- Rubrique
- Santé mentale
- Publié
- 19 octobre 2026
- Lecture
- 8 min
- Rédaction
- La rédaction de Repère Santé
Hôpital de jour en psychiatrie : comment ça marche, et que paie-t-on ?

Entre le rendez-vous en cabinet et l’hospitalisation complète, il existe une troisième voie : des soins en journée, sans passer la nuit à l’hôpital. Quand on vous propose l’hôpital de jour, les questions concrètes arrivent vite. Qui peut vous y adresser ? À quelle fréquence faudra-t-il s’y rendre ? Que restera-t-il à votre charge ? Et comment s’organisent l’ALD, le transport, l’arrêt de travail ? Ces points pratiques pèsent souvent autant que le soin lui-même.
En bref.
- L’hôpital de jour en psychiatrie est une alternative à l’hospitalisation complète : la personne vient pour des soins en journée, une ou plusieurs demi-journées par semaine selon ses besoins, tout en vivant chez elle, et c’est son psychiatre qui l’y adresse.
- Pour les frais d’hospitalisation, l’Assurance maladie rembourse 80 % à l’hôpital public ou en clinique conventionnée ; dans un service de psychiatrie, le forfait journalier est de 17 € par jour et n’est pas remboursé par l’Assurance maladie.
- En affection de longue durée (ALD), les soins liés à l’affection sont remboursés à 100 % du tarif de la Sécurité sociale, mais le forfait hospitalier, la participation de 2 €, les franchises et les dépassements d’honoraires restent dus.
- Le transport sanitaire vers les soins d’une ALD est pris en charge sur prescription médicale quand l’état de la personne l’exige, avec une franchise de 4 € par transport.
- Pendant un arrêt de travail, les indemnités journalières représentent 50 % du salaire journalier de base, avec un délai de carence de 3 jours qui ne s’applique pas aux arrêts successifs liés à une ALD.
Qu’est-ce qu’un hôpital de jour en psychiatrie, et qui y adresse ?
Un hôpital de jour psychiatrie désigne un lieu de soins qui accueille des personnes ayant besoin de soins en journée mais pouvant vivre chez elles. Son but, tel que le décrit Psycom, est de maintenir la personne dans son environnement et de prévenir les périodes de crise. Il fait partie de l’offre publique de soins en psychiatrie, au même titre que le centre médico-psychologique, les CATTP, les centres d’accueil et de crise, les foyers de postcure ou les appartements thérapeutiques.
La personne y est adressée par son psychiatre. L’accès dépend de la sectorisation : la France est découpée en secteurs de psychiatrie, et chacun dépend du secteur correspondant à son lieu d’habitation. Un secteur adulte couvre environ 70 000 adultes, un secteur infanto-juvénile environ 210 000 jeunes, jusqu’à 16 ans. L’offre varie d’un secteur à l’autre : composition des équipes, nombre de structures, soins proposés, délais d’attente. Certains lieux sont intersectoriels, accessibles depuis plusieurs secteurs, ou non sectorisés, accessibles depuis n’importe lequel.
Le choix de l’équipe reste libre en principe : l’article L. 3211-1 du code de la santé publique permet de s’adresser à l’équipe de son choix, dans ou hors de son secteur, et une prise en charge hors secteur se discute avec les équipes concernées. Pour un premier contact, le centre médico-psychologique est présenté comme le lieu central du soin dans un secteur. En cas de crise, ce sont le 3114 ou le 15 qu’il faut appeler, et non un hôpital de jour, qui n’est pas un lieu d’urgence.
Comment se déroule une prise en charge en hôpital de jour ?
Dans un hôpital de jour psychiatrie, le rythme se règle sur les besoins de la personne : elle vient une ou plusieurs demi-journées par semaine. Elle y reçoit des soins et peut participer à des activités thérapeutiques. Les soins sont assurés par une équipe soignante qui compte des psychiatres et des psychologues, tandis que les activités thérapeutiques sont animées par des infirmiers, infirmières, éducateurs ou éducatrices.
L’hôpital de jour peut aussi s’inscrire dans un cadre imposé. Quand une personne est admise en soins psychiatriques sans consentement, un psychiatre de l’établissement propose, à l’issue de la période d’observation, soit une hospitalisation complète, soit une autre forme de soins : soins ambulatoires, soins à domicile, séjours en établissement ou hospitalisations partielles, avec un programme de soins. Le détail de ces mesures, de leurs durées et du contrôle du juge figure dans l’article sur les soins psychiatriques sans consentement.
Que paie-t-on en hôpital de jour en psychiatrie ?
Pour un hôpital de jour psychiatrie comme pour toute hospitalisation, la base est la suivante : à l’hôpital public ou en clinique conventionnée, l’Assurance maladie rembourse 80 % des frais, calculés sur le tarif conventionnel. Les 20 % restants, ainsi que certains suppléments ou dépassements d’honoraires, peuvent être couverts par la mutuelle selon le contrat. Sur 100 € de tarif conventionnel, l’Assurance maladie rembourse donc 80 € et il reste 20 € à la charge de la personne ou de sa complémentaire. En clinique non conventionnée, le reste à charge est plus important.
Le forfait journalier est dû pour chaque journée d’hospitalisation, y compris le jour de sortie. Il s’élève à 17 € par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé, contre 23 € dans les autres services, et l’Assurance maladie ne le prend pas en charge. Une complémentaire santé peut le rembourser en tout ou partie. Sans complémentaire et avec des ressources insuffisantes, il est possible de demander une aide à la CPAM ou la complémentaire santé solidaire. Service-public cite parmi les exonérés l’hospitalisation après un accident du travail ou une maladie professionnelle.
Les autres sommes possibles sur un relevé de soins :
| Somme | Montant | Plafond ou condition |
|---|---|---|
| Forfait journalier (service de psychiatrie) | 17 € par jour | non remboursé par l’Assurance maladie |
| Participation forfaitaire | 2 € par consultation ou acte | 35 par année civile, soit 70 € par an ; 4 par jour pour un même professionnel, soit 8 € |
| Franchise sur un transport sanitaire | 4 € par transport | 8 € par jour |
| Forfait pour actes lourds | 32 € | actes dont le tarif est d’au moins 120 € |
Les franchises sont plafonnées à 70 € par an et par personne, et la C2S en exonère. Ce que facture un établissement pour des venues en journée se demande au service des admissions avant la première séance.
Que change une ALD psychiatrique au reste à charge ?
Les affections psychiatriques de longue durée figurent dans la liste des ALD dites « ALD 30 ». Pour une ALD, les soins liés à l’affection sont remboursés à 100 % du tarif de la Sécurité sociale, dans la limite du plafond de remboursement : c’est l’exonération du ticket modérateur. Une hospitalisation liée à une ALD ouvre aussi droit à une prise en charge intégrale, hors le plus souvent le forfait hospitalier et les suppléments pour confort personnel. Voir aussi l’article sur l’ALD psychiatrique.
L’exonération suppose un protocole de soins établi par le médecin traitant avec les autres médecins qui suivent la personne, validé par le médecin-conseil de l’Assurance maladie, puis signé par le patient et présenté à chaque médecin consulté. La durée initiale d’exonération varie selon l’affection ; elle est renouvelable pour la même durée ou pour 10 ans, tant que des soins actifs sont nécessaires.
Restent à payer, même en ALD : les dépassements d’honoraires, la participation forfaitaire de 2 €, les franchises médicales, le forfait hospitalier et les médicaments à service médical rendu faible. La mutuelle peut couvrir le forfait hospitalier et les dépassements. Le tiers payant est automatique en ALD, sauf pour la participation forfaitaire et les franchises.
Le transport jusqu’à l’hôpital de jour est-il remboursé ?
Pour aller à un hôpital de jour psychiatrie, comme pour les autres soins ou examens liés à une ALD, le transport est pris en charge sur prescription médicale lorsque l’état de la personne le nécessite, par exemple si elle doit être allongée, sous oxygène ou sous surveillance. La prescription se demande donc au médecin avant de réserver un transport, et non après.
Quand le transport sanitaire est pris en charge, une franchise de 4 € par transport s’applique, dans la limite de 8 € par jour. Les mineurs et les bénéficiaires de la C2S en sont exonérés.
Peut-on être en arrêt de travail pendant la prise en charge ?
Un arrêt de travail est une décision médicale, indépendante du lieu de soins. S’il est prescrit, les indemnités journalières (IJ) de l’Assurance maladie représentent 50 % du salaire journalier de base et ne peuvent pas dépasser 42,97 € bruts par jour. Pour un arrêt de 6 mois ou moins, il faut avoir travaillé au moins 150 heures sur les 3 derniers mois civils.
Le délai de carence est de 3 jours pour chaque arrêt. Il ne s’applique pas en cas de reprise d’activité de moins de 48 heures entre deux arrêts, ni pour les arrêts successifs liés à une ALD, ce que détaille l’article sur le jour de carence en ALD. La durée maximale est de 12 mois sur 3 ans consécutifs dans le cas général et de 3 ans en cas d’ALD.
Questions fréquentes
Peut-on choisir un hôpital de jour psychiatrie hors de son secteur ?
Oui en principe : le code de la santé publique (article L. 3211-1) permet de s’adresser à l’équipe de son choix, dans ou hors du secteur. Une prise en charge hors secteur se discute avec les équipes concernées.
Le forfait journalier est-il remboursé par l’Assurance maladie ?
Non. Il n’est pas pris en charge par l’Assurance maladie, mais une complémentaire santé peut le rembourser en tout ou partie. Sans complémentaire, la CPAM peut accorder une aide, ou la complémentaire santé solidaire peut être demandée si les ressources sont insuffisantes.
Un hôpital de jour psychiatrie privé coûte-t-il plus cher ?
Les honoraires et les coûts de séjour en clinique sont variables. L’Assurance maladie prend en charge une partie des soins et la mutuelle peut compléter. Le montant des honoraires se demande à la prise de rendez-vous.
Combien de temps les indemnités journalières peuvent-elles être versées ?
Au maximum 12 mois sur 3 ans consécutifs dans le cas général, et 3 ans en cas d’ALD. Elles sont versées tous les 14 jours par la CPAM ou la MSA.
Mon employeur complète-t-il les indemnités journalières ?
Seulement sous conditions : un an d’ancienneté, un certificat médical transmis sous 48 heures, et ne pas être salarié saisonnier, intermittent ou temporaire. Le délai de carence est de 7 jours, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
Sources
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Hospitalisation : quels frais ? », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F200, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Soins pour troubles psychiatriques », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F761, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Ticket modérateur, forfait et franchises », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F165, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Prise en charge d’une affection de longue durée (ALD) par l’Assurance maladie », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34068, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Indemnités journalières en cas d’arrêt maladie », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3053, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr (DILA), « Tiers payant », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F167, consultée le 15 octobre 2026.
- Psycom, « Hôpital de jour », https://www.psycom.org/sorienter/le-dictionnaire-des-lieux/hopital-de-jour/, consultée le 15 octobre 2026.
- Psycom, « L’organisation des soins », https://www.psycom.org/sinformer/le-retablissement/les-soins/lorganisation-des-soins/, consultée le 15 octobre 2026.


