Simulateur d’indemnités journalières maladie : combien touche-t-on vraiment ?
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Un arrêt maladie ne se traduit jamais par le maintien du salaire par la Sécurité sociale. Elle verse une indemnité journalière qui représente la moitié d’un salaire de référence, dans une limite qui a été abaissée en 2025 et que beaucoup de salariés découvrent au moment du premier virement. Le simulateur ci-dessous calcule le montant brut et le montant net, carence comprise.
Simulateur d'indemnités journalières maladie
Indiquez vos trois derniers salaires bruts, ceux des trois mois civils qui précèdent l'arrêt.
Le calcul est effectué dans votre navigateur. Vos salaires ne sont ni envoyés, ni enregistrés. Ce simulateur donne une estimation et ne remplace pas le décompte de votre caisse.
Comment se calcule l’indemnité journalière ?
Le calcul se fait en deux temps. On établit d’abord un salaire journalier de base, puis on en prend la moitié.
Le salaire journalier de base correspond à la somme des trois derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt, divisée par 91,25. Ce diviseur n’a rien d’arbitraire : il correspond au nombre moyen de jours d’un trimestre, soit 365 divisé par 4.
L’indemnité journalière est ensuite égale à 50 % de ce salaire journalier de base.
Pour un salarié à 2 000 euros bruts par mois, cela donne 6 000 divisé par 91,25, soit 65,75 euros de salaire journalier de base, et donc 32,88 euros d’indemnité journalière brute.
Pourquoi le montant est-il plafonné ?
C’est le point qui a changé, et il change beaucoup de choses pour les salaires moyens et supérieurs.
Le salaire pris en compte dans le calcul est plafonné. Ce plafond était fixé à 1,8 fois le SMIC jusqu’au 31 mars 2025. Le décret n° 2025-160 du 20 février 2025 l’a abaissé à 1,4 fois le SMIC pour tous les arrêts débutant à compter du 1er avril 2025.
Concrètement, pour un arrêt qui commence à partir du 1er juillet 2026, le salaire mensuel retenu ne peut pas dépasser 2 613,83 euros bruts, ce qui conduit à une indemnité journalière maximale de 42,97 euros bruts. Pour un arrêt commencé entre le 1er février et le 30 juin 2026, ce maximum était de 41,95 euros.
Les deux chiffres se recoupent exactement : 2 613,83 multiplié par trois, divisé par 91,25, puis divisé par deux, donne bien 42,97.
Un salarié payé 4 000 euros bruts par mois touche donc la même indemnité qu’un salarié payé 2 613,83 euros. Au-delà de ce seuil, le salaire n’a plus aucun effet sur le montant versé par l’Assurance Maladie.
Que reste-t-il après les prélèvements ?
L’indemnité journalière annoncée par la caisse est un montant brut. Deux prélèvements s’appliquent avant le virement : la CSG au taux de 6,20 % et la CRDS au taux de 0,50 %, soit 6,70 % au total.
Une indemnité de 42,97 euros bruts correspond donc à 40,09 euros nets. Sur trente jours, l’écart entre le brut et le net dépasse 85 euros, ce qui explique une partie des surprises au moment du relevé.
Les indemnités journalières sont par ailleurs imposables, sauf lorsqu’elles se rapportent à un arrêt lié à une affection de longue durée.
Pourquoi les trois premiers jours ne sont-ils pas payés ?
L’Assurance Maladie applique un délai de carence de trois jours. L’indemnisation ne commence qu’au quatrième jour de l’arrêt.
Ce délai ne s’applique pas dans trois situations : les prolongations d’un arrêt déjà indemnisé, les arrêts liés à une affection de longue durée après le premier, et les arrêts consécutifs à un accident du travail ou à une maladie professionnelle, qui relèvent d’un régime distinct.
Beaucoup de salariés ne subissent pas cette perte, parce que leur convention collective ou leur employeur maintient le salaire pendant cette période. C’est une question de contrat de travail, pas de Sécurité sociale.
La majoration pour trois enfants existe-t-elle encore ?
Non, et c’est une information que de nombreuses pages continuent pourtant d’afficher.
Jusqu’en 2019, un assuré ayant au moins trois enfants à charge voyait son indemnité passer de 50 % à 66,66 % du salaire journalier de base à partir du trente et unième jour d’arrêt. Cette majoration a été supprimée par l’article 85 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019.
Un simulateur qui applique encore ce taux majoré surestime donc l’indemnité de plus de 30 % pour les familles concernées. C’est l’erreur la plus coûteuse que l’on rencontre sur ce sujet.
Pendant combien de temps l’indemnité est-elle versée ?
Pour une maladie ordinaire, le nombre d’indemnités journalières est limité à 360 sur une période de trois ans, quel que soit le nombre d’arrêts.
En cas d’affection de longue durée, la règle est différente : le droit court sur trois ans de date à date à compter du premier arrêt lié à cette affection.
Lorsque ces limites sont atteintes, le versement s’interrompt. C’est souvent à ce moment que se pose la question du passage en invalidité, qui relève d’une autre procédure et d’un autre calcul.
Qui a droit aux indemnités journalières ?
L’ouverture des droits dépend d’une durée d’activité ou d’un montant de cotisations sur la période qui précède l’arrêt. Un salarié qui vient d’entrer sur le marché du travail peut donc se voir refuser l’indemnisation, non pas parce que son arrêt est contesté, mais parce qu’il ne remplit pas encore ces conditions.
Le refus est notifié par la caisse et il est contestable. Il vaut mieux vérifier ce point avant un arrêt programmé, une intervention chirurgicale par exemple, que de le découvrir au moment où le salaire s’arrête.
L’employeur complète-t-il l’indemnité ?
Souvent, mais pas toujours, et jamais par la Sécurité sociale.
Le complément vient de deux sources possibles. La loi impose à l’employeur, sous condition d’ancienneté, de maintenir une partie du salaire pendant une durée déterminée. La convention collective peut aller au-delà, jusqu’au maintien intégral dans certaines branches.
Ce complément peut être versé directement par l’employeur, qui perçoit alors les indemnités à votre place : c’est la subrogation. Dans ce cas, la caisse ne vous verse rien et votre bulletin de paie porte le montant total. C’est la raison pour laquelle certains salariés ne voient jamais d’indemnité journalière sur leur compte bancaire.
Que se passe-t-il en cas d’accident du travail ?
Le régime est différent et plus favorable. Il n’y a pas de délai de carence, l’indemnisation commence dès le lendemain de l’accident, et le taux de calcul n’est pas le même que pour la maladie ordinaire.
Le simulateur de cette page porte uniquement sur l’arrêt maladie. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle, les montants obtenus ici seraient sous-estimés.
Questions fréquentes
Le montant de 42,97 euros est-il un maximum absolu ?
C’est le maximum brut par jour pour un arrêt maladie débutant à compter du 1er juillet 2026. Ce plafond suit les revalorisations du SMIC et change donc régulièrement.
Pourquoi mon indemnité est-elle inférieure au calcul ?
Trois causes reviennent : le montant annoncé était brut et la CSG comme la CRDS ont été retenues, le délai de carence a retiré trois jours, ou votre salaire dépasse le plafond de 1,4 SMIC et l’indemnité a été ramenée au maximum.
Les primes entrent-elles dans le calcul ?
Les éléments de rémunération soumis à cotisations sont pris en compte dans les salaires bruts de référence. Une prime versée sur l’un des trois mois précédant l’arrêt augmente donc le salaire journalier de base, dans la limite du plafond.
Combien de temps faut-il pour recevoir le premier versement ?
Le délai dépend de la transmission de l’arrêt par le médecin et de l’attestation de salaire par l’employeur. Tant que cette attestation n’est pas parvenue à la caisse, aucun calcul ne peut être fait, ce qui est la première cause de retard.
Les indemnités sont-elles imposables ?
Oui, sauf lorsqu’elles se rapportent à un arrêt lié à une affection de longue durée, auquel cas elles sont exonérées d’impôt sur le revenu.
Sources : décret n° 2025-160 du 20 février 2025 abaissant le plafond de 1,8 à 1,4 SMIC, article 85 de la loi n° 2019-1446 du 24 décembre 2019 supprimant la majoration pour trois enfants, montants de référence publiés par l’Assurance Maladie. Valeurs vérifiées au 2 septembre 2026. Ce simulateur donne une estimation : seul le décompte de votre caisse fait foi.
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