Arrêt de travail

Indemnités journalières d’accident du travail : de combien votre paie baisse-t-elle ?

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Indemnités journalières d'accident du travail
Sommaire

Mis à jour le 17 septembre 2026, barème et règles en vigueur à cette date

Voir sa paie baisser après un accident du travail inquiète vite, parce que le chiffre mis en avant partout, 60 % puis 80 %, ne dit pas ce qui arrive vraiment sur le bulletin de salaire. La confusion vient de là : ces pourcentages concernent d’abord les indemnités journalières de la Sécurité sociale, pas forcément le revenu final. Entre le plafond, le gain journalier net, le complément employeur et la subrogation, deux salariés au même salaire peuvent ne pas perdre la même somme.

Ce qu’il faut retenir :

  • Sans complément de l’employeur, la baisse de paie est en général d’environ 40 % du 1er au 28e jour, puis d’environ 20 % à partir du 29e jour, car l’indemnité journalière d’accident du travail est fixée à 60 % puis 80 % du salaire journalier de référence.
  • Le jour de l’accident est payé intégralement par l’employeur, et les indemnités journalières sont versées dès le lendemain, sans délai de carence.
  • Avec au moins 1 an d’ancienneté et si les conditions légales sont remplies, l’employeur complète pour atteindre 90 % de la rémunération brute pendant 30 jours puis 66,66 % pendant 30 jours, avec une durée qui peut aller jusqu’à 180 jours selon l’ancienneté.
  • Le calcul est plafonné en 2026 à 240,49 € par jour du 1er au 28e jour puis 320,66 € à partir du 29e jour, et l’indemnité ne peut pas dépasser le gain journalier net.
  • La subrogation ne garantit pas un maintien à 100 % du salaire : elle signifie seulement que l’employeur reçoit les indemnités journalières à votre place.

Combien baisse la paie après un accident du travail ?

La baisse de paie dépend d’abord d’un point simple : percevez-vous seulement les indemnités journalières, ou aussi un complément employeur, voire une prévoyance collective ? Sans complément, le schéma est celui que Google affiche déjà, et il est globalement juste : la perte tourne autour de 40 % pendant les 28 premiers jours, puis autour de 20 % à partir du 29e jour.

Mais ce n’est qu’un point de départ. Service-public précise que les indemnités journalières d’accident du travail sont destinées à compenser partiellement la perte de salaire. Si votre convention collective prévoit un maintien plus favorable, ou si l’indemnisation légale de l’employeur s’applique, la baisse réelle peut être bien plus faible. Et parfois nulle pendant un temps.

Du taux CPAM à la baisse réelle

Les pourcentages de 60 % et 80 % ne suffisent pas à répondre à la question du titre. Il faut les remettre dans l’ordre du paiement réel, jour par jour, puis regarder si l’employeur complète. C’est là que la paie se joue vraiment.

Le Code de la sécurité sociale prévoit que la journée où l’accident se produit reste à la charge intégrale de l’employeur. Ensuite, la caisse verse les indemnités journalières à partir du premier jour qui suit l’arrêt. Si vous remplissez les conditions du Code du travail, l’employeur ajoute un complément calculé après déduction des IJ et, s’il existe, de la prévoyance.

PériodeQui paieRègle applicableEffet possible sur la paie
Jour de l’accidentEmployeurJournée intégralement payéePas de baisse liée à ce jour
Du lendemain au 28e jourSécurité sociale60 % du salaire journalier de référenceEnviron 40 % de baisse sans complément
À partir du 29e jourSécurité sociale80 % du salaire journalier de référenceEnviron 20 % de baisse sans complément
30 premiers jours d’absenceEmployeur + Sécurité sociale90 % de la rémunération brute si les conditions légales sont rempliesBaisse souvent réduite
À partir du 31e jourEmployeur + Sécurité sociale66,66 % de la rémunération brute si les conditions légales sont rempliesBaisse plus marquée, sauf convention plus favorable

Autrement dit, une même absence peut produire deux résultats très différents. Un salarié sans ancienneté suffisante peut vivre uniquement sur les IJ. Un autre, couvert par la loi, sa convention collective et un régime de prévoyance, peut rester proche de sa paie habituelle. Si vous voulez comparer avec un arrêt maladie classique, regardez aussi notre simulateur d’indemnités journalières maladie : la logique n’est pas la même, surtout à cause du délai de carence et des taux.

Comment l’indemnité journalière est calculée ?

Le calcul part du salaire brut du mois qui précède l’arrêt. Pour un salarié payé au mois, Service-public indique que le salaire journalier de référence est obtenu en divisant ce brut par 30,42. C’est cette base qui sert ensuite à appliquer 60 % puis 80 %.

En 2026, cette base journalière ne peut pas dépasser 400,82 €. Le plafond entraîne automatiquement les montants maximums d’indemnité journalière : 240,49 € par jour pendant les 28 premiers jours, puis 320,66 € à partir du 29e jour. Et il y a une autre limite, moins connue : l’indemnité ne peut pas être supérieure au gain journalier net.

Exemple avec 1 800 € brut

Service-public donne un exemple clair avec un salaire brut mensuel de 1 800 €. Le salaire journalier de référence est de 59,17 € parce que 1 800 ÷ 30,42 = 59,17 €. Le gain journalier net est de 46,75 €, après déduction forfaitaire de 21 %.

Du 1er au 28e jour, l’indemnité journalière est de 35,50 € puisque 59,17 × 60 % = 35,50 €. À partir du 29e jour, le calcul à 80 % donnerait 47,34 €, mais il dépasse le gain journalier net de 46,75 € : l’indemnité est donc limitée à 46,75 €.

Le plafond change le résultat

Avec un salaire élevé, beaucoup de salariés pensent toucher 60 % ou 80 % de leur vrai salaire sans autre limite. Ce n’est pas le cas. Dès que le salaire journalier de référence dépasse 400,82 €, le calcul est bloqué sur cette base maximale.

Concrètement, même si votre brut habituel est supérieur, l’indemnité journalière reste plafonnée à 240,49 € pendant les 28 premiers jours puis 320,66 € à partir du 29e. C’est souvent là que la baisse de paie devient plus forte que prévu, sauf si l’employeur ou la prévoyance compense.

Pourquoi mes indemnités journalières diminuent-elles ?

Elles ne diminuent pas toujours. Ce que beaucoup de salariés constatent, c’est plutôt une différence entre le montant théorique annoncé et la somme finalement versée. Trois raisons reviennent : le plafond de 400,82 €, la limite du gain journalier net et les prélèvements sociaux sur les IJ.

Il faut aussi distinguer les flux. La caisse verse les indemnités tous les 14 jours. Le bulletin de paie, lui, suit le calendrier de l’entreprise. Si l’employeur pratique la subrogation, vous pouvez avoir l’impression que les IJ ont « baissé » alors qu’elles sont simplement encaissées par l’entreprise puis réintégrées dans le calcul du maintien de salaire.

Est-on payé à 100 % en cas d’accident du travail

Pas automatiquement. La loi ne prévoit pas un maintien général et permanent à 100 % pour tous les salariés du privé. Le socle, ce sont les IJ de la Sécurité sociale, puis éventuellement l’indemnité complémentaire de l’employeur si vous remplissez les conditions.

Et ces conditions sont précises : au moins 1 an d’ancienneté dans l’entreprise au 1er jour d’absence, information de l’employeur dans les 48 heures, prise en charge par la Sécurité sociale, soins en France ou dans un État de l’Espace économique européen, et pas de statut exclu comme travailleur à domicile, saisonnier, intermittent ou temporaire. Certaines conventions collectives vont plus loin et peuvent maintenir la rémunération à 100 %. C’est fréquent dans les grandes branches, mais ce n’est pas une règle générale.

Qui complète le salaire en accident du travail ?

L’employeur peut devoir compléter, mais pas dans tous les dossiers. Quand les conditions légales sont réunies, l’indemnité complémentaire commence dès le 1er jour d’absence, sans délai de carence en accident du travail. Le montant visé est de 90 % de la rémunération brute pendant une première période, puis 66,66 % ensuite.

La durée dépend de l’ancienneté. De 1 à 5 ans, le maximum est de 60 jours, soit 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66,66 %. De 6 à 10 ans, on passe à 80 jours. Puis 100 jours de 11 à 15 ans, 120 jours de 16 à 20 ans, 140 jours de 21 à 25 ans, 160 jours de 26 à 30 ans et 180 jours à partir de 31 ans d’ancienneté. Si vous avez déjà été indemnisé par l’employeur au cours des 12 derniers mois, cette durée est réduite d’autant.

Le complément est calculé en retirant les IJ de Sécurité sociale et, s’il y en a, les prestations de prévoyance. C’est pour ça qu’un « maintien à 90 % » ne veut pas dire que l’employeur verse 90 % en plus. Il verse la différence pour atteindre ce niveau cible. Sur les sujets voisins de maintien de couverture quand le contrat se termine, l’article sur la mutuelle en invalidité catégorie 2 en fin de contrat peut aussi vous être utile.

Subrogation, prévoyance et fiche de paie

La subrogation crée souvent le plus de malentendus. Quand elle existe, l’employeur perçoit les indemnités journalières à votre place et les intègre dans votre paie. Ce mécanisme simplifie le versement, mais il ne crée aucun droit nouveau à un maintien intégral.

La prévoyance joue encore un autre rôle. Un contrat collectif peut compléter le niveau légal et limiter davantage la perte de revenus. Mais là encore, tout dépend du contrat applicable dans l’entreprise. Il faut donc lire trois choses ensemble : la ligne IJ sur le bulletin, la convention collective et la notice de prévoyance. Si votre arrêt s’inscrit ensuite dans une situation durable avec incapacité, vous pouvez aussi regarder notre calculateur de rente d’accident du travail, qui traite l’après-arrêt et non les IJ pendant l’absence.

Combien de temps les IJ accident du travail sont versées ?

Aujourd’hui, les indemnités journalières sont versées pendant toute la période d’incapacité de travail, jusqu’à la guérison complète ou la consolidation de la blessure, voire jusqu’au décès. En cas de rechute ou d’aggravation, le versement reprend aussi sans délai de carence.

Mais la règle va changer pour les arrêts qui débuteront à compter du 1er janvier 2027. Service-public indique qu’à partir de cette date, la durée maximale de versement sera fixée à 4 ans par période d’incapacité, en application du décret n° 2026-501 du 12 juin 2026. Pour un arrêt qui a commencé avant cette date, les règles actuelles restent celles à retenir.

Questions fréquentes

Comment se passe le paiement du salaire en accident de travail ?

Le jour de l’accident est payé intégralement par l’employeur. À partir du lendemain, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières, en principe tous les 14 jours. Selon votre ancienneté et votre convention collective, l’employeur peut compléter dès le 1er jour d’absence.

Les primes sont-elles prises dans le calcul ?

Les avantages en nature sont en principe inclus dans le salaire de base servant au calcul, sauf si vous n’en bénéficiez plus pendant l’arrêt. Pour les autres primes, tout dépend de leur nature et de leur présence dans le salaire de référence du mois précédent. C’est un point à vérifier sur votre bulletin de paie du mois avant l’arrêt.

Y a-t-il un délai de carence en accident du travail ?

Non. Les indemnités journalières commencent à partir du 1er jour qui suit l’arrêt de travail. C’est une vraie différence avec l’arrêt maladie ordinaire, qui supporte en principe 3 jours de carence.

La subrogation veut-elle dire maintien à 100 % ?

Non. La subrogation signifie seulement que l’employeur reçoit les indemnités journalières à votre place. Le maintien à 100 % dépend d’un texte plus favorable, d’une convention collective ou d’un contrat de prévoyance, pas de la subrogation elle-même.

Que se passe-t-il si mon salaire dépasse le plafond ?

Le calcul ne se fait pas sur votre salaire réel au-delà de la base journalière maximale de 400,82 € en 2026. L’indemnité journalière est alors plafonnée à 240,49 € du 1er au 28e jour puis à 320,66 € à partir du 29e. Plus votre salaire est élevé, plus l’écart peut être important sans complément d’employeur.

L’Alsace-Moselle change-t-elle vraiment la paie ?

Oui, le régime local prévoit une règle particulière. Service-public indique qu’en Alsace-Moselle, si l’arrêt est dû à une cause indépendante du salarié, le versement des IJ débute dès le 1er jour de l’arrêt et le salaire est maintenu à 100 %. Ce cas ne se transpose pas au reste de la France.

Les indemnités journalières d’accident du travail sont-elles imposables ?

Oui, mais pas en totalité. Ameli précise que 50 % de leur montant est imposable à l’impôt sur le revenu. Elles supportent aussi la CSG de 6,2 % et la CRDS de 0,5 %, prélevées sur les sommes dues.

Sources

Sources consultées le 17 septembre 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.ameli.fr/assure/remboursements/accident-travail`
  2. code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/accident-du-travail-indemnisation-en-cas-dincapacite-permanente
  3. code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/arret-maladie-indemnites-journalieres-versees-au-salarie
  4. www.ameli.fr/assure/remboursements/accident-travail

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