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Un médecin généraliste peut-il prescrire un appareil auditif, ou faut-il passer par l’ORL ?

Un médecin généraliste peut-il prescrire un
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Mis à jour le 2 septembre 2026

Beaucoup de personnes qui commencent à moins bien entendre se demandent par quelle porte entrer dans le parcours de soins. La prescription d’un appareil auditif est l’ordonnance médicale qui ouvre droit au remboursement par l’Assurance Maladie et qui conditionne l’achat auprès d’un audioprothésiste. Généraliste ou spécialiste ORL, la réponse dépend en réalité d’un détail que peu de patients connaissent avant d’aller frapper à la porte d’un cabinet.

En bref : un médecin généraliste peut prescrire un appareil auditif, mais seulement s’il a suivi une formation spécifique en otologie, et cette possibilité concerne surtout les patients de 6 ans et plus. À défaut de cette formation, la prescription reste du ressort de l’ORL, qui demeure de fait l’interlocuteur le plus courant pour un premier appareillage.

Un généraliste peut-il légalement prescrire une aide auditive ?

Oui, mais à une condition précise : le médecin généraliste doit avoir suivi une formation spécifique en otologie pour être autorisé à établir cette ordonnance. Cette possibilité, ouverte par la réforme du 100 % Santé, vise notamment les patients à partir de 6 ans, sans que cela retire à l’ORL sa place dans le parcours.

Concrètement, tous les généralistes ne peuvent pas signer ce type d’ordonnance. Un cabinet de médecine générale classique, sans cette compétence complémentaire, orientera son patient vers un oto-rhino-laryngologiste. La question à poser directement à son médecin est donc simple : a-t-il suivi cette formation en otologie qui lui permet de couvrir ce champ d’action habituellement réservé au spécialiste ?

Que change la réforme du 100 % Santé sur cette prescription ?

Depuis le 1er janvier 2021, le dispositif du 100 % Santé encadre l’accès aux aides auditives de classe I, plafonnées à 950 € par oreille pour les adultes, avec un remboursement intégral dès lors que l’assuré dispose d’une complémentaire santé responsable. Pour en bénéficier, deux conditions cumulatives s’imposent : une ordonnance délivrée par un ORL ou par un généraliste formé en otologie, et un contrat responsable, ce qui couvre la grande majorité des mutuelles du marché.

Cette réforme a considérablement élargi l’accès à l’appareillage : le nombre de personnes équipées a fortement progressé entre 2019 et 2021 grâce à ce mécanisme de reste à charge zéro. Mais elle n’a pas supprimé le passage par le médecin : sans ordonnance, ni la Sécurité sociale ni la complémentaire ne remboursent quoi que ce soit, y compris pour un appareil de classe I.

Pourquoi l’ORL reste-t-il l’étape de référence pour un premier appareillage ?

Pour un premier diagnostic de perte auditive, l’ORL réalise un bilan complet qui permet de confirmer la nature du trouble et d’en mesurer la sévérité, légère, modérée ou plus marquée. Cette étape sert à écarter d’autres causes qu’une simple usure liée à l’âge, comme une pathologie de l’oreille moyenne ou interne, avant d’orienter vers l’appareillage.

La presbyacousie, cette perte progressive de l’audition liée à l’âge, touche une large part des personnes de plus de 65 ans et apparaît généralement après 60 ans. Face à ce tableau très fréquent, beaucoup de patients pensent pouvoir se contenter du généraliste dès le départ. Dans les faits, le parcours débute souvent par une consultation chez le médecin de famille, qui pose un premier constat avant, le cas échéant, d’orienter vers l’ORL pour confirmer le diagnostic et établir l’ordonnance qui déclenchera la prise en charge.

Quel est le rôle de l’audioprothésiste une fois l’ordonnance en main ?

L’ordonnance, qu’elle vienne du généraliste formé ou de l’ORL, ne dit rien sur le modèle d’appareil à choisir. C’est l’audioprothésiste qui prend le relais : il évalue la perte auditive, propose plusieurs essais gratuits et guide le choix entre les grandes familles d’appareils, contour d’oreille classique, contour à écouteur déporté ou modèle intra-auriculaire plus discret.

Avant tout engagement, l’audioprothésiste doit remettre un devis normalisé qui précise le prix de l’appareil, la classe dont il relève, les prestations de suivi incluses et la part que prendront en charge l’Assurance Maladie puis la complémentaire santé. Ce document permet de comparer objectivement plusieurs offres avant de signer, et il conditionne aussi le renouvellement, possible tous les 4 ans, période qui correspond à la durée de garantie minimale des appareils.

Combien coûte un appareil auditif et comment se répartit le remboursement ?

Le prix d’un appareil auditif de classe II, à la technologie plus avancée et au tarif libre, se situe le plus souvent entre 950 € et 2 000 € par oreille selon la marque et les options embarquées, bluetooth, réduction de bruit ou recharge rapide. Pour un équipement complet, la perte auditive étant fréquemment bilatérale, le budget total peut aller de 2 000 à 6 000 € selon le modèle retenu. Les appareils de classe I, eux, ont un prix plafonné à 950 € par oreille et sont intégralement couverts dès lors que le patient dispose d’une complémentaire responsable.

Le remboursement de l’Assurance Maladie repose sur une base fixée à 60 % d’un tarif de référence, qui varie selon le profil du patient. Le tableau ci-dessous récapitule ces montants.

Profil du patientBase de remboursement (par oreille)Remboursement Assurance Maladie (60 %)
Personne de plus de 20 ans400 €240 €
Moins de 20 ans, ou personne malvoyante sans limite d’âge1 400 €840 €
Bénéficiaire de la Complémentaire santé solidaire, plus de 20 ansPlafond de 800 €Prise en charge intégrale jusqu’à 800 €

Pour un appareillage des deux oreilles chez un adulte, cela représente 480 € versés par l’Assurance Maladie. Le solde, le ticket modérateur de 40 % de la base ainsi que l’éventuel dépassement sur un modèle de classe II, revient à la complémentaire santé ou reste à la charge du patient selon le niveau de garanties souscrit.

Dans quels cas le généraliste ne suffit-il pas ?

Un médecin généraliste, même formé en otologie, ne remplace pas un ORL face à une situation qui sort du cadre d’une perte auditive liée à l’âge ou stable dans le temps. Une baisse d’audition brutale, asymétrique entre les deux oreilles, accompagnée de vertiges, de douleurs ou d’un bourdonnement soudain justifie un examen spécialisé, avec un bilan audiométrique complet que le cabinet du généraliste n’est pas équipé pour réaliser.

De même, chez le jeune enfant, l’évaluation d’une surdité relève d’un suivi spécialisé plus poussé que ce que couvre la prescription ouverte au généraliste formé, réservée en pratique aux patients de 6 ans et plus. L’ORL garde aussi la main lorsque le patient a déjà été suivi pour une pathologie de l’oreille, ou lorsque le généraliste, même compétent en otologie, estime que le tableau clinique dépasse ce qu’il peut trancher seul.

Questions fréquentes

Peut-on acheter un appareil auditif sans ordonnance ?

L’achat en lui-même n’est pas interdit sans ordonnance, mais aucun remboursement, ni de l’Assurance Maladie ni de la complémentaire santé, n’intervient dans ce cas. La prescription médicale reste la condition d’accès à toute prise en charge, y compris pour un appareil de classe I pourtant plafonné à 950 € par oreille.

À partir de quel âge un généraliste formé peut-il prescrire une aide auditive à un enfant ?

Cette possibilité concerne les patients à partir de 6 ans. En dessous de cet âge, l’évaluation d’une perte auditive relève d’un suivi spécialisé assuré par l’ORL, plus adapté au dépistage et au diagnostic chez le très jeune enfant.

Le renouvellement d’un appareil, tous les 4 ans, exige-t-il une nouvelle consultation ORL ?

Le renouvellement passe par une nouvelle ordonnance, qui peut à nouveau être établie par un généraliste formé en otologie ou par un ORL. Le choix dépend surtout de l’évolution de l’audition depuis le premier appareillage : un profil stable oriente souvent vers le généraliste, une perte qui s’est aggravée invite à repasser par le spécialiste.

Faut-il obligatoirement revoir un médecin pour changer d’appareil sans que l’audition ait changé ?

Non, lorsque le changement vise seulement à profiter d’une technologie plus récente, sans évolution de la perte auditive, une consultation chez le médecin généraliste suffit généralement pour obtenir la nouvelle ordonnance nécessaire à l’achat et, le cas échéant, au remboursement.

Sources

Sources consultées le 2 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. Appareil Auditif Senior pour les Personnes Agées, www.alptis.org/complementaire-sante/guide/rubrique/mutuelle-senior/tout-savoir-sur-le-remboursement-des-appareils-auditifs-des-seniors/
  2. Appareils auditifs : Remboursement, Prothèse et Reste à Charge, www.alptis.org/complementaire-sante/guide/rubrique/assurance-maladie/comment-choisir-son-amplificateur-auditif/

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