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Repère SantéRemboursements et droits des assurés
Publié
18 octobre 2026
Lecture
7 min

CMP centre médico-psychologique : à quoi sert-il et qui y est reçu ?

CMP centre médico-psychologique : à quoi sert-il et qui y est reçu ?

Quand une difficulté psychique s’installe, la première porte à pousser n’est pas toujours évidente : cabinet libéral, médecin traitant, hôpital ? Les sigles se ressemblent, CMP, CMPP, hôpital de jour, et beaucoup ne savent pas quelle structure répond à quel besoin. Le CMP, centre médico-psychologique, relève du secteur public. Il a ses propres règles de rattachement, de coût et d’orientation, ce qui le distingue des autres lieux de soin. Sans ces repères, difficile de savoir à quelle porte frapper.

En bref.

  • Un cmp centre médico-psychologique est un lieu de soin public où toute personne en difficulté psychique peut consulter ; chacun dépend du CMP de son lieu d’habitation et peut le contacter directement.
  • Les consultations y sont gratuites et entièrement financées par la Sécurité sociale, selon Psycom.
  • L’équipe réunit des soignants (psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes) et des professionnels du social (assistants de service social, éducateurs).
  • Pour les enfants et les jeunes de 0 à 20 ans, le CMPP propose des consultations gratuites, sur appel direct des familles.
  • À la différence du CMP, l’hôpital de jour demande d’être adressé par son psychiatre.

Qu’est-ce qu’un cmp centre médico-psychologique ?

Le cmp centre médico-psychologique est un lieu de soin public sectorisé. Il propose des consultations médico-psychologiques et sociales à toute personne en difficulté psychique. Psycom le décrit comme le lieu central du soin dans le secteur public : les soins y sont majoritairement proposés sous forme de consultations, au plus près du domicile. Il existe des CMP pour adultes et des CMP pour enfants et adolescents.

Le mot « sectorisé » a un sens précis. La carte de France est découpée en secteurs de psychiatrie, et chaque personne relève du secteur correspondant à son lieu d’habitation. Un secteur adulte couvre environ 70 000 adultes. Un secteur infanto-juvénile couvre environ 210 000 jeunes, jusqu’à 16 ans, cette limite étant appliquée avec souplesse. Chaque secteur regroupe prévention, soins, post-cure et réadaptation, et l’offre varie d’un territoire à l’autre : composition des équipes, nombre de structures, soins proposés, délais d’attente.

Le CMP n’est qu’un maillon. Selon Psycom, la personne peut, si besoin, être orientée depuis le CMP vers une structure plus adaptée : centre d’accueil thérapeutique à temps partiel, hôpital de jour ou unité d’hospitalisation psychiatrique. Ces lieux appartiennent au même secteur public.

Faut-il une ordonnance ou une orientation pour aller en CMP ?

Aucune orientation préalable n’est mentionnée par Psycom : chaque personne peut contacter directement le CMP de son secteur. Le médecin généraliste ou le pédiatre peuvent orienter, mais ils ne constituent pas un passage obligé. Pour les enfants, les familles peuvent s’adresser directement à un service infanto-juvénile, qui peut, avec l’accord des parents, prendre contact avec la PMI, les pédiatres, l’école ou les services sociaux.

Le rattachement par le lieu d’habitation ne vous enferme pas. Le Code de la santé publique (article L. 3211-1), cité par Psycom, permet de s’adresser à l’équipe de son choix, à l’intérieur comme à l’extérieur de son secteur. Il existe d’ailleurs des lieux intersectoriels, accessibles depuis plusieurs secteurs, et des lieux non sectorisés, ouverts depuis n’importe quel secteur.

Les soins en CMP relèvent des soins libres, qui sont la règle dans le public comme dans le privé. Les soins sans consentement restent exceptionnels, encadrés par la loi et contrôlés ; ils ont leur propre procédure, que détaille notre article sur les soins psychiatriques sans consentement.

Qui travaille dans un CMP, et que s’y passe-t-il ?

L’équipe d’un CMP est pluriprofessionnelle. Psycom y cite des soignants (psychiatres, psychologues, infirmiers, orthophonistes, etc.) et des professionnels du social (assistants de service social, éducateurs, etc.). Les consultations sont donc à la fois médicales, psychologiques et sociales : une personne peut y rencontrer un psychiatre pour un suivi médical et une assistante sociale pour une démarche d’ouverture de droits.

Cette présence de l’équipe sociale compte pour les personnes sans couverture. Dans le secteur public, le coût des soins est majoritairement pris en charge par la Sécurité sociale, et Psycom indique que les personnes non couvertes peuvent demander une ouverture de droits auprès d’un service social.

Les pratiques d’une équipe à l’autre ne sont pas uniformes. Psycom note que la formation des professionnels est identique dans le public et le privé, mais que les courants de pensée sont très divers et que les pratiques varient beaucoup. Rien n’empêche donc de poser, au premier contact, des questions sur le déroulement des consultations et sur l’équipe.

Un CMP est-il vraiment gratuit ?

Les consultations en CMP sont gratuites et entièrement financées par la Sécurité sociale, selon Psycom. C’est ce qui distingue le plus nettement ce lieu du cabinet libéral. Le tableau suivant met en regard les montants indiqués par Service-public pour la consultation d’un psychiatre ou d’un psychologue en ville.

ConsultationTarifPrise en charge de l’Assurance maladie
CMP (secteur public)gratuitefinancée par la Sécurité sociale
Psychiatre en ville, secteur 1, plus de 25 ans, dans le parcours de soins55 €remboursés à 36,50 € (après déduction de la participation forfaitaire de 2 €)
Psychiatre en ville, secteur 1, moins de 18 ans75 €remboursés à 52,50 €
Psychologue conventionné (séance, jusqu’à 12 par année civile)50 €30 € (60 %)

Service-public précise aussi que la consultation d’un psychiatre en CMP est prise en charge par l’Assurance maladie. Le même texte rappelle que, hors parcours de soins coordonné, seuls les 16 à 25 ans peuvent consulter un psychiatre sans passer par le médecin traitant avec un remboursement normal. Cette contrainte ne concerne pas le CMP, où le contact direct est possible. Pour le détail des séances chez un psychologue, voyez notre article sur le remboursement du psychologue.

Dans le secteur privé, Psycom indique que les honoraires et les séjours en clinique sont variables, que la Sécurité sociale rembourse à des taux variables et que la mutuelle peut compléter ; il est conseillé de demander le montant des honoraires au moment de la prise de rendez-vous.

Le CMPP, pour les enfants et les adolescents

Le CMPP, centre médico-psycho-pédagogique, propose des consultations aux enfants et adolescents qui présentent des difficultés psychiques, des troubles du comportement ou des difficultés d’apprentissage. Une équipe pluridisciplinaire y assure le dépistage, le diagnostic et la prise en charge de ces troubles. L’âge couvert va de 0 à 20 ans.

Comme pour le CMP, les consultations sont gratuites et financées par la Sécurité sociale, et les familles comme les jeunes peuvent appeler directement pour fixer un rendez-vous. L’équipe comprend des pédopsychiatres, des psychologues, des infirmiers, des psychomotriciens, des orthophonistes, des éducateurs et des assistants de service social. La différence avec un CMP pour enfants tient donc surtout à la tranche d’âge couverte, au rattachement et à l’accent mis sur les apprentissages, mais Psycom ne détaille pas davantage la comparaison.

Pour les adolescents, d’autres lieux existent : les Maisons des adolescents (MDA), les Points accueil écoute jeunes (PAEJ) et, pour les étudiants, les Bureaux d’aide psychologique universitaires (BAPU). Au-delà de 16 ans, les jeunes sont accueillis dans les secteurs adultes.

Cmp centre médico-psychologique ou hôpital de jour : quelle différence ?

L’hôpital de jour est une alternative à l’hospitalisation complète. Il permet de maintenir la personne dans son environnement et de prévenir les périodes de crise. Il s’adresse aux personnes dont l’état nécessite des soins pendant la journée et qui peuvent vivre chez elles. Elles y viennent une ou plusieurs demi-journées par semaine, selon leurs besoins, auprès d’une équipe soignante, et peuvent participer à des activités thérapeutiques animées par des infirmiers ou des éducateurs.

Le premier écart est l’accès. Au CMP, on peut prendre contact directement ; à l’hôpital de jour, selon Psycom, la personne doit être adressée par son psychiatre. Le second écart est le rythme : le CMP propose des consultations, l’hôpital de jour des demi-journées de soins et d’activités. Le CMP peut d’ailleurs jouer le rôle de porte d’entrée, puisqu’il peut orienter vers l’hôpital de jour. Notre article sur l’hôpital de jour en psychiatrie détaille cette étape.

En cas de crise, le CMP n’est pas le bon interlocuteur : voyez les urgences psychiatriques, le 3114 ou le 15.

Questions fréquentes

Comment trouver le CMP de son secteur ?

Le CMP dépend du lieu d’habitation. Psycom précise qu’aucun dispositif en ligne ne recense l’ensemble des structures de soins en France et recommande le moteur de recherche Retab.fr.

Peut-on consulter un CMP hors de son secteur ?

Oui. L’article L. 3211-1 du Code de la santé publique, cité par Psycom, permet de s’adresser à l’équipe de son choix, à l’intérieur comme à l’extérieur de son secteur.

Faut-il une mutuelle pour aller dans un cmp centre médico-psychologique ?

Non, les consultations sont gratuites et financées par la Sécurité sociale. Une personne sans couverture peut demander une ouverture de droits auprès d’un service social.

Un CMP peut-il prescrire des médicaments ?

Un psychiatre y consulte, et Service-public indique que le psychiatre, médecin, peut prescrire des médicaments, ce que ne peut pas faire un psychologue.

À partir de quel âge peut-on aller dans un CMPP ?

Le CMPP accueille les jeunes de 0 à 20 ans, et les familles peuvent appeler directement pour un rendez-vous.

Quelle différence entre un psychiatre en CMP et un psychologue conventionné ?

Le psychiatre est médecin et peut prescrire ; le psychologue ne le peut pas. Chez un psychologue conventionné, le dispositif est limité à 12 séances par année civile pour les souffrances légères à modérées (Service-public). En CMP, aucun plafond de séances n’est indiqué par Psycom.

Sources

  1. Psycom, « Centre médico-psychologique (CMP) », https://www.psycom.org/sorienter/le-dictionnaire-des-lieux/centre-medico-psychologique-cmp/, consultée le 15 octobre 2026.
  2. Psycom, « Centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) », https://www.psycom.org/sorienter/le-dictionnaire-des-lieux/centre-medico-psycho-pedagogique-cmpp/, consultée le 15 octobre 2026.
  3. Psycom, « Hôpital de jour (HJ) », https://www.psycom.org/sorienter/le-dictionnaire-des-lieux/hopital-de-jour-hj/, consultée le 15 octobre 2026.
  4. Psycom, « L’organisation des soins », https://www.psycom.org/sinformer/le-retablissement/les-soins/lorganisation-des-soins/, consultée le 15 octobre 2026.
  5. Psycom, « Les structures de soins et d’accompagnement en France », https://www.psycom.org/sorienter/les-annuaires-locaux/les-structures-de-sante-mentale/, consultée le 15 octobre 2026.
  6. Service-public.fr, « Psychiatre ou psychologue : quelle prise en charge par l’Assurance maladie ? », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34917, consultée le 15 octobre 2026.
  7. Service-public.fr, « Soins psychiatriques sans consentement », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F761, consultée le 15 octobre 2026.

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