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MDPH, exemple de projet de vie : ce qu’il faut raconter pour être compris

MDPH, exemple de projet de vie
Sommaire

Mis à jour le 6 septembre 2026

Le projet de vie MDPH est un récit qui explique les conséquences concrètes d’une situation de handicap dans la vie quotidienne. Il aide la commission à comprendre ce que les cases du formulaire ne montrent pas toujours.

En bref : pour être compris, décrivez des faits observables, leur fréquence, leur durée, les aides déjà essayées et les conséquences sur votre autonomie. Le récit complète la rubrique B « Vie quotidienne » du formulaire Cerfa n°15692*01, valable depuis le 20 septembre 2019.

Que doit raconter un projet de vie MDPH pour être compris ?

Le projet de vie de la Maison départementale des personnes handicapées doit décrire, en 2026, les conséquences concrètes du handicap dans la vie quotidienne plutôt que recopier le diagnostic médical.

Le diagnostic, les traitements et les observations cliniques relèvent principalement du certificat médical. Votre texte doit expliquer ce que la situation entraîne réellement lorsque vous vous levez, vous déplacez, travaillez, étudiez, gérez vos démarches ou entretenez vos relations.

Une phrase comme « je souffre de troubles cognitifs » reste trop générale. Une formulation utile précise ce qui se passe, dans quelles circonstances et avec quelle conséquence, par exemple « après une démarche administrative, je dois relire plusieurs fois les informations et je demande à un proche de vérifier les documents avant de les envoyer ».

Le récit peut aussi montrer les variations. Une capacité présente certains jours ne signifie pas qu’elle est utilisable dans la durée. Décrivez les périodes de fatigue, les crises, les douleurs, les temps de récupération ou les situations dans lesquelles l’aide devient indispensable, sans minimiser les difficultés pour donner une image plus autonome qu’elle ne l’est réellement.

Comment relier chaque difficulté à la bonne rubrique du Cerfa ?

Le formulaire MDPH Cerfa n°15692*01, valable depuis le 20 septembre 2019, demande de distinguer la vie quotidienne, les besoins identifiés et les attentes destinées à compenser le handicap.

La rubrique B « Vie quotidienne » ne sert pas seulement à raconter votre parcours. Elle permet de relier une limitation à un domaine précis, puis à une attente de compensation. Le retentissement décrit ce qui se passe; le besoin indique l’aide nécessaire; l’attente précise la solution recherchée.

Difficulté vécueRubrique du formulaireExemple concret à raconterAttente correspondante
Impossible de sortir seul dans un environnement inconnuBesoin pour se déplacer à l’extérieur du domicileUn proche doit préparer l’itinéraire et accompagner les trajetsUne aide humaine ou une aide pour se déplacer
Risque de chute dans la salle de bainsBesoin pour se déplacer dans le domicileLa douche nécessite une surveillance et certains transferts sont difficilesUn aménagement du lieu de vie
Difficulté à comprendre les échanges avec plusieurs personnesBesoin pour s’exprimer, se faire comprendre ou pour les relations avec les autresLes rendez-vous deviennent incompréhensibles sans reformulationUn accompagnement pour l’adaptation ou la réadaptation à la vie quotidienne
Impossible de réaliser certaines tâches sans équipementBesoin dans la vie quotidienneLe matériel utilisé réduit la fatigue mais ne permet pas toutes les activitésDu matériel ou un équipement
Surcoûts liés aux déplacements ou aux soinsAttentes pour compenser la situation de handicapDes dépenses restent à payer pour maintenir une activité ou une autonomieUne aide financière pour des dépenses liées au handicap

Le formulaire distingue aussi les besoins liés aux transports en commun, à l’utilisation d’un véhicule, aux vacances, aux loisirs, à la vie citoyenne, à la sécurité et à la prise en charge de la famille. Une même situation peut relever de plusieurs rubriques. Une difficulté à conduire, par exemple, peut concerner les déplacements extérieurs et l’accès à l’emploi ou aux activités sociales.

La rubrique B3 permet ensuite d’exprimer une attente précise : vivre à domicile, aménager le logement, recevoir une aide humaine, obtenir un équipement, bénéficier d’un accompagnement ou disposer d’une aide financière afin d’assurer un revenu minimum. Il faut relier cette attente à un fait décrit plus haut, plutôt que d’aligner des sigles de prestations.

Comment décrire une journée réelle avec des durées ?

La Maison départementale des personnes handicapées comprend mieux une difficulté lorsqu’elle est décrite par une fréquence ou une durée datée, par exemple « trois soirs par semaine » ou « deux heures chaque matin » en 2026.

Commencez par une scène ordinaire. Indiquez l’activité, l’obstacle, l’aide nécessaire et ce qui se passe ensuite. « Je suis fatigué » apporte peu d’informations; « après une matinée de travail, je dois m’allonger deux heures avant de pouvoir préparer le repas » montre la limitation et son effet sur la suite de la journée.

Les distances peuvent aussi rendre le récit plus lisible. L’exemple « je ne peux pas marcher plus de 200 mètres sans douleur » est plus précis que « je marche difficilement ». Si la distance varie, expliquez dans quelles conditions : terrain, température, port d’un sac, présence d’escaliers ou nécessité de s’arrêter.

Ajoutez la fréquence lorsque vous le pouvez. Une difficulté qui survient une fois par mois ne pèse pas de la même façon qu’un problème présent chaque matin. Pour les troubles fluctuants, décrivez une journée difficile et une journée plus favorable, puis indiquez ce qui empêche la situation favorable de durer.

Quelles aides déjà essayées faut-il expliquer ?

Le projet de vie MDPH doit préciser quelles aides ou adaptations ont déjà été essayées, depuis quelle date et pourquoi elles ne suffisent plus dans la situation actuelle.

Citez les solutions concrètes : emploi du temps aménagé, accompagnement par un proche, matériel, séances de rééducation, organisation différente des tâches, transport adapté ou réduction d’activité. Précisez le résultat obtenu. Une adaptation peut fonctionner pour une activité précise tout en laissant d’autres difficultés intactes.

Expliquez aussi les limites sans transformer le texte en réquisitoire. « Un casque antibruit m’aide pendant une réunion courte, mais je ne peux pas rester concentré pendant une réunion de deux heures » apporte une information exploitable. La MDPH voit ainsi ce qui a été tenté, ce qui est utile et ce qui ne répond pas à l’ensemble des besoins.

Une aide familiale doit être décrite avec sa réalité. Indiquez qui intervient, pour quelle tâche et avec quelle régularité. L’aide d’un conjoint ou d’un parent ne signifie pas que l’activité est réalisée de manière autonome; elle peut révéler une dépendance quotidienne devenue invisible parce qu’elle est assumée par l’entourage.

Comment relier chaque demande à une conséquence précise ?

La demande de prestation de compensation du handicap adressée à la Maison départementale des personnes handicapées doit expliquer quelle activité reste impossible ou dangereuse, quelle aide est nécessaire et quel résultat concret elle permettrait d’obtenir; la réponse à une demande de PCH intervient généralement dans un délai de 4 mois à partir du dépôt.

Pour une aide humaine, décrivez les gestes concernés et les moments où une intervention est nécessaire. Pour un matériel, expliquez l’activité empêchée, l’équipement attendu et le gain d’autonomie recherché. Pour un aménagement du logement, reliez chaque modification à un risque ou à une limitation précise.

La même logique s’applique aux demandes scolaires et professionnelles. Une demande d’accompagnement ne doit pas se limiter à « j’ai besoin d’une aide ». Indiquez la tâche concernée, la difficulté rencontrée, l’effet sur la scolarité ou l’emploi et ce que l’accompagnement permettrait de maintenir.

Vous pouvez citer plusieurs demandes lorsque plusieurs besoins existent. La décision ne découle toutefois pas automatiquement de la formulation du projet de vie. La MDPH évalue les besoins et la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées décide de l’attribution des prestations ou de l’orientation.

Comment vérifier la cohérence avec le certificat médical ?

Le certificat médical MDPH décrit les éléments médicaux tandis que le projet de vie expose, en 2026, leurs conséquences fonctionnelles dans la vie quotidienne.

Les deux documents doivent parler de la même situation sans être identiques. Le certificat peut établir une limitation, un trouble ou une évolution; le projet de vie montre ce que cela change pour les déplacements, la communication, les soins personnels, les études, le travail ou les relations sociales.

Les pièces jointes apportent des éléments complémentaires. Un devis peut documenter le coût d’un équipement ou d’un aménagement. Un bilan scolaire, professionnel ou paramédical peut préciser les difficultés observées. Ces documents ne remplacent pas votre récit : ils l’éclairent et permettent de vérifier les conséquences que vous décrivez.

Relisez les dates, les fréquences et les formulations avant l’envoi. Si le projet indique une aide quotidienne alors que le reste du dossier décrit une intervention exceptionnelle, expliquez cette différence. Une situation peut évoluer, mais cette évolution doit être racontée clairement.

Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement joindre une lettre séparée au formulaire MDPH ?

Le formulaire Cerfa n°15692*01 comporte la rubrique B « Vie quotidienne », qui permet de présenter les besoins et les attentes. Une lettre séparée peut compléter le dossier, mais son caractère obligatoire n’est pas établi comme une règle générale.

Combien de pages doit faire un projet de vie MDPH ?

Aucun nombre obligatoire de pages n’est fixé dans les éléments officiels présentés ici. Un texte plus long est utile seulement s’il apporte des faits, des fréquences, des conséquences ou des demandes qui n’apparaissent pas déjà dans le formulaire.

Que faire si le diagnostic n’est pas encore stabilisé ?

Décrivez les difficultés observables, leur évolution et leurs conséquences sans présenter une hypothèse médicale comme un diagnostic confirmé. Le certificat médical et les bilans joints permettent aux professionnels de documenter la situation médicale.

Le formulaire prévoit-il un accompagnement pour le remplir ?

Oui. Mon Parcours Handicap recense des guides développés par des MDPH, dont des versions interactives, illustrées, en français simplifié ou en facile à lire et à comprendre. À Paris, des rendez-vous personnalisés de 20 minutes sont proposés depuis janvier 2026 dans les mairies d’arrondissement et les maisons des solidarités.

Existe-t-il un questionnaire complémentaire pour les troubles neurodéveloppementaux ?

Un questionnaire complémentaire officiel consacré aux retentissements dans la vie quotidienne des personnes concernées par un trouble neurodéveloppemental a été publié en février 2026. Il complète le formulaire MDPH et le certificat médical lorsque cette situation est concernée.

Sources

Sources consultées le 6 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. MDPH : résultats de l’enquête de satisfaction | Mon Parcours Handicap, www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/mdph-resultats-de-lenquete-de-satisfaction-1
  2. www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/demande-mdph-des-outils-pour-vous-guider-et-faciliter-le-remplissage-du-formulaire-cerfa

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