Arrêt de travail

Doigt à ressaut et maladie professionnelle : sous quel tableau votre dossier passe-t-il ?

·
Doigt à ressaut et maladie professionnelle
Sommaire

Mis à jour le 15 septembre 2026

Faire reconnaître un doigt à ressaut comme maladie professionnelle ne consiste pas à chercher l’expression exacte dans un tableau. Le point qui compte, c’est la désignation médicale retenue dans le dossier : le cas passe sous la ligne « ténosynovite » du tableau 57 du régime général, ou du tableau 39 pour le régime agricole. Et c’est là que beaucoup de dossiers se jouent, parce qu’on confond souvent le délai de prise en charge de 7 jours avec le délai pour envoyer la déclaration, alors que ce sont deux choses différentes.

Autre point que beaucoup de pages laissent de côté : si votre activité ou votre délai ne collent pas parfaitement au tableau, le dossier n’est pas forcément perdu. La présomption liée au tableau tombe, oui, mais une reconnaissance reste possible avec examen du lien direct entre la maladie et le travail habituel.

Ce qu’il faut retenir :

  • Un doigt à ressaut relève du tableau 57 du régime général sous la désignation « ténosynovite », avec un délai de prise en charge de 7 jours entre la fin de l’exposition et la première constatation médicale ; dans le régime agricole, l’équivalent est le tableau 39.
  • Le tableau vise des travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés des tendons fléchisseurs ou extenseurs de la main et des doigts.
  • Dépasser les 7 jours ou ne pas entrer exactement dans la liste des travaux n’exclut pas toute reconnaissance : la CPAM peut saisir le CRRMP si la maladie est directement causée par le travail habituel.
  • La déclaration suppose au minimum les 2 premiers volets du certificat médical initial, avec la date de première constatation médicale, puis l’attestation de salaire établie par l’employeur.
  • Il n’existe pas de taux d’IPP automatique pour un doigt à ressaut : l’évaluation se fait après consolidation, selon les séquelles réelles, avec un seuil de 10 % qui sépare l’indemnité en capital de la rente.

Le doigt à ressaut passe-t-il sous le tableau 57 ?

Oui, quand le dossier relève du régime général, le passage se fait sous le tableau n° 57 des maladies professionnelles. Le doigt à ressaut n’y apparaît pas sous ce nom usuel, mais sous une désignation plus large : la ténosynovite, dans la partie « Poignet – Main et doigt ».

Le tableau donne deux informations centrales pour cette ligne. D’abord, un délai de prise en charge de 7 jours. Ensuite, une liste limitative de travaux : des travaux comportant de façon habituelle des mouvements répétés ou prolongés des tendons fléchisseurs ou extenseurs de la main et des doigts. Le régime agricole fonctionne avec le tableau 39, annoncé comme équivalent par l’INRS.

Élément du dossierRégime généralRégime agricole
Tableau applicableTableau 57Tableau 39
Désignation utileTénosynoviteTénosynovite
Délai de prise en charge7 jours7 jours
Travaux visésMouvements répétés ou prolongés des tendons fléchisseurs ou extenseurs de la main et des doigtsMême logique de gestes exposants

Ce tableau ne demande pas une durée minimale d’exposition pour la ligne « ténosynovite » de la main et des doigts. En revanche, il faut que les gestes aient été accomplis de façon habituelle. Une activité ponctuelle ou un épisode isolé cadrent mal avec cette logique.

Que valent exactement les 7 jours ?

Les 7 jours du tableau 57 ne sont pas le délai pour envoyer votre formulaire à la caisse. Ces 7 jours correspondent au délai maximal entre la fin de l’exposition au risque et la première constatation médicale.

Concrètement, si vous cessez le poste exposant le 1er du mois, la première constatation médicale doit intervenir dans les 7 jours qui suivent pour rester dans les conditions du tableau. C’est ce point qui est souvent mal compris. Le délai de déclaration, lui, relève de la procédure administrative et non du tableau lui-même.

Service-public.fr rappelle d’ailleurs que le tableau de maladie professionnelle précise les maladies concernées, le délai de prise en charge et la liste des travaux. Si vous cherchez à comprendre ce que contient un tableau, c’est ce triptyque qu’il faut lire, pas seulement son numéro.

Si le tableau 57 ne colle pas parfaitement

Un dossier de doigt à ressaut peut continuer sa route même si une case ne se coche pas parfaitement. C’est l’apport le plus utile à connaître, parce que beaucoup de salariés s’arrêtent trop tôt en pensant que le dépassement du délai de 7 jours ferme toute possibilité.

Service-public.fr le dit clairement : lorsqu’une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d’exposition ou à la liste des travaux ne sont pas remplies, la reconnaissance reste possible. Dans ce cas, on ne bénéficie plus de la présomption attachée au tableau, et la CPAM peut examiner si la maladie a été causée directement par le travail habituel.

Cette voie passe par l’avis du CRRMP. La caisse dispose de 120 jours pour se prononcer. Si le comité est saisi, il a 4 mois pour rendre son avis argumenté, avec 2 mois supplémentaires possibles lorsqu’un examen ou une enquête complémentaire est nécessaire. Ce n’est donc pas un refus automatique ; c’est une instruction plus exigeante. Si vous hésitez sur l’intérêt même de lancer la démarche, vous pouvez aussi lire les inconvénients de déclarer une maladie professionnelle, parce qu’un dossier peut avoir des effets pratiques au travail qu’il vaut mieux anticiper.

Quelles conditions le dossier doit-il prouver ?

Le dossier doit relier trois choses. Un diagnostic médical compatible avec une ténosynovite. Une date de première constatation médicale. Et des gestes professionnels qui correspondent à la liste limitative du tableau.

Tous les diagnostics reposent sur un examen clinique précis. C’est utile, car un doigt qui bloque ou claque n’est pas automatiquement une maladie professionnelle au sens du tableau. Il faut que le diagnostic retenu soit bien celui qui entre dans la ligne « ténosynovite », et il faut aussi écarter d’autres causes possibles, comme des rhumatismes inflammatoires, la goutte ou, plus rarement, une cause infectieuse.

Sur le terrain, le dossier est plus solide quand la description du poste est concrète. Il faut faire apparaître les gestes de préhension, de flexion, d’extension, les mouvements répétés de la main et des doigts, et leur caractère habituel. Écrire seulement « travail manuel » ou « clavier toute la journée » reste trop court. Il faut décrire le geste.

Comment déclarer la maladie professionnelle ?

La première étape, c’est le médecin. Le dossier commence avec le certificat médical initial, qui doit préciser la maladie et la date de sa première constatation médicale. Service-public.fr demande les 2 premiers volets de ce certificat dans le dossier adressé à la caisse.

Ensuite, il faut envoyer la déclaration avec les pièces demandées à la CPAM, ou à la MSA si vous relevez du régime agricole. L’attestation de salaire établie par l’employeur fait partie des documents utiles à l’instruction. Pour une maladie professionnelle, Service-public.fr indique un délai de 15 jours suivant le début de l’arrêt de travail pour remplir le formulaire.

Une fois le dossier complet reçu, la caisse a 120 jours pour statuer. Si elle saisit le CRRMP, le calendrier s’allonge avec 4 mois d’avis, puis 2 mois de plus si une enquête ou un examen complémentaire s’impose. Là encore, on parle bien du temps d’instruction du dossier, pas du délai de 7 jours du tableau.

Quel taux d’IPP pour un doigt à ressaut ?

Il n’existe pas de taux d’IPP unique attaché au seul diagnostic de doigt à ressaut. Ameli l’explique : le taux d’incapacité permanente est fixé après consolidation, par le médecin-conseil, en tenant compte de critères médicaux et professionnels, ainsi que du barème indicatif d’invalidité des maladies professionnelles.

Ce point change beaucoup de choses. Deux personnes reconnues au titre du même tableau peuvent sortir avec des évaluations différentes selon la raideur du doigt, la limitation de l’enroulement ou de l’extension, la main dominante, le métier exercé et la gêne réelle pour travailler. Le seuil de 10 % sépare ensuite l’indemnité en capital de la rente.

Le barème indicatif donne des repères sur les séquelles des doigts, pas un taux automatique pour tous les doigts à ressaut. Pour certaines limitations fonctionnelles, il mentionne par exemple 7 à 14 % pour l’index, 4 à 6 % pour l’annulaire et le médius, et 4 à 8 % pour l’auriculaire. Ces chiffres concernent des séquelles constatées après consolidation. Ils ne doivent pas être lus comme une promesse d’IPP avant examen.

Reconnaissance, arrêt de travail et IPP ne sont pas la même chose

Un dossier admis au titre d’une maladie professionnelle ne règle pas tout d’un coup. Il y a d’un côté la reconnaissance de l’origine professionnelle, de l’autre l’arrêt de travail s’il est médicalement justifié, puis, éventuellement, l’évaluation d’une incapacité permanente quand l’état est consolidé.

Beaucoup de pages mélangent ces trois niveaux. Or le tableau 57 ne fixe ni durée d’arrêt, ni taux d’IPP, ni montant d’indemnisation automatique. Il donne une porte d’entrée réglementaire. Le reste dépend du suivi médical, des séquelles et des décisions de la caisse. C’est la même logique que pour d’autres atteintes de la main classées dans les TMS, comme certaines ténosynovites ou le canal carpien.

Questions fréquentes

Le doigt à ressaut est-il une maladie professionnelle selon le tableau 57 de l’INRS ?

Oui, à condition que le diagnostic retenu entre dans la ligne « ténosynovite » du tableau 57 et que les conditions du tableau soient remplies. Le délai de prise en charge est de 7 jours et la liste des travaux est limitative.

Dans quel tableau des maladies professionnelles les TMS de la main sont-ils classés ?

Pour le régime général, les affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail relèvent du tableau 57. Dans la partie « Poignet – Main et doigt », on trouve la tendinite, la ténosynovite, le syndrome du canal carpien et le syndrome de la loge de Guyon.

Quelles informations trouve-t-on dans un tableau de maladie professionnelle ?

Un tableau donne au minimum la désignation des maladies, le délai de prise en charge et la liste des travaux susceptibles de provoquer la maladie. Dans certains cas, il ajoute aussi une durée d’exposition. Pour le doigt à ressaut, il faut surtout lire la ligne « ténosynovite » et son délai de 7 jours.

Le dossier est-il refusé si la première consultation a lieu après 7 jours ?

Pas forcément. Le dépassement des 7 jours fait sortir le dossier des conditions automatiques du tableau, mais la reconnaissance reste possible si la maladie est causée directement par le travail habituel. La CPAM peut alors saisir le CRRMP.

Le médecin doit-il écrire exactement « doigt à ressaut » ?

Le dossier gagne en clarté si le certificat relie le doigt à ressaut à une ténosynovite, puisque c’est cette désignation qui figure dans le tableau. La date de première constatation médicale doit aussi apparaître, car elle sert à apprécier le délai de prise en charge.

Un doigt à ressaut donne-t-il toujours droit à une rente ?

Non. Après consolidation, Ameli distingue un taux d’incapacité permanente inférieur à 10 %, qui ouvre droit à une indemnité en capital forfaitaire, et un taux au moins égal à 10 %, qui relève de la rente. Tout dépend donc du taux retenu après examen.

Sources

Sources consultées le 15 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006126943
  2. www.ameli.fr/assure/remboursements/incapacite-permanente/incapacite-permanente-suite-maladie-professionnelle
  3. www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000034631077/2026-05-14

À lire ensuite

Votre avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *