enfant ?
La séparation ne modifie pas l’autorité parentale : l’accord des deux parents pour un psychologue pour un enfant reste donc la logique de départ. Les deux parents gardent les mêmes droits et devoirs, et doivent maintenir la relation de l’enfant avec l’autre parent. Service-public attend d’eux qu’ils communiquent et décident ensemble des questions importantes, comme la résidence de l’enfant, les temps de présence chez chacun et la contribution à son entretien.
Le parent qui n’a pas l’exercice de l’autorité parentale est dans une situation différente. Quand un seul parent l’exerce, il décide seul et n’a pas à consulter l’autre. Celui-ci conserve toutefois le droit et le devoir de surveiller l’entretien et l’éducation de l’enfant, et doit être informé des choix importants. Il garde l’autorité parentale sans en avoir l’exercice, ce qui n’équivaut pas à un retrait.
D’autres situations changent la donne. Au décès d’un parent, l’autre exerce seul l’autorité parentale. Un parent hors d’état de manifester sa volonté est privé de l’exercice, ce que constate un juge. En cas de reconnaissance de l’enfant plus d’un an après la naissance, le premier parent reconnu reste seul investi, sauf attribution possible de l’exercice au second.
Que faire si les parents ne s’entendent pas sur le psychologue de leur enfant ?
Quand le désaccord sur le choix d’un psychologue pour un enfant ne se résout pas à l’amiable, il porte sur la personne de l’enfant, et la saisine du juge aux affaires familiales (JAF) est la voie prévue. Elle se fait sans avocat obligatoire. Le juge compétent est celui du tribunal judiciaire du lieu de résidence habituelle de l’enfant ; si les parents vivent ensemble, celui du lieu de résidence familiale. Service-public propose pour cela un formulaire de demande au JAF (R15764) et une requête dédiée au désaccord sur un acte (R48339).
La médiation familiale est une autre voie, sauf en cas de violences. Des parents qui s’entendent peuvent aussi rédiger une convention parentale et demander au JAF de l’homologuer, ce qui la rend exécutoire.
Le juge peut trancher le désaccord, modifier la résidence de l’enfant ou le droit de visite, fixer une pension, ou confier l’exercice de l’autorité parentale à un seul parent. Un parent qui fait délibérément obstacle à l’autre s’expose, selon Service-public, à une amende pouvant atteindre 10 000 €.
Comment les séances d’un enfant chez le psychologue sont-elles remboursées ?
L’Assurance maladie prend en charge les séances chez un psychologue conventionné pour les enfants et adolescents de 3 à 17 ans inclus, à deux conditions cumulatives : l’âge, et un mal-être ou une souffrance psychique qui inquiète l’entourage. Le détail du dispositif figure dans notre article sur le remboursement d’un psychologue.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Tarif conventionné | 50 € par séance |
| Remboursement Assurance maladie | 30 €, soit 60 % |
| Part généralement financée par une complémentaire santé responsable | 40 % |
| Limite annuelle | 12 séances par année civile |
| Enfant en ALD | pas de limite |
| Séances par jour | une seule pour un même patient |
La première séance est un entretien d’évaluation : le psychologue y évalue les besoins et propose un nombre de séances. Des exclusions existent, notamment le risque suicidaire, les formes sévères de troubles, les troubles neurodéveloppementaux sévères, la prise en charge en pédopsychiatrie ou psychiatrie et l’ALD psychiatrique. Les séances en CMP sont également prises en charge : voir le CMP, centre médico-psychologique. Une autre voie, sans frais, est décrite dans l’écoute psychologique gratuite.
Questions fréquentes
Un psychologue peut-il refuser de recevoir un enfant si un parent s’y oppose ?
Pour un psychologue pour un enfant, le cas d’un acte usuel est le seul où un parent peut informer le professionnel de son désaccord, et celui-ci ne pourra plus agir. Le professionnel n’a pas à vérifier l’accord de l’autre parent tant qu’aucune opposition ne lui est signalée. Une opposition connue de lui change donc sa situation.
Faut-il un avocat pour saisir le juge aux affaires familiales ?
Non. L’avocat n’est pas obligatoire pour saisir le JAF sur un désaccord concernant la personne de l’enfant. Le formulaire de demande au JAF (R15764) est proposé sur Service-public.
Le parent qui n’a pas l’exercice de l’autorité parentale doit-il être informé ?
Oui. Il conserve le droit et le devoir de surveiller l’entretien et l’éducation de l’enfant, et doit être informé des choix importants. Il ne décide pas, mais il ne peut pas être tenu à l’écart.
Faut-il passer par le médecin traitant pour que l’enfant voie un psychologue ?
Non. La consultation d’un psychologue est possible sans accord du médecin traitant. Après l’accord du patient, un échange écrit avec le médecin traitant a lieu à l’issue de l’évaluation et de la dernière séance.
Les séances peuvent-elles se faire en visioconférence ?
Oui, par vidéotransmission, sauf pour l’entretien d’évaluation qui ouvre le suivi. Le remboursement suit les mêmes règles que pour une séance en cabinet.
Que se passe-t-il si un parent est décédé ?
L’autre parent exerce seul l’autorité parentale, donc l’accord d’un second parent n’est plus requis. Sans parent survivant, une tutelle est mise en place.
Sources
- Service-public.fr, « Autorité parentale », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3132, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.fr, « Autorité parentale après une séparation », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3133, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.fr, « Consulter un psychologue ou un psychiatre : quelle prise en charge par l’Assurance maladie ? », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34917, consultée le 15 octobre 2026.


