- Rubrique
- Santé mentale
- Publié
- 21 octobre 2026
- Lecture
- 8 min
- Rédaction
- La rédaction de Repère Santé
Urgences psychiatriques : numéro, accueil à l’hôpital et hospitalisation

Quand un proche bascule dans la détresse, la question se pose dans l’instant : qui appeler, où l’emmener. Une crise psychique laisse rarement le temps de chercher. Il existe pourtant un numéro national dédié, et l’hôpital accueille ces situations. Parfois, l’admission se fait sans l’accord de la personne, sous le contrôle du juge. Les premières heures de soins, puis les frais, qui varient d’un service à l’autre, restent mal connus, et l’on ne sait pas par où commencer.
En bref.
- En situation d’urgence psychiatrique, le 3114 répond jour et nuit, tous les jours de l’année, gratuitement, partout en France, et le 15 reste le numéro à composer pour une crise.
- À l’hôpital, une admission sans consentement suit soit une décision du directeur de l’établissement (à la demande d’un tiers ou en urgence), soit un arrêté du préfet.
- La période d’observation dure 72 heures au maximum, avec des certificats médicaux à 24 heures puis à 72 heures.
- Le juge contrôle systématiquement l’hospitalisation complète, au plus tard le 12e jour.
- En service psychiatrique, le forfait hospitalier est de 17 € par jour, contre 23 € dans les autres services.
Quel numéro joindre en cas d’urgence psychiatrique ?
Les urgences psychiatriques, c’est la prise en charge immédiate d’une crise psychique : un appel au 3114 ou au 15, puis, si nécessaire, un accueil et des soins à l’hôpital. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Il est piloté par le ministère chargé de la santé et joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, gratuitement, en France métropolitaine comme en outre-mer, via 18 centres de réponse. L’appel est reçu par un professionnel du soin formé à la prévention du suicide. Il s’adresse aux personnes en détresse ou ayant des pensées suicidaires, mais aussi aux proches qui veulent aider quelqu’un en souffrance.
Les échanges sont confidentiels : les informations partagées ne sont accessibles qu’aux personnes autorisées. En revanche, l’appel n’est pas anonyme, puisque le professionnel demande à la personne de s’identifier et de laisser ses coordonnées. Il pose des questions pour comprendre le besoin et évaluer la situation de la personne en danger ou de celle dont on s’inquiète.
Face à des urgences psychiatriques, en cas de danger immédiat, de crise ou de doute, le réflexe est de composer le 3114 ou le 15. Ce site explique des droits et des démarches : il ne remplace ni un avis médical ni l’appel à ces numéros.
Dans quels cas une admission se fait-elle sans consentement ?
Une personne peut être accueillie librement, mais lorsque ses troubles ne lui permettent pas de consentir aux soins, deux procédures existent. Selon service-public.gouv.fr, l’admission est décidée soit par le directeur de l’établissement, soit par le préfet (le préfet de police à Paris), qui prend alors un arrêté. Notre page sur les soins psychiatriques sans consentement détaille ce régime.
L’admission sur décision du directeur répond à deux situations. La première est la demande d’un tiers : les troubles mentaux rendent le consentement impossible et l’état de la personne exige des soins immédiats ainsi qu’une surveillance constante ou régulière. La seconde est l’urgence, lorsqu’il existe un risque grave pour la personne. L’admission sur décision du préfet vise des troubles qui nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent gravement atteinte à l’ordre public.
En cas de danger imminent, le maire (ou le commissaire de police à Paris) peut prendre une mesure provisoire, notamment d’hospitalisation, sur avis médical. Elle cesse d’être valable dans les 48 heures si le préfet ne la confirme pas.
Qui peut demander les soins, et avec quels certificats ?
Le tiers qui demande l’admission peut être un membre de la famille, le tuteur ou le curateur chargé de la protection à la personne, ou une personne agissant dans l’intérêt du patient et ayant eu une relation antérieure avec lui. La demande prend la forme d’une lettre manuscrite, signée et datée, adressée au directeur de l’établissement choisi. Elle mentionne l’identité, la profession, la date de naissance et le domicile du demandeur et du patient, ainsi que la nature de leur lien. Un demandeur qui ne peut pas écrire est reçu par le maire, le commissaire de police ou le directeur, qui lui en donne acte.
Dans le cas général, deux certificats médicaux de moins de 15 jours sont nécessaires, et le premier ne peut pas venir d’un médecin de l’établissement d’accueil. En urgence, un seul certificat suffit, y compris d’un médecin de l’établissement : cette voie reste exceptionnelle, réservée à un risque grave d’atteinte à l’intégrité de la personne. Lorsqu’aucun tiers ne peut demander l’admission, le directeur peut admettre sur un seul certificat, établi par un médecin extérieur à l’établissement et daté de moins de 15 jours.
Que se passe-t-il aux urgences psychiatriques pendant les 72 premières heures ?
La prise en charge commence par une période d’observation de 72 heures au maximum, en hospitalisation complète. Si la mesure s’avère injustifiée, elle peut être levée dans les 24 heures. Deux certificats de contrôle sont établis, l’un à 24 heures, l’autre à 72 heures.
Lorsqu’ils concluent au maintien des soins, un psychiatre propose soit une hospitalisation complète, soit une autre forme de prise en charge : soins ambulatoires, soins à domicile, séjours ou hospitalisations partielles, avec un programme de soins. Les structures de proximité comme le centre médico-psychologique ou l’hôpital de jour peuvent en faire partie.
Ensuite, le maintien dure un mois, renouvelable, sur décision du directeur (admission à la demande d’un tiers ou en urgence). Pour une admission décidée par le préfet, des certificats médicaux sont établis chaque mois, et un arrêté de maintien est requis avant la fin du premier mois, puis du troisième mois, puis tous les 6 mois, faute de quoi la mesure cesse de produire effet. Au-delà d’un an de soins continus, le maintien dépend d’une évaluation par un collège de professionnels, renouvelée chaque année.
Quels sont les droits du patient et le rôle du juge ?
Le tribunal judiciaire contrôle systématiquement toute hospitalisation complète, au plus tard le 12e jour, puis après 6 mois d’hospitalisation complète continue. Le juge peut mettre fin à l’hospitalisation ou la maintenir. En cas de levée, celle-ci peut être différée de 24 heures au plus, le temps d’établir un programme de soins si nécessaire. La levée peut aussi être demandée par le directeur, la commission départementale des soins psychiatriques, la famille, le tuteur ou le curateur, ou une personne ayant eu une relation antérieure avec le patient, sans oublier la sortie dès qu’un psychiatre certifie que les soins ne sont plus justifiés.
Des sorties de courte durée sont possibles pour favoriser la guérison, la réadaptation ou la réinsertion : jusqu’à 12 heures avec un accompagnant (personnel ou membre de la famille), jusqu’à 48 heures sans accompagnement. Pour une mesure préfectorale, le préfet peut s’opposer par écrit, de façon motivée, aux sorties non accompagnées, au plus tard 12 heures avant la date prévue. Au moins un proche, en priorité le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin, est informé du renouvellement des mesures par le médecin, dans le respect de la volonté du patient et du secret médical.
L’isolement et la contention sont des pratiques de dernier recours, réservées au danger pour le patient ou pour autrui, sur décision d’un psychiatre, sous surveillance stricte et uniquement en hospitalisation complète. Selon service-public.gouv.fr, leurs durées sont encadrées :
| Isolement | Contention | |
|---|---|---|
| Durée initiale | 12 h maximum | 6 h maximum |
| Renouvellement | jusqu’à 48 h au total | jusqu’à 24 h au total |
| Évaluations | 2 par 24 h | 2 par 12 h |
| Intervention du juge | avant la fin de 72 h | avant la fin de 48 h |
Au-delà de 48 h d’isolement (24 h de contention), le renouvellement reste exceptionnel et le directeur informe le tribunal. Le directeur saisit ensuite le juge avant l’expiration, qui autorise le maintien ou ordonne la mainlevée.
Combien coûtent les urgences psychiatriques puis l’hospitalisation ?
Le forfait hospitalier s’élève à 17 € par jour en service psychiatrique, contre 23 € par jour en hôpital ou en clinique dans les autres services. Il n’est pas remboursé par l’Assurance maladie : une complémentaire santé peut le prendre en charge, selon son contrat. Les autres frais d’hospitalisation en établissement conventionné sont remboursés à 80 % du tarif conventionnel.
À partir du 31e jour, après 30 jours consécutifs d’hospitalisation, la prise en charge passe à 100 %. Pour une hospitalisation de 10 jours en service psychiatrique, le forfait hospitalier représente donc 170 € (10 × 17 €). Un suivi au long cours peut ouvrir d’autres droits, comme l’ALD psychiatrique.
Côté démarches, un bulletin de situation ou d’hospitalisation doit être envoyé dans les 48 heures à l’employeur, à France Travail pour un demandeur d’emploi et à la caisse d’Assurance maladie. Si l’état de santé ne le permet pas, c’est l’établissement qui effectue ces démarches.
Questions fréquentes
Un proche peut-il appeler pour des urgences psychiatriques ?
Oui. Le 3114 s’adresse aussi aux proches qui souhaitent aider une personne en souffrance, et l’appel est gratuit. Le professionnel posera des questions sur la situation de la personne qui inquiète.
Peut-on appeler le 3114 anonymement ?
Non. Les appels sont confidentiels, mais le professionnel demande à la personne de s’identifier et de donner ses coordonnées. Les informations ne sont accessibles qu’aux personnes autorisées.
Combien de temps dure l’observation à l’arrivée ?
Au maximum 72 heures, en hospitalisation complète. Deux certificats de contrôle sont établis, à 24 heures et à 72 heures, et la mesure peut être levée dans les 24 heures si elle est injustifiée.
Qui peut mettre fin à une hospitalisation sans consentement ?
Pour une admission décidée par le directeur, il s’agit du directeur lui-même, notamment dès qu’un psychiatre certifie que les soins ne sont plus justifiés, ou du juge. Pour une admission décidée par le préfet, c’est le préfet lorsque le psychiatre constate la disparition des troubles, ou le juge.
Peut-on sortir de l’hôpital pendant les soins ?
Des sorties de courte durée sont prévues : jusqu’à 12 heures avec un accompagnant, jusqu’à 48 heures sans accompagnement. Pour une mesure préfectorale, le préfet peut s’y opposer par écrit, au plus tard 12 heures avant.
Que risque un directeur qui maintient une hospitalisation malgré le juge ?
Le directeur qui maintient une hospitalisation contre l’avis du juge ou du préfet encourt 1 an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende.
Sources
- 3114, Numéro national de prévention du suicide, « Accueil », https://3114.fr/, consultée le 15 octobre 2026.
- 3114, Numéro national de prévention du suicide, « Confidentialité et gratuité », https://3114.fr/confidentialite-et-gratuite/, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr, « Soins pour troubles psychiatriques », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F761, consultée le 15 octobre 2026.
- Service-public.gouv.fr, « Déroulement d’une hospitalisation et prise en charge par l’Assurance maladie », https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F200, consultée le 15 octobre 2026.


